^ />■ -T SPÉCIES GÉNÉRAL ET ICONOGRAPHIE COQUILLES VIVANTES FAMILLE DES PURPURIFERES PREMIÈRE PARTIE LIBRAIRIE J.-B. BAILLIERE ET FILS Le Spécies et Iconographie des Coquilles, de Kiener, continué par M. P. Fischep., continue a paraître par livraisons. 140 livraisons sont en vente. Prix de la livraison grand in-8° raisin, figures coloriées. . G fr. La livraison in-4° vélin, figures coloriées 12 fr. Les livraisons 139 et 140 contiennent le texte complet du genre Turbo, rédigé par M. Fischer, 128 pages et 6 planches nouvelles. Voici la liste des monographies parues, avec le nombre de pages et de planches dont elles se composent, et le prix auquel chaque famille, chaque genre, se vendent séparément format grand in-8° : famille des enroulées î toI Pages PI. Prix G. Porcelaine (Cyprsea, Lin.). . 1G6 57 57 fr — Ovule (Ovula, Brug.). ... 26 6 6 — Tarière (Terebellum, Lam.). .311 — Ancillaire (Ancillaria, Lam.). 29 6 6 — Cône (Conus, Lin.) 379 111 lit i "Ï8Î FAMILLE DES COLL'MELLAIRES 1 TOI. G. 120 34 34 — 69 52 52 y,a\g\ae[le(MargineUa, Lam.) FAMILLE DES AILÉES 1 TOI. 44 13 13 ~99 G. Rostellaire {Rostellaria, Lam.) 14 4 4 — Ptérocère (Pterocera, Lam.) 15 10 10 — Strombe (Strombus, Lin.). . 68 54 34 48 FAMILLE DES CANALIFE5.ES 3 TOI. G. Cérite (Cerithium, Bucg) — Pleurotome (Pleurotoma) — fuseau (Fusus, Lam.). . — Pyrule (Pyrula, Lam.). ... 54 — Fasciolaire (Fasciolaria, Lam.) — Turbinelle (Turbinella, Lam.) — Cancellaire (Cancellaria) . . — Rocher (Murex, Lam.). . . . — Iriton (Triton, Lam.). . . . — Ranelle (Ranella, Lam). . . 104 7,-2 7,2 84 27 27 62 51 7,1 54 15 15 18 17, 15 50 21 21 U 9 9 150 47 47 48 18 18 40 15 15 228 FAMILLE DES PURPt'RlFEIlES î Ml. Pages PI. Prii 2 2 ir 16 16 5 5 6 6 46 46 16 16 51 51 3 3 2 2 14 14 G. Cassidaire (Cassidaria, Lam.) 10 — Casque (Cassis, Lam.). ... 40 — Tonne (Dolium, Lam.). ... 16 — Harpe (Harpa, Lam.). ... 12 — Pourpre (Purpura, a dans). . 151 — Colomljelle(CoiumfceZ/a,LAM.) 63 — Buccin (Buccinum, Adans). . 108 — Eburne (Eburna, Lam.). . . 8 — Struthiolaire (Slruthiolaria). 6 — Vis (Terebra, Lam.) 42 141 FAMILLE DES TUHBINACEES h TOI. G. Turritelle (Turrilella, Lam.). — Scalaire (Scalaria, Lam). . — Cadran (Solarium, Lam.) . . — Roulette (Rolella, Lam.) . . — Dauphinule(De/p/itnw/a, Lam) — Phasianelle (Phasianella) . . — Turbo (Turbo, Moutf.). . 1V-128 — Troque (Trochus, Lin.). (En cours de publication, sera terminé par M. Fischer). . FAMILLE Da» PLICACEES G. Tornatelle (Tornalella, Lam.). — Pyramidelle (Pyramidella) . FAMILLE DES MYAIRES G. Thracie (Thracia, Leach) . . 46 14 14 22 7 7 la 4 4 10 3 3 12 4 4 u 5 5 28 43 50 56 Pris des 140 livraisons parues in-o. tavo, 840 fr. Prix d'une reliure de luxe, dos en maroquin, les planches montées sur onglet, tranche supé- rieure dorée, 6 fr. le volume in-octavo. On peut acquérir chaque famille, chaque genre, format in-4° au double du prix indiqué ci-dessus pour l'édition in-8". PARIS — IMP. SIMON RAÇON ET COUP., ROT D'ERFURTH, 1. SPÉC1ES GÉNÉRAL ET ICONOGRAPHIE DES COQUILLES VIVANTES Comprenant la Collection du Muséum d'Histoire naturelle de Pans LA COLLECTION LAMARCK CELLE DU PRINCE MASSÉNA (APPARTENANT MAINTENANT A M. L. 1,'ELESSERT) ET LES DÉCOUVERTES RÉCENTES DES VOYAGEURS Par L.-C. KIENER Conservateur des collections du Muséum d'Histoire naturelle, CONTINUÉ Par le docteur P. FISCHER Aide-naturaliste au Muséum d'Histoire naturelle FAMILLE DES PURPURIFÈRES PREMIÈRE PARTIE PARIS J.-B. BAILLIÈRE ET FILS 19. RIE HAUTEFEUILLE, PRÈS DU BOULEVARD S A I N T- G E II M A I N # <* 4 n 57 V 7<$Hs GENRE CASSIDAIRE. (CASSIDARIA, Lamarck.) Coquille ovoïde ou ovale, quelquefois oblongue. Ou- verture longitudinale, étroite, terminée à la base par un canal un peu courbé, subascendant. Bord droit muni d'un bourrelet ou d'un repli; bord gauche appliqué sur la columelle, le plus souvent rude, granuleux, tubercu- leux ou ridé. Opercule corné. Testa obovata vel ovatooblouga. Apertura longitudinalis, angustata, in canalem curvum, subascendentem, basi desinens. Labrum marginatum seu raargine replicatum ; labium columellam obtegens, saepiùs asperuluna, gra- nulosum, tuberculatum vel rugosum. Operculum corneum. Animal semblable à celui des Casques, ayant une tête épaisse, large, qui porte extérieurement deux tentacules coniques, pointus, alongés, à la base desquels se trou- vent les yeux du côté externe. Ces yeux sont petits et noirs. La bouche est placée en-dessous de la tête, sous un petit voile membraneux qui joint les deux tentacules à la base. La trompe est grosse, cylindrique, le plus or- dinairement saillante, variable dans ses inflexions. Le siphon est peu alongé. La cavité branchiale est vaste, et renferme, de même que celle des Casques, un grand peigne branchial qui est fixé à la partie supérieure et qui la parcourt, d'avant en arrière, dans toute sa lon- gueur. Au fond de cette cavité s'ouvre l'anus, à l'extré- mité d'un rectum flottant, dirigé à droite. L'organe ex- 560439 2 GENRE CASSIDAIRE. ckateur du mâle est grand, lisse, et dépourvu de stries trans verses. Le pied est large et plat, arrondi en avant, muni postérieurement d'un opercule ovale, corné, por- tant des stries subconcentriques. Les espèces de ce genre, d'abord comprises dans les Buccins par Linné et les anciens conchyliologistes, furent ensuite mêlées aux Casques par Bruguières. Moutfort les en sépara et en forma son genre Heaulme {Traité systématique des coquilles) ; mais cet auteur parut ne composer ce genre que d'une seule espèce : le Cassis echinophora. L'année suivante, Lamarck, dans l'extrait de son cours, adopta la classification qu'avait seulement indiquée Monlfort, et rangea ces coquilles, sous le nom de Cassidaires, comme subdivision des Casques. Ce dernier titre, mieux établi et s'accordant plus exactement avec le nom du genre d'où il était tiré, fut sanctionné par tous les auteurs qui suivirent, et celui de Montfort ne fut pas adopté, quoique ayant la priorité. Le genre Cassidaire, placé par Lamarck en tête de sa famille des Purpurifères, comprend des coquilles très-voisines des Cas- ques sous beaucoup de rapports, mais qui néanmoins n'en offrent pas complètement tous les caractères. Elles sont d'une forme moins bombée que ceux-ci, et présentent surtout une différence dans la direction du canal inférieur, qui prolonge l'ouverture. Ce canal se courbe doucement dans ces coquilles, au lieu de revenir brusquement et obliquement en arrière comme dans les Cas- ques, différence très-remarquable et formant évidemment des coupes particulières. Lamarck en fut frappé, et il sentit qu'il ne pouvait circonscrire chacun de ces genres avec netteté et préci- sion qu'en se conformant à la division que la nature elle-même avait indiquée. MM. Cuvier et Férussac n'ont envisagé les Cassidaires que comme sous-genre des Buccins, et les ont placées après les Cas- ques. M. de Blainville, dans sa Malacologie, se rapproche davan- tage de Lamarck, et range ce genre, dont il adopte le nom, entre les Casques et les Tonnes. Mais, dans la Faune française, ce sa- vant parut revenir sur sa première opinion, et douta que les ca- ractères qui constituent ce genre fussent assez saillants pour le GENRE CÀSSIDAIRE. 6 séparer des Casques. M. Latreille, dans ses Familles naturelles du règne animal, confondit ensemble dans une même famille qu'il nomma Cassidites, les Casques, les Cassidaires et les Ricinales. Le genre Cassidaire, peu nombreux en espèces, est susceptible d'être divisé en deux groupes, le premier comprenant les espèces qui ont le canal légèrement alongé et recourbé, le second formé de celles qui ont le canal court et faiblement échancré. C'est avec les espèces de ce dernier groupe que M. Sowerby a établi son genre Onisçia (Ofthe gênera of récent andfossil shells, cabier 24). Nous sommes de l'avis de M. Deshayes, qui rejette l'admission de ce genre, car les coquilles qui le composent ont trop de rapports avec les Cassidaires pour en être séparées; la connaissance seule de l'animal, si l'on y remarquait des différences essentielles, pourrait faire admettre leur disjonction. Les coquilles de notre premier groupe sont assez minces, ova- les, globuleuses, renflées ; leur canal est alongé. Celles du second sont plus épaisses, plus courtes, ont aussi le canal plus court, échancré et à peine relevé. • L'animal des Cassidaires ne diffère pas de celui des Casques . On ne le connaissait autrefois que par une figure assez mal faite dessinée dans la Zoomorphose de d'Argenville, et copiée par Fa- vanne. C'est à M. Deshayes que l'on doit une bonne description d'un individu de la Cassidaria echinophoïa qui lui avait été rap- porté des côtes de la Corse par M. Payrandeau. Poli, dans son bel ouvrage sur les Mollusques de la Sicile, a donné aussi une description et une figure de la même espèce, t. 3, p. 59, pi. 48, fig. 5, 6. Nous ne connaissons que deux espèces vivantes de Cassidaires dans la Méditerranée, et nous pensons qu'elles doivent être réu- nies. Toutes les autres appartiennent aux mers des pays chauds. GENRE CASSIDAIRE. A. Espèces globuleuses, à canal de la base alongé et légère- ment recourbé vers le dos. 1. CASSIDAIRE ECHINOPRORE. Cassidaria echinophora, Lam. (Gollect. Mass. Lam.) List., Conch., t. ioo3, fig. 68. PI. I, fig. a. C. testa ovato-globosà, ventricosâ, cingnliferâ, supernè infernèque striatà, pallidè fulvâ; cingulis quatuor aut quinque tuberculiferis ; spirae anfractibus angulatis; angulo tuberculis crenato. Coquille ovale, globuleuse, ventrue, rétrécie aux deux bouts, assez mince, tuberculifère ; spire pointue, étagée, composée de sept tours convexes, distincts, dont la su- perficie est marquée de stries trans verses ; une d'entre elles forme une carène tuberculeuse. Le dernier tour est plus grand que tous les autres réunis, et sa partie moyenne est garnie de quatre à cinq ceintures trans- verses, écartées et tuberculeuses. Les sillons qui séparent ces côtes sont lisses ou légèrement ornés de faibles stries transverses qui deviennent plus apparentes aux deux extrémités. L'ouverture est blanche, longue, ovale, rétrécie aux deux bouts, terminée à la base par un canal courbé, subascendant. Le bord droit forme au dehors une espèce de bourrelet, mais qui n'est point recourbé. Quelquefois, mais rarement, il est garni de quelques plis élevés vers la partie interne. Le bord gauche consiste en une plaque peu épaisse, ordinairement lisse, collée sur le ventre de la coquille et offrant au bas une saillie re- marquable, sous laquelle est placé l'ombilic. La couleur est ordinairement d'un fauve pâle qui est foncé quelque- fois jusqu'au rouge ferrugineux, surtout entre les tuber- cules. Ces derniers sont blanchâtres. GENRE CASSIDAIRE. 5 Long. 4 pouc. 1/2. Larg. 3 pouc. Habite la Méditerranée ; on la trouve sur les côtes de Pro- vence, de la Corse, de la Toscane, de la Sicile et dans l'Adria- tique. Cette coquille varie beaucoup, soit pour la taille, soit pour l'in- tensité de coloration. Il y en a des individus qui sont dépourvus de tubercules, excepté à la partie supérieure du dernier tour; réunis et observés, ils couduisent insensiblement au passage de l'espèce suivante, qui est tellement analogue à celle dont il est ici question, que M. de Blainville ne l'envisage que comme différence de sexe; nous partageons entièrement cçtte opinion. M. Sowerby, dans son Gênera, cahier 23, pi. 3, fig. 3, donne sous le nom de Cassidaria carinata, une variété de X Echinophora y dont les tu- bercules ont presque complètement disparu et laissent aperce- voir les côtes transverses d'une manière très distincte. L'animal a le pied jaunâtre à la partie inférieure, brun-marron ou noir à la partie supérieure ; la tête est également de cette dernière co- loration. L'opercule corné porte des stries concentriques. 2. CASSIDAIRE TYRRHÉNIENNE. Cassidaria tyrrhena, Lam. (Collect. Mass. Lam.) List., Gonch., ion, fig. 71, e. PI. I, fig. 1. C. testa ovatâ, ventricosâ, cinguliferâ, tenui, transversim snlcatà, fulvo- rufescente; spirae anfractibus convexis; ultimo anfractu supernè sulco unicu uoduloso; aperturà albà; columellà rugoso-tuberculatâ. Coquille ovale, bombée, assez mince, cerclée, presque également rétrécie aux deux bouts, de couleur uniforme d'un fauve roussâtre ; spire pointue, formée de sept tours convexes, distincts, entourés d'un grand nombre de sillons et de cannelures rapprochées ; ces dernières sont étroites et arrondies. Souvent il existe vers la partie su- périeure du dernier tour une seule cannelure un peu 6 GENRE CASSIDA1RE. plus élevée et faiblement tuberculeuse. Ouverture blanche, alongée, étroite, terminée par un petit canal qui se recourbe un peu vers le dos de la coquille. Le bord droit forme un bourrelet un peu élargi, mince, aplati supérieurement, marqué souvent à sa partie in- terne de quelques stries transverses qui sont quelquefois réunies. Le bord gauche est calleux, et ne diffère de celui de la Cassidaria echinophora que par quelques guttules ou plis transverses qui régnent le long de la columelle, surtout vers la base. Long. 4 pouc. Larg. 2 pouc. 4 hg« Habite la Méditerranée, les côtes de la Corse, celles de l'Italie et de la Sardaigne. Bruguières a donné le nom de Tyrrhénienne à cette coquille, parce qu'on la trouve communément dans la mer de Toscane, dite autrefois mer Tyrrhénienne. Elle diffère de la précédente en ce que sa surface extérieure est couverte de stries transverses régulièrement espacées, ce qui la fait paraître comme cerclée. Chez les jeunes individus, l'ou- verture est plus élargie, et les stries transverses de la partie in- terne du bord droit sont aussi un peu plus apparentes. B. Espèces ovales, a canal de la base court, faiblement échancréj et à peine relevé. 3. CASSIDAIRE STRIÉE. Cassidaria striata, Lam. (Gollect. Mass. Lam.) Encycl., pi. 4o5, fig. 2, a-b. PI. II, fig. 3. C. testa ovatà, transversim et elegantissimè striatâ, albido-cinerasceute ; anfractibus convexiusculis; spirâ abbreviatà, subcancellatâ; caudâ brevi, labro crasso, intùs sulcato. Coquille ovale, oblongue, renflée dans le milieu, GENRE CASSIDAIRE. ij atténuée à ses extrémités ; la coloration est uniformément d'un blanc cendré; spire peu prolongée, conique, pointue, subcancellée, composée de six tours convexes, ornés d'un grand nombre de fines stries longitudinales, et tra- versés par d'autres stries beaucoup plus fortement pro- noncées et rapprochées. Les stries longitudinales s'ef- facent vers le tiers supérieur du dernier tour dont la suture est marginée par une strie plus large, décurrente, qui est placée immédiatement au-dessous. L'ouverture est blanche, alongée, étroite, terminée à la base par un canal court et faiblement échancré. Le bord droit, épaissi dans sa longueur, n'est point relevé, mais il présente tout le long de la partie externe une petite dépression longitudinale en forme de sillon. La partie interne est chargée d'un grand nombre de stries transverses. La columelle est arrondie, un peu arquée à la base, revêtue dans toute sa longueur d'une callosité formée par le bord gauche. Celui-ci est blanc, lisse, peu épais. On remarque à la base et à la partie supérieure de sa partie interne quelques rides transverses. Long. 2 pouc. Larg. i4 Hg. Habite Cette coquille, assez rare dans les collections, paraît être con- stamment dépourvue de couleurs variées, car on ne la possède que blanche ou roussâtre. 4. CASSIDAIRE CABICELLÉE. Cassidaria cancellata, Noms. (Gollect. Mass.) Sowerby, Gênera, cah. 24, pl« 5, fig. i, 2, 3. Pl.II,fig.4. C. testa ovato-elongatâ, utrinquc acutâ, subcostatà, ventricosiusculâ, dc- cusjalâ, albido-rufescente, fasciis fuscis cinctà; spirâ acutâ j aufractibus an- GENRE CASSIDAIRE. gulatis, subcarinatis ; aperturâ albâ, elongalà, angustâ; labro crasso, iniïis plicato. Coquille ovale, alongée, aiguë aux deux extrémités , subcôtelée, peu ventrue; spire composée de six tours anguleux et subcarénés à leur partie supérieure qui se termine par un sommet pointu. Us sont couverts de stries longitudinales très-fines, et de plis étroits peu saillants , espacés à distances égales, dans la même direction ; les stries sont de même interrompues à des distances régu- lières par d'autres stries trans verses et arrondies. De l'arrangement de ces stries avec les plis longitu- dinaux se forme un réseau régulier, dont les points d'entrecroisement sont occupés par de petits grains noduleux ou squammeux. L'ouverture est blanche, alongée, étroite, légèrement canaliculée. Le bord droit est assez épais, garni d'un bourrelet relevé et frangé ; sa partie interne est chargée de granulations auxquelles se mêlent dix à douze plis qui se prolongent dans la cavité. Le bord gauche est appliqué dans presque toute sa longueur sur la columelle qui est presque droite, et dont toute la superficie est couverte de granulations. La cou- leur de cette coquille est d'un blanc sale, mélangé de roussâtre; sur le dernier tour se voient surtout d'une manière bien tranchée, trois bandes trans verses brunes. Long. 20 lig. Larg. 1 1 lig. Habite l'Ile-de-France ? Cette espèce est bien caractérisée par la disposition du treillis de sa surface extérieure, qui forme des alvéoles carrées et régu- lières. Elle est assez rare dans les collections. GENRE CASSIDAIRE. 9 5. CASSIDAIRE CLOPORTE. Cassidaria oniscus, Lam. (Coll. Mass. Lam.) List., Gonch., t. 791, tig. 44- PI. II, %. 5. C. testa parvulâ, ovatâ, crassâ, costis tribus uodosis cinctâ, albo spadiceo fuscoque varia, subtùs rubrâ; spirâ caudàque brevissimis; columellâ granu- losâ; labro ialùs dentato et sulcato. Coquille petite, ovale, épaisse, noduleuse; spire com- posée de six tours, dont l'extérieur occupe presque toute la longueur de la coquille. Cette spire est obtuse, courte, légèrement tuberculeuse tout le long de la suture, et terminée au centre par un sommet pointu et saillant. Le tour extérieur est garni de légères stries transverses et de trois zones de tubercules convexes pliciformes. L'ou- verture est longue, étroite, terminée à son extrémité su- périeure par une gouttière peu profonde, un peu relevée du côté de la spire ; au bas, elle aboutit à un canal qui n'est ni échancré ni replié vers le dos. Le bord droit est épais, continué en dehors par un bourrelet convexe , épaissi à l'intérieur vers le milieu, et garni de plis trans- verses. La lèvre gauche consiste en une lame médiocre- ment épaisse, qui est collée d'un bout à l'autre sur la convexité du ventre de la coquille, et dont toute la su- perficie est piquée de petits grains bleus et saillants. La coloration de cette espèce est variable, blanche ou d'un brun violacé ; elle est toujours ornée de maculations ou piquetures de couleur brune ou roussâtre, et quelquefois traversée par des bandes de même couleur. Le contour de l'ouverture est blanc , mélangé d'une jolie teinte rose. Long. 16 pouc. Larg. 9 lig. Habite les mers d'Amérique, et, selon Wood, les mers des Indes. 10 GENRE CASSIDAIRE. Cette coquille, au premier coup-d'œil, présente l'aspect de cer- tains Strombes ; mais elle ne possède du reste aucun des carac- tère reconnus à ce dernier genre. La Cassidaire cloporte est très commune dans les collections, et cependant il est assez rare de l'y rencontrer dans un état parfait de conservation. 6. CASSIDAIRE PAVILLON. Cassidaria vexillum, Nobis. (Coll. Mass. Lam.) List., Conch., t. 992, fig. 54- PI. H,îfo. 6. C. testa ovato-oblongâ, levigatâ, nitidâ, rufo-rubente, fasciis fuscis cinctâ; spirâ brevi, obtusâ ; aperturâ, albidâ, basi effusâ ; canali brevissimo. Coquille petite, ovale, oblongue, lisse, un peu bril- lante, atténuée à ses deux extrémités ; spire peu pro- longée, conique, pointue, composée de quatre à cinq tours médiocrement convexes, dont le dernier est beau- coup plus grand que tous les autres. Ces tours sont très-légèrement striés en travers. La suture est simple et linéaire. L'ouverture est ovale, oblongue, d'un blanc jaunâtre. Le bord droit est un peu dilaté, faiblement épais, et crénelé dans toute son étendue. La columelle est oblique, aplatie, surtout vers la base qui est un peu recourbée en-dedans. La coloration de cette coquille est fauve ou rouge, et sur la surface du dernier tour se des- sinent très-exactement huit zones transverses d'un brun foncé. Long. 1 pouc. Larg. 6 lig. Habite l'Océan-Indien. J'ai décrit cette coquille comme une Cassidaire, nom sous le- quel elle est généralement connue dans les collections. Mais mon opinion particulière, que j'appuierai de celle de Lamarck, me porterait à la ranger parmi les Pourpres, dont elle se rapproche évidemment par l'aplatissement du bord gauche qui ne s'étend pas sur la columelle. ( ASSII) AIKKS PI. i i. (assidairc thcyrréniem&e 2. Cassidaire êchinoplioTe Publié par J. B. Baillièrc cl fils, Parie THEUBBMtf OMHE c \ssin\niK.s Pi. H 7> . Cassidaire Striée. 5, Cassidaire cloporte. Publié par J, B. Bailliére et. fils, Paris 4. (assidaire C aiicellêe G. (assidaire Pavillon. THE 11WAW OF lHfc MWERSTY QnUHWK GENRE CASQUE, ( CASSIS, Brxjgcière. ) Coquille bombée. Ouverture longitudinale, étroite et subovale, le plus souvent dentée, terminée à la base par un canal court , qui se recourbe brusquement vers le dos de la coquille. Columelle calleuse, plissée ou ridée trans- versalement. Bord droit presque toujours muni d'un bourrelet extérieur et denté en dedans. Opercule ovale, étroit, corné, transverse, à sommet médian. Testa inflata. Apertura longitudinalis, angusta, subovata, in canalem brc- vem subitôque dorso reflexum desineps.^Columella callosa, transversè pli- cata vcl rugosa. Labrum sœpissimè exterius'marginatum, intùs dentalum. Operculum ovatum, angustum, cornutum, Iransversum, apice racdiano. Animal muni d'une tête large, épaisse, dont les ten- tacules sont pointues et assez longues ; les yeux sont placés vers la base de ces tentacules, à la partie externe. La trompe est grosse, cylindrique, ordinairement saillante hors de la bouche, l'animal possédant la faculté de r*a- longer d'une manière remarquable; elle est pourvue dans l'intérieur d'un petit ruban lingual corné. La bouche est large, musculeuse, forte et contractile. Le manteau est ample, cannelé inférieurement, présentant entre les tenta- cules un léger appendice en forme de chaperon, lequel recouvre la tête. Le siphon se prolonge quelquefois hors de la coquille. La cavité respiratrice renferme deux bran- chies inégales, dont l'une, beaucoup plus grande que l'an- tre, est adhérente à sa paroi supérieure. Le pied est large, 2 GENRE CASQUE. ovalaire, ondulé, débordant souvent la coquille de toutes parts. On voit à cette partie une rainure marginale qui en sillonne tout le contour, mais quelquefois cette rainure se trouve circonscrite en un seul point, principalement en avant. Les sexes sont séparés. L'organe excitateur du mâle est très volumineux, aplati, terminé par un long crochet charnu, à la base duquel on remarque des canne- lures assez profondes. L'opercule est corné, assez étroit, ovale, transverse, à fibres subconcentriques, ayant sou- vent au dehors des stries saillantes qui partent du milieu du bord antérieur et s'irradient comme un éventail. Les Casques appartiennent, par leur organisation, à la famille des Purpurifères de Lamarck. Les coquilles qui constituent ce genre, assez bien caractérisé par Bruguière, avaient été primiti- vement confondues par Linné dans celui des Buccins. Cependant elles diffèrent essentiellement de ceux-ci par la forme de leur ouverture, par l'aplatissement du bord gauche ou bord colu- mellaire, qui fait une saillie considérable en forme de grosse lèvre sur le côté de la coquille, et surtout par le canal qui termine la base. Ce canal, échancré et brusquement replié vers le dos, est une singularité qui les fait reconnaître au premier aspect, et les distingue facilement des vrais Buccins, qui n'ont point de canal, mais seulement une échancrure fortement prononcée à la base de leur ouverture. ........ Les coquilles du genre Casque ont en général la spire peu élevée, souvent interrompue par des bourrelets obliques et cariniformes, sommités persistantes des anciens bourrelets de l'ouverture qui ont été enveloppés dans chaque nouvel accroissement de la co- quille. Cependant ces bourrelets ne se retrouvent pas sur toutes les espèces, et, sous ce rapport, ils pourraient servir à leur divi- sion, car il serait possible de séparer en deux groupes, ainsi que l'a fait Lamarck, celles qui en sont pourvues et celles où ils n'exis- tent point. Plusieurs auteurs avaient déjà soupçonné les différences qui istinguent les Casques des Buccins, et, sans retirer ces coquilles du grand genre où elles avaient été admises, ils les désignaient GENKE CASQUÉ. 3 déjà sous le nom de Casques, à cause de leur ressemblance avec la coiffure guerrière qu'on appelle ainsi. Ce fut Bruguière qui, le premier, sépara nettement ces espèces des Buccins, et, saisissant leur dénomination vulgaire, il l'appliqua au genre qu'il composa en les réunissant. Ce nom parut leur être si bien approprié, qu'il leur fut conservé par tous les conchylîologistes qui suivirent. Lamarck plaça les Casques comme second genre dans sa famille des Purpurifères, mais il en retira plusieurs espèces, avec les- quelles il forma son genre Cassidaire: Il établit dans les Casques deux divisions : la première, qu'il composa des espèces à varices sur la spire, et la seconde, de celles qui n'en possèdent point. M. Cuvier, dans son Règne animal, joignit ce genre aux Buccins, sous le titre de sous -genre, entre les Concholépas et les Cassi- daires; par conséquent, il le plaça après les vrais Buccins, ce qui était l'opposé de la classification de Lamarck. M. Blainville, dans sa Malacologie, range les Casques dans sa famille des Entomostomes , et les place, comme M. Cuvier, après les Buccins. Il établit deux groupes de ces coquilles : le premier comprend les espèces dont l'ouverture est longue et le bord ex- terne presque droit. Dans le second, se trouvent les espèces dont l'ouverture est subovaje, et le bord externe excavé. Ces divisions me paraissent établies sur des appréciations plus exactes que celles qui s'appuient sur l'observation des varices, ces parties pré- sentant beaucoup de variétés dans un grand nombre d'espèces. Les Cassidaires, et plusieurs espèces de Tonnes, ont quelque analogie avec les Casques. Le premier de ces genres en diffère par la forme du canal, plus ou moins court, qui termine inférieure- ment l'ouverture, et qui n'est pas replié brusquemeut vers le dos. Le second a le canal court, également sans courbure, le bord gauche peu apparent et ne s'étendant pas sur le ventre de la co- quille en une lame calleuse. Certaines espèces de Casques acquièrent un vol urne et une épais- seur considérables lorsqu'elles sont parvenues au dernier degré d'accroissement. D'autres, au contraire, restent constamment pe- tites, et ne dépassent pas un pouce et demi de longueur. Ce genre renferme un bon nombre de coquilles intéressantes par leur forme et par la variété de leurs couleurs. Quelques-unes sont employées dans le commerce comme objets de parure, et servent principalement à faire des camées. 4 GENRE CASQUE. Les animaux des Casques sont très carnassiers ; ils vivent ordi- nairement dans les hautes mers, se tiennent dans le sable, sur le- quel ils semblent se plaire, et s'y enfoncent quelquefois complè- tement. Leur naturel est très apathique, ce qui semble s'expliquer par la pesanteur et le grand développement de leurs coquilles. D'Argenville,dans sa Zoomorphose, avait décrit bien incomplè- tement l'animal des Casques; Adanson, dans son voyage au Sé- négal, avait fait connaître celui du Casque saburon. Maison doit à MM. Quoy et Gaimard l'anatomie complète du Casque tricoté, qui a été représenté avec une grande exactitude dans le bel atlas du Voyage de l'Astrolabe^ p. 43, fig. 2 à 6, aussi bien que le Cas- que bézoard, fig. 9 à 13. Poli a donné aussi dans le 3 e vol. de son ouvrage sur les coquilles de la Sicile, pi. 48, fig. 1, l'animal du Cas- que cannelé. On rencontre beaucoup de ces coquilles dans nos mers, princi- palement dans la Méditerranée. Vers le printemps, les plu&grosses espèces se montrent dans les mers de Madagascar. A. Espèces dont l'ouverture est longue et le bord externe presque droit, 1. CASQUE TRIANGULAIRE. Cassis tuberosa, Brug. (Collect. Mass. Lam.) Gualtieri, Test.) t. 4i? fig. AAA. PI. III, fig. 4. C. testa ovato-ventricosâ, trigonâ, decussatim striatâ, castaneo-fosco ni- groque marmoratàj cingulis tribus tuberculosis; spirâ retusâ, triangulari, mucronatà; columellà tuberculiferâ,purpureo-nigricante, albo-rugosàj labro intùs dentalo, interstiliis fusco vel violaceo-maculatis. Coquille ovale, ventrue, triangulaire, rétrécie vers la base, élargie du côté de la spire qui est rétuse, mucronée, composée de huit à neuf tours, le dernier beaucoup plus considérable que les précédents ; ce tour présente ordi- nairement trois ceintures transverses, écartées, garnies de gros tubercules dans les individus adultes. Ces tubercules sont très épais et très élevés à la ceinture supérieure ; les GENRE CASQUE. 5 autres diminuent en nombre et en grosseur à mesure qu'ils s'éloignent des premiers. La suture forme ordinai- rement des cannelures et offre d'assez larges callosités triangulaires autour du sommet : ces callosités provien- nent du bord supérieur des anciennes ouvertures. Toute la superficie de cette coquille est légèrement treillissée par des plis longitudinaux faiblement ondulés, et traver- sée par des cannelures qui sont quelquefois peu appa- rentes. L'ouverture est alongée, étroite, rétrécie, surtout par l'avancement de dix à onze dents qui se trouvent à la partie interne du bord droit ; celles du milieu, plus fortement prononcées, sont blanches et garnies dans leurs interstices de taches brunes ou violacées. Six à sept larges taches, également brunes, garnissent encore le bord droit à la partie externe, ainsi que la lèvre de l'ancienne ouver- ture qui borde la callosité. La columelle est faiblement comprimée sous la région de l'ombilic, et offre dans sa longueur un assez grand nombre de plis ou guttules transverses et blanches, qui deviennent plus fortes et plus nombreuses à la partie inférieure. Une large callosité, produite par la lèvre gauche et d'une forme triangulaire, tronquée vers le haut,, couvre tout le ventre de la coquille. Le bord gauche est encore remarquable dans les indivi- dus adultes par plusieurs gros tubercules transverses pla- cés un peu plus haut que le milieu de l'ouverture, et enveloppés d'une grande tache noire qui se prolonge jus- qu'à la base de la columelle. La couleur de cette espèce est assez variable ; quelques coquilles sont d'un gris blanchâtre au dehors , nuancé de bandes longitudinales en zigzag, de couleur brune, fauve, ou même violette. D'autres individus sont d'une teinte brune ou marron, avec des flammules longitudinales on- duleuses et noirâtres ; plusieurs enfin sont d'un brun ta-* cheté de fauve. 6 GENRE CASQUE. Habite l'Océan des Antilles. Celte espèce est très commune, et acquiert souvent un grand développement. Il n'est pas rare de voir, parmi les coquilles qu'elle comprend, des individus qui ont jusqu'à 10 ou 11 pouces de lon- gueur; aussi les jeunes sont-ils toul-à-fait différents des adultes; la callosité et les tubercules, si remarquables dans ceux-ci, en raison de leur accroissement progressif, existent à peine dans les premiers, chez lesquels, au contraire, paraissent très distincte- ment les taches et les maculations. 2. CASQUE FLAMBÉ. Cassis Jlammea, Bkug. ' . (GoU.Mass. LÀM.)LisT.,Gonch.j t.ioo4, fig. 69, et ioo5,fig.72. PI. III, fig. 5 et 5 la, très jeune. C. testa ovato-in fia ta, subirigonà, in juniori longiludinaliler plicatà, in medià aetate seriebus quatuor aut<[uinque tuberculosis cinctâ, grisco-viola- cescente, flammulis rufo-fuscis pictâ; spirâ convexiusculà, mucronatâ; colu- mcllâ rufà, albo-rugbsâ. Coquille ovale, renflée, un peu triangulaire, élargie vers le haut ; spire légèrement convexe, mucronée, com- posée de huit tours; le dernier, assez grand, forme un angle près de son extrémité supérieure, qui est garnie d'un assez grand nombre de petits tubercules coniques : dans les individus un peu âgés se retrouvent plusieurs autres rangées de tubercules d'un gris violacé, tandis que toute la surface de la coquille est peinte de flammules on- doyantes d'un roux brun. La suture est crénelée; la sur- face supérieure de la spire est tailladée par les anciennes sommités des ouvertures successives de la coquille. L'ou- verture est alongée, étroite, blanche ; la lèvre droite un peu arquée vers ses deux extrémités, recourbée en dehors, où elle forme un bourrelet épais, arrondi, marqué de six à sept taches noirâtres; elle est un peu épaisse à l'intérieur GENRE CASQUE. J vers la partie moyenne, et garnie de douze à treize dents saillantes. Un semblable bourrelet existe tout le long du côté gauche; il est tacheté de même, mais il est plus court et moins élevé que le premier, différence qui se remarque dans toutes les autres espèces où ce bourrelet se ren- contre. La lèvre gauche est mince et transparente, collée sur le ventre de la coquille. La columelle, un peu enfon- cée vers son tiers inférieur, est ornée, dans sa longueur, d'un grand nombre de stries ou guttules blanches, plus fortement prononcées vers la base. Habite l'Océan-Indien et celui des Antilles. Nous n'envisageons cette coquille que comme jeune âge du Casque triangulaire, car elle ne diffère de celui-ci que par l'as- pect de la partie supérieure du dernier tour, où il existe seu- lement une rangée de tubercules qui sont peu prononcés, pi. 3, fig. 5 a. Dans un âge intermédiaire on commence à apercevoir les autres rangées de tubercules, et enfin ils se montrent tout-à- fait développés dans le triangulaire. La coloration est aussi plus vive dans la coquille que nous venons de décrire ; on y voit quel- ques bandes ondulées et roussâtres, et les plis longitudinaux y sont plus apparents. Ces derniers caractères sont communs à beaucoup de jeunes coquilles du genre Casque. 3. CASQUE DE MADAGASCAR. Cassis Madagascariensis, Lam. (Gollect. Mass. Lam.) List., Conch., t. 1008, fig. 71 B? PI. II, fig. 2. . . C. leslà maximâ, ovnto-vetitricosâ, elevato-rotùndalâ, fasciolis transversis cinctâ, squalidè albâ; tuberculis dorsalibus transversïm triseriatisj infernà facie c.arneâj aperturà purpureo-nigricante, nitidâ, albo-plicalà. Coquille d'une grandeur remarquable, ovale, ventrue, élevée, arrondie, d'une couleur plus ou moins blanche ou grisâtre, entourée sur toute sa surface de nombreuses 8 GENRE CASQUE. bandes et stries transverses, distantes, rondes, con- vexes, traversées par des rides longitudinales peu ap- parentes et ondulées. Spire courte, peu convexe, mu- cronée, formée de huit tours; le dernier très grand, bombé, faiblement aplati à sa partie supérieure, caréné sur le bord, et couronné sur là carène d'un rang de tubercules assez courts, espacés, qui disparaissent quelque- fois. Deux autres rangées de tubercules se montrent sou- vent sur le même tour, mais ils semblent rudimentaires; on ne les retrouve point sur tous les individus. Les bandes sur lesquelles sont placés les tubercules se dis- tinguent des autres par un peu plus de largeur. Les tours supérieurs de la spire offrent aussi d'assez larges callosités persistantes, restes des anciennes ouvertures. La suture est garnie de quelques tubercules pointus, légèrement comprimés. La face inférieure est considérablement élargie, formant une surface plane et débordant le dernier tour de toutes parts. L'ouverture est alongée, étroite, rétréciepar l'avancement de huit dents placées à la partie interne du bord droit; celles du milieu sont plus fortement pro- noncées. Ces dents sont blanches, bordées et même garnies dans leurs interstices d'une teinte couleur de flamme mélangée d'un brun noirâtre ou violacé ; la teinte brune se répand sur la lèvre droite, à l'élargissement de la base, qui est fortement développée et plane, tandis que la partie supérieure est d'une belle couleur de chair légèrement rosée. Le fond de l'ouverture est d'un pourpre noirâtre. La colurnelle est faiblement comprimée, ornée, dans les deux tiers de sa longueur, de plis et de rides blanches très marquées. Cette partie est aussi colorée d'un brun noir. Le bord s'étale en une large callosité détachée, qui dépasse le ventre de la coquille; il est de la. même couleur de chair que la lèvre droite. GENRE CASQUE. 9 Long, ia pouc. Larg. 8 pouc. t/i. Habite les mers de Madagascar. Cette espèce n'est pas très rare dans les collections, et quoi- que voisine des précédentes, elle en diffère de manière à n'être jamais confondue avec elles. Elle est très grande comme celles- ci; mais l'aplatissement des deux bords de la coquille, la colo- ration de la columelle, et celle du fond de l'ouverture, la dis- tinguent facilement des autres. 4. CASQUE TRICOTÉ. Cassis cornuta , Brug. (Coll. Mass. Lam.) List., Conch., t. 1006, fig. 70, et t. 1009, fig. 71 c. PI. II, fig. 3. C. testa ovato-ventricôsâ, scrobicolis reticulatâ, cingulis tribus aut quatuor instruclâ, albidà; in juniori cingulis duabus levibus maculatis, in adultâ omnibus tuberculosis : tuberculis anticis maximis, corniformibus ; labro in- tùs citrino. Coquille ovale, ventrue, rétrécie à la base, fortement élargie vers le haut, terminée par une spire courte, co- nique, obtuse, qui est composée de huit tours un peu aplatis au-dessus. Le dernier est très grand et caréné à la partie supérieure : il est aussi garni de trois, quelque- fois de quatre cannelures lisses, marquées de taches brunes, et portant des tubercules coniques, assez nom- breux : ceux de la partie supérieure sont très développés ; ils ont quelque ressemblance avec des cornes et forment la carène. Les deux autres ceintures offrent aussi des tu- bercules, mais plus espacés et moins distincts. Dans le jeune âge l'une de ces ceintures est lisse ; mais sur la première, les tubercules présentent déjà des pointes as- sez fortes. Toute cette coquille est blanchâtre ou cen- drée, couverte de taches alongées, rousses, et quelquefois IO GENRE CASQUE. brunes. La surface extérieure, à l'exception des bandes transverses, est couverte de stries circulaires et de piqûres longitudinales enfoncées, qui, rangées en séries entre les stries circulaires, imitent les mailles d'un tricot. L'ouver- ture est alongée, un peu plus large vers le milieu qu'aux deux extrémités; le fond en est d'un beau jaune orangé, blanchâtre dans les jeunes individus. Le bord droit est épais, recourbé en dehors, marqué de taches transverses de couleur marron ; il devient plus épais à l'intérieur, surtout à sa partie moyenne; dans l'adulte, ce bord est garni de huit fortes dents, et dans le jeune âge, de dix à douze. Le bord gauche est fortement étalé et tronqué à la partie supérieure, se détachant à la base de la co- lumelle; celle-ci présente un enfoncement vers la région de l'ombilic ; elle est marquée dans toute sa longueur de treize à quatorze plis ou guttules transverses, blanches , plus rapprochées et plus apparentes vers les deux tiers inférieurs. Habite l'Océan-Indien et les Moluques. Cette espèce parvient à une si grande taille, qu'elle dépasse souvent un pied de longueur. Les jeunes coquilles sont plus vives en couleur, et ont les séries des petits enfoncements plus fortement prononcées. On appelle vulgairement ce Casque le Fer à repasser ou la Tête de cochon. Il est commun dans les collections, et l'on emploie sa coquille dans le commerce pour y graver des camées. D'après les observations de MM. Quoy et Gaimard, le fond de la couleur de l'animal est d'un beau jaune, et une bandelette d'un rouge brun orne la base des tentacules au-dessous des yeux. Le contour du pied présente en dessus deux rubans d'une cou- leur de terre de Sienne calcinée; celui qui avoisine le limbe est plus délié. Le dessous du pied est simplement jaune, avec des stries plus foncées, qui forment des espèces de bosselures. GENRE CASQUE. I I 5. CASQUE FASCIÉ. Cassis fasciata , Brug. ( Gollect. Mass. Lam. ) List., Conch., t. 997, fig. 62. PI. V, fig. 8. C. testa oblongo-ovatâ, tenuî, longitudinaliter subplicatà, pallidè fulvâ; fasciis quiuque transversis albis rufo-maculalis ; ullimi auf'ractûs parte anlicâ spiràque tuberculis graniformibus seriatïm muricatis. Coquille ovale, oblongue, assez mince, légèrement transparente, rétrécie par le bas, terminée à son extrémité supérieure par une spire convexe, mucronée, composée de huit tours. Le dernier, convexe de même, est marqué de plis longitudinaux, et garni de plusieurs rangées trans- verses de petits tubercules : trois ou quatre de ces rangées se continuent sur les autres tours supérieurs. Les tubercules dont elles sont formées sont nombreux, et presque toujours en nombre inégal sur chaque ligne; ils se trouvent en plus grande quantité sur les premiers rangs, et conséquemment plus petits, d'une forme pointue et co- nique ; ceux des troisième et quatrième rangs, à compter de la suture, sont les plus forts ; les derniers enfin qui suivent ceux-ci sont les moins prononcés ; ces tubercules ne se trouvent pas sur tous les individus, et ils accom- pagnent, lorsqu'on les rencontre, les bandes fasciées de la convexité de la coquille. L'ouverture est blanche, alongée , roussâtre dans le fond , rétrécie à la partie su- périeure, élargie et évasée au bas du bord droit; celui-ci est recourbé au dehors , marqué de six taches rousses à l'intérieur; il est épais vers le milieu, un peu saillant, garni dans sa longueur de dix dents, dont les quatre qui sont placées sur l'épaisissement, sont fortes et légèrement creusées au milieu. La lèvre gauche consiste en une lame mince et transparente qui occupe le ventre de la coquille 12 GENRE CASQUE. et présente une dépression vers la région de l'ombilic. La columelle est garnie de plis et de guttules lisses. Le canal de la base se courbe moins subitement que dans les espèces précédentes. La coloration de cette coquille est d'un fauve marqué de cinq zones transverses qui sont formées de taches alternativement blanches et brunes ; quelques autres taches jaunâtres sont aussi dis- tribuées entre ces bandes. Long. 6 pouc. Larg. 3 pouc. Habite la mer du Sud? Cette espèce est très remarquable par sa légèreté, proportion- nellement aux autres du même genre, qui sont en général très- épaisses. Ses granulations, sa forme un peu alongée, les tubercules sur les tours de spire, et enfin les cinq fascies transverses du der- nier tour, contribuent à lui donner un aspect tout-à-fait distinct des autres Casques. Chez les jeunes individus les taches des bandes sont plus étroites et plus régulières. Dans le très jeune, des stries transverses cou- vrent en partie la convexité du dernier tour de spire, tandis qu'elles ne se retrouvent plus qu'à la base de ce tour dans un âge inter- médiaire. 6. CASQUE FRANGÉ. Cassis fimbriata, Quoy et Gain. (Gollect. Mass.) Quoy et Gaim. Voj. de VAstr., pi. 43, fig. 7-8. PI. IV, fig. 6. C. testa ovato-ventricosâ, sobtrigonâ, longitudinaliter plicatà, anticè trans- versim striatâ, duabus aut tribus seriebus tuberculosis cinctâ, albido-viola- cescenle, lineis fuscis, interruptis, iransversè pictâ; spirâ convexâ, mucro- natâ 3 labro levi, fusco-maculalo ; columellâ albà, leviter plicatâ. Coquille ovale, ventrue, un peu triangulaire, plissée dans toute sa longueur, colorée de blanc et maculée de violacé clair ; elle est traversée par quatre à cinq bandes GENRE CASQUE. l3 plus foncées et par neuf à dix lignes interrompues, de couleur fauve. La spire est courte, convexe, mucronée, foncée, composée de sept tours; le dernier bombé, char- gé à la partie supérieure de deux rangées transverses de tubercules rapprochés formant deux carènes. Au-dessus de la première , et au-dessous de la seconde de ces rangées, il paraîtrait en avoir existé d'autres dont il ne resterait plus que l'indice. La suture est légèrement tuberculée. L'ouverture est blanchâtre, alongée, étroite supérieure- ment, élargie et faiblement évasée vers la base. Le bord droit est recourbé, orné à la partie externe de six taches rougeâtres, souvent garni à la partie externe de stries fines et rapprochées, surtout chez les jeunes individus. La columelle est légèrement garnie de plis ou guttules espacées. Le bord gauche est mince, diaphane, s'élar- gissant sur le ventre de la coquille auquel il est adhérent, excepté vers la base, où il devient libre et plus épais. Le canal de la base se recourbe subitement. Long. 4 pouc. Larg. 2 pouc. 1/2. Habite les mers de la Nouvelle-Hollande, les îles Ma- riannes. Celte jolie espèce a été décrite et figurée par MM. Quoy et Gai- mard, dans l'atlas de leur Voyage de l'Astrolabe, pi. 43, fig. 7, 8. Quoique bien voisine de la fasciée, elle s'en distingue cependant par sa forme plus triangulaire, par sa coloration, et surtout par ses deux carènes formées des tubercules du dernier tour; l'ab- sence presque totale de dents à la partie interne du bord droit, et de plis sur la columelle, sont aussi des différences essentielles qui la séparent de l'espèce précédente. l4 GENRE CASQUE. 7. CASQUE PLICAIRE. Cassis plicaria, Lam. (Collect. Mass. Lam.) Sebà, Mus. 3, t. 53, fig. 1-2. Pi. VI, fig. 11. C. testa ovato-oblongà, longitudinaliter plicatâ, niticlà, albâ, strigis Ion- gitndinalibus luteis ornalâ; ultimo anfractn supernè papillis coronato; spirà conicâ, striatâ, granosâ; labro basi tridentato, margioe externo maculato. Coquille ovale, oblongue, blanche, ornée de bandes longitudinales, ondulées, jaunâtres; spire conique, alon- gée, pointue, mucronée, composée de sept tours, qui sont garnis d'un assez grand nombre de stries longitudi- nales très fines, et de deux à trois rangées de granulations en séries transverses, dont les plus apparentes bordent la suture. Ces tours sont aussi garnis de varices, anciennes sommités des ouvertures successives de la coquille. Le dernier tour est grand, aplati en dessus, couronné par une rangée de tubercules pliciformes qui se prolongent sur le dos et disparaissent vers la base de la coquille. L'inter- stice du bord de la suture, vers la rangée de tubercules, est chargé de petits plis longitudinaux en grand nombre et de plis transverses. L'ouverture est ovale, alongée; le fond de la cavité est roussâtre. Le bord droit est blanc, faiblement recourbé, garni à sa partie interne de dix- huit à vingt stries, celles du milieu souvent divisées par une échancrure vers leur origine. Il est aussi accompa- gné à la base de trois dents fortes et saillantes. Un sem- blable bord, en forme de varice longitudinale, existe sur le dernier tour de la coquille et le traverse obliquement. Cette varice et le limbe externe du bord droit offrent des taches brunes au nombre de six sur chacun d'eux. La columelle est un peu oblique, plissée très légèrement à GENRE CASQUE. l5 la base. Le bord gauche est assez large, blanc et brillant, tronqué à sa partie supérieure. Long. 3 pouc. 9 lig. Larg. 2 pouc. Habite Cette espèce est encore assez rare dans les collections; sa forme élancée, parmi les autres Casques, lui donne un aspect assez agréable: l'ondulation des bandes longitudinales, d'une légère teinte roussâtre, qui couvrent sa surface, et les taches brunes et régulières des varices rendent aussi sa coloration très élégante. 8. CASQUE ROUGE. Cassis ru/a, Brtjg. ( Collect. Mass. Lam. ) Rumph. Mus., t. 23, fig. B. ■ PI. VII, fig. ia et i3 jeune. C. testa ovalùventricosâ, crassissimâ, ponderosâ, tubercnliferà, rubrâ; cingulis pluribus tuberculato-nodosis ; spirà brevi, mucronatà; columellà labroque intense purpureis, albo-rugosis. Coquille ovale , ventrue très épaisse, pesante, tuber- culifère; spire convexe, très peu élevée, rnucronée, com- posée de sept tours ; le dernier forme à lui seul presque toute la longueur de la coquille. Ce tour est couvert de plis longitudinaux, nombreux et rapprochés, et garni sur sa convexité de six bandes transverses, dont les trois ou quatre premières portent de gros tubercules assez courts, arrondis et espacés; les autres sont chargées de plis longitudinaux souvent blanchâtres : ces bandes sont sé- parées les unes des autres par deux ou trois sillons trans- verses; un sillon blanc, assez large, se remarque entre les deux dernières. Les tours supérieurs de la spire offrent aussi de petites bandes et des sillons entre chacune de ces bandes qui se prolongent jusqu'au sommet. Les sutures sont distinctes et crénelées, ce qui rend le bord du tour s l6 GENRE CASQUE. extérieur un peu tuberculeux. L'ouverture est trèsalongée, légèrement oblique, un peu plus élargie vers le bas qu'à l'extrémité opposée. L'échancrure est également oblique, et très profonde. Le bord droit est fort épais, recourbé au dehors, où il forme un bourrelet convexe, quelquefois très opaque, garni à l'intérieur d'une grande quantité de dents, souvent pliciformes et blanches, dont le nombre est toujours variable. La lèvre gauche consiste en une large plaque, également épaisse, lisse, de forme presque ovale, contiguë à la partie supérieure du bord gauche ; il existe en cet endroit un petit canal. La columelle est aussi gar- nie dans toute sa longueur d'une grande quantité de rides ou plis blanchâtres. La coloration de cette coquille est rouge au dehors, variée de blanc et de brun foncé, tant sur la spire que vers le bourrelet du bord droit. Le con- tour de son ouverture est blanchâtre, ou couleur de chair, teintée d'un rouge de corail dans le fond et tout le long de la fente, tandis que les dents et les plis sont blancs. L'inté- rieur de la lèvre gauche offre une ligne noirâtre sur toute sa longueur, et quelques bandes, dont la teinte brune s'af- faiblit graduellement, s'étendent jusqu'aux extrémités. Le bord droit est orné de bandes semblables. Long. 5 pouc. Larg. 3 pouc. Habite l'Océan des Grandes-Indes et des Moluques. Ce Casque est un des plus communs, et sa coloration, à laquelle il doit son nom, le rend très remarquable; on l'appelle vulgai- rement le Turban rouge. C'est principalement sa coquille que l'on emploie pour les camées. Nous réunissons à cette espèce le Casque plume de Bruguière , que cet auteur avait établi avec doute, car il soupçonnait que cette coquille ne devait être envisagée que comme jeune âge du Casque rouge, chez lequel le bourrelet et les dents de l'ouverture ? GENRE CASQUE. j* n'étaient pas encore formés. Plusieurs savants, après lui, avaient déjà proposé la réunion que nous adoptons ici. Lorsque cette coquille est jeune, elle est ovale, turbinée, mince, avec des stries croisées peu apparentes ; la spire est courte, mucronée ; le dernier tour est faiblement anguleux supérieure- ment, garni de six fascies régulières, marquées elles-mêmes de blanc et de brun et entourant la convexité. L'ouverture est alongée, étroite, sans bourrelets ni dents à la lèvre droite. Dans le très jeune âge, le fond est couleur de cbair, flambé d'un rouge obscur; les bords de l'ouverture sont le plus ordinairement d'une légère teinte pourprée. 9. CASQUE DE B2ASSÉNA. Cassis Massenœ, Noms. (Collect. Mass.) Woon, Cat. of Shells, suppl., pi. 4, fig. 4. PL VIII, fig. 14. C. testa ovato-oblongâ, dorso convexiusculâ, lubercaliferâ, albidà, ma- culis aurantiacis transvcrsim seriatis pictâ, cingulis pluribus tuberculato- nodosis; spirâ brevi, obtusâ; aperturâ ovatà, oblongà, angustâ ; labro dextro dilata to, intùs albo-plicato. Coquille ovale, oblongue , faiblement convexe sur le dos, aplatie du côté de l'ouverture ; spire peu élevée, obtuse, composée de six à sept tours à peine convexes ; le dernier est très grand, aplati supérieurement et forme à lui seul presque toute la longueur de la coquille; il est garni sur la surface de six à sept bandes transverses, distantes, lisses, et un peu convexes ; les trois premières de ces bandes portent des tubercules en séries dont les plus prononcés forment une carène au haut du tour ex- térieur ; la quatrième, au contraire, n'en a que quelques petits qui s'effacent entièrement sur les suivantes. Toutes ces bandes sont séparées les unes des autres par d'autres bandes plus petites, dont l'inférieure est aussi plus étroite. Des plis longitudinaux, souvent interrompus dans leur trajet, régnent sur la longueur du dernier tour, et tou- % 1 > l8 GENRE CASQUE. jours plus apparents vers le bord droit. L'ouverture est ovale, oblongue, étroite, aussi longue que la coquille , y compris le canal qui la termine à chaque bout. Cette ou- verture est un peu oblique, plus élargie à la base qu'à l'extrémité opposée. Le bord droit, élargi et relevé, est orné de bandes d'une couleur marron qui devient plus foncée à la partie supérieure. La partie interne est gar- nie de plis transverses d'un blanc brillant, espacés par des bandes de même blancheur qui les divisent de cinq en cinq, mais s'accumulent en plus grand nombre vers la base. Les interstices de ces plis sont colorés d'un beau brun foncé. La callosité du bord gauche, un peu épaisse et alongée, dépasse faiblement les deux extrémités du dernier tour de spire; elle est blanchâtre, souvent tra- versée de larges bandes d'un jaune orangé. La columelle est garnie dans toute sa longueur de stries médiocres dont les interstices sont également colorés de brun. Le fond de la couleur de cette coquille est blanc, élégam- ment varié de taches roussâtres à peine dessinées, tandis que d'autres plus marquées et plus rembrunies se mon- trent sur les tubercules. Les bandes intermédiaires sont de même chargées de taches en séries transverses, alter- nativement blanchâtres et d'un roux brun. Long. 3 pouc. 9 lig. Larg. 2 pouc. Habite les mers d'Amérique. Cette jolie espèce ne se trouve encore que dans quelques col- lections, et nous ne l'avons vue décrite par aucun auteur ; Wood, dans le supplément de son catalogue, en a seulement donné une figure, pi. 4, fig. 4, sans lui assigner un nom d'espèce. Elle est voisine du Cassis ru/a par sa forme ; mais la coloration de l'ou- verture la rend très distincte de celui-ci. Les jeunes s'en rap- prochent davantage par la ressemblance de celte partie. J'ai dédié cette coquille au prince Masséna qui, par sa géné- GENRE CASQUE. ' IQ reuse protection, m'a permis de satisfaire mon désir d'être utile à la science dans une publication dont je ne dois le succès qu'aux nombreuses observations puisées dans les trésors scientifiques que sa bienveillance m'a ouverts. Heureux de signaler ici la vive reconnaissance que ses bontés m'ont inspirée. 10. CASQUE SANS BOUREELET.fowKWrtwtemm, Vat.ehciennes. (Gollect. Mass.) Wood, Gat. of Shells, suppl., pi. 4? fig. 5. PI. VIII, fig. i5. C. testa subcylindraceâ, ad apicem acutâ, transversim costis nodalosis cinctâ, longitudiaaliter transversimque tenuiter striatâ, ex luteo-cœrules- cente macalis fuscis ornatâ ; aperturâ albâ; labro intùs dentato, extùs haud marginato. Coquille ovale, oblongue, subcylindrique, terminée en haut par une spire peu élevée, obtuse, légèrement poin- tue, composée de six tours, dont l'extérieur forme à lui seul presque toute la longueur de la coquille. Ce tour est traversé de cinq à six bandes convexes dont les trois premières sont garnies de nodosités assez apparentes , qui disparaissent sur les bandes suivantes. Deux à trois stries transverses et espacées se voient entre ces bandes. Les stries longitudinales s'aperçoivent à peine. L'ouver- ture, qui occupe presque toute la longueur de la coquille, est blanche, alongée, très étroite, plus rétrécie vers le haut et un peu évasée à la base. Le bord droit est sans bourrelet extérieur, légèrement comprimé vers le haut, garni à l'intérieur d'une série de plis très prononcés. La columelle, presque droite, est chargée, aux deux tiers in- férieurs, de plis assez gros et de stries transverses nom- breuses. La couleur du fond de la coquille est blan- châtre ou bleuâtre, mêlée d'une teinte rousse, rembrunie sur le dos, et jaune clair sur les côtés. Les bandes et les tubercules sont plus fortement colorés ; les maculations des premières sont disposées en taches transverses , et les à 30 GENRE CASQUE. stries qui se trouvent entre les bandes sont aussi char- gées de lignes brunes en séries. Long. 2 pouc. 1/2. Larg. i5 lig. Habite les côtes du Pérou à Acapulco. Cette coquille est très remarquable par l'absence d'un bour- relet au bord droit ; ce bord, fortement rentré vers la partie su- périeure, occasîone en cet endroit de l'ouverture un rétrécis- sement considérable qui lui donne un fasciès cylindrique et tout particulier. Elle se rapproche du Casque Masséna, avec lequel sa coloration, la distribution des bandes, des stries et des tuber- cules, présentent une grande analogie, mais dont elle se sépare cependant d'une manière tranchée par la forme distinctive du bord droit que nous venons de décrire. Le bourrelet seul qui existe sur le Casque Masséna sans qu'on puisse en apercevoir aucune trace sur le nôtre, suffirait pour les distinguer. Le Casque sans bourrelet est aussi beaucoup plus petit, et la callosité du bord droit est, sur cette espèce, moins remarquable que dans la précédente. M. Valenciennes a donné une bonne description de cette co- quille dans le recueil à' Observations de zoologie de MM. Hum- boldt et Bonpland, 2« vol., p. 313. 11. CASQUE BONNET. Cassis testiculus, Brug. (Gollect. Mass. Lam. ) List., Gonch., t. 1 001, fig. 66. PL IX, fig. 17 ; et pi. IV, fig. 7, var. C. testa ovato-oblongâ, cingulatâ, crassâ, longitudinaliter striatâ, fulvo- rubente aut violacescente, maculis rubris furcatis transversïm striatis pictà; spirâ brevi, convexâ, mucronatâ; aperturâ angustâ, rugosâ. Coquille ovale, oblongue, épaisse, bombée, entourée sur elle-même, un peu rétrécie vers la base ; spire courte, obtuse^ formée de sept tours convexes, dont le dernier compose à lui seul presque toute la longueur de la co- quille. Celle-ci est couverte de plis longitudinaux assez fins, rapprochés et coupés par des sillons transverses, GENRE CASQUE. 21 Le dernier tour est entouré de bandes qui sont souvent contiguè's et sur lesquelles les plis sont plus fortement prononcés. L'ouverture est alongée et fort étroite ; le fond en est blanchâtre; sur les bords, qui sont d'un blanc rougeâtre, se voient des indications de bandes transverses dont la couleur devient d'un brun noir sur le côté externe du bord droit. Ce bord est épais, forte- ment denté sur toute son étendue à la partie interne, tandis que la partie externe, dont nous venons de parler, est relevée et forme un bourrelet. Le bord gauche consiste en une callosité ovale qui s'étend au-delà de la colu- melle; celle-ci est presque droite, garnie sur la longueur de plis transverses, dont les plus saillants sont ceux d'en bas. Les deux bords s'unissent vers le haut en formant une saillie, creusée comme un canal, laquelle est presque aussi élevée que le sommet de la spire. Cette coquille est ordinairement d'un fauve violacé, quelquefois tirant sur le rouge brun, et presque toujours parsemée de sept à dix rangs transverses de taches d'un rouge plus obscur que le fond. Long. 3 pouc. 1/2. Larg. 2 pouc. Habite les mers situées entre les tropiques et la côte d'Acapulco. Ce Casque, quia un peu la forme de certaines Cyprœa, est un des plus communs dans les collections. Nous donnons, pi. 4, fig. 7, une -variété d'un très grand individu, dont les petits plis longitudinaux et les sillons transverses ont presque complète- ment disparu, excepté à la base du dernier tour, où ils s'aper- çoivent encore, mais légèrement marqués. Ce tour, à la place des sillons, est couronné de sept ou huit gros plis longitudinaux qui ne se prolongent pas au-delà du milieu du dos; ces mêmes plis se remarquent quelquefois aussi sur les individus ordinaires, mais ils y sont toujours moins prononcés. La couleur de la variété est plus uniforme et d'un beau marron clair. * 22 GENRE CASQUE. 12. CASQUE BAUDRIER. Cassis vibex, Brdg. (Coll. Mass. Lam.) Bonatvni, Recr. 3, fig. i5i. PI. XI, fig. 20 et 20 a, var. C. testa ovato-oblongâ, levigatâ, nitidà, cinereocœrulescente vel achalina. spirae anfractibus convexiusculis 5 aperturâ levi; labro iafernè denlicalis muricato. Coquille ovale, oblongue, diaphane, assez mince, lisse, d'un cendré bleuâtre ou agate; spire médiocre, co- nique, composée de sept tours convexes ; le dernier assez grand, quelquefois aplati à la partie supérieure, avec une rangée de nodulations. La superficie de ce tour est quelquefois marquée de rides longitudinales et de bandes plus foncées que le fond de la coquille. L'ouver- ture est lisse, évasée, colorée de brun dans le fond, ter- minée à la base par une échancrure oblique marquée d'une tache d'un beau brun. Le bord droit est blanc, muni à la moitié inférieure de dents pointues, variables en nombre, suivant l'âge de l'individu ; à l'état adulte, il n'en existe plus que quatre ou cinq. Ce bord est fort large à la partie externe et orné de taches brunes. Le bord gauche consiste en une plaque assez mince, d'un blanc mat, ne formant saillie au dehors qu'à la base. La columelle est cylindrique, lisse, rarement marquée à la base de quelques plis. Long. 2 pouc. 9 lig. Larg. 1 pouc. 6 lig. Habite la Méditerranée, les côtes de la Corse, la rive afri- caine et les rochers de l'Ile-de-France. La coloration de cette coquille varie souvent. On en trouve quelques individus qui sont ornés sur toute leur convexité de bandes roussâtres longitudinales et onduleuses. Nous représen- tons cette variété, pi. 11, fig. 20 a. On rencontre aussi fréquemment d'autres individus qui sont beaucoup plus petits que notre type et dont les derniers tours GENRE CASQUE. a3 de spire sont couronnés par des Modulations plicifères. Dans ces variétés, le bourrelet du bord droit est plus large, et la cal- losité du bord gauche plus fortement prononcée. Ces différences n'appartiennent vraisemblablement qu'à celle du sexe, et ces individus doivent être sans doute considérés comme des mâles. Quelquefois encore il existe, sur la convexité du dernier tour, à quelque distance du bord droit, une varice ayant la même dis- position de taches et de dents; ce qui indique l'existence de l'ouverture que nous avons citée. C'est à cette varice que le Casque baudrier doit son nom, et cependant elle ne se présente que rarement sur les individus de cette espèce. 13. CASQUE HÉRISSON. Cassis erinacens, Brug. (Gollect. Mass. Lam.) Bonanni, Recr. 3, fig. 1 5 2-1 53. PL XI, fig. 21 et 21 a, var. C. testa ovatà, longitudinaliter subplicatâ, anteriùs papillis coronatâ, griseo-fulvâ ; ullimo anfractu supernè angulato ; aperturâ levi ; labro crasso, infernè denticulis muricato. Coquille ovale, assez petite, courte, épaisse, blan- châtre ou grisâtre ; spire conique, formée de sept tours convexes, dont les derniers sont peu anguleux supérieu- rement et couronnés de tubercules plicifères; suture linéaire, bordée de taches roussâtres ; ouverture ovale un peu évasée. La lèvre droite est chargée à la partie in- terne de stries transverses, et sur le bord antérieur, de dents pointues qui finissent quelquefois par disparaître. La lèvre gauche et le reste de la coquille ressemblent complètement au Cassis vibex. Long. 1 pouc. 6 lig. Larg. 1 1 lig. Habite les mers des Indes-Orientales, la Nouyelle-Hol- lande. Celte coquille, que les auteurs ont établie comme espèce, ap- partient indubitablement à la précédente. Gmelin, dans son Sys- tema naturœ, p. 3479, n° 36 , est le seul qui ait soupçonné le rapport de cette espèce avec le Casque baudrier, dont elle n'est a4 GENRE CASQUE. en effet qu'une simple variété. Elle ressemble surtout d'une telle façon aux petits individus de ce Casque, qu'on ne peut lui trouver de différence avec eux que dans les tubercules plici- formes des tours de spire, lesquels sont plus marqués sur cette coquille, et cette légère distinction tient certainement aux lo- calités. On ne rencontre guère cette espèce que dans les mers de l'Inde. Il y en a quelques individus qui sont plus minces, un peu ventrus, et dont les tours de spire sont dépourvus de tuber- cules; je les considère comme des femelles. Dans ces derniers, les taches de la suture sont plus fortement prononcées, et sur la convexité du dernier tour se voient quatre bandes transverses, formées par des taches carrées de couleur roussâtre ; celles de la base sont plus apparentes ; la lèvre droite est aussi garnie de tubercules épineux à la partie antérieure du bord externe. "Voir notre pi. 11, fig. 21 a. 14. CASQUE PAVÉ. Cassis areola, Brug. (Gollect. Mass. Lam.) List., Gonch., t. 1012, fig. 76. PI. X, fig. 19. C. testa ovatâ, levi, nitidâ, albidâ, ventricosiusculâ, maculis fulvis qua- dratis tessellatâ ; spirâ brève conicà, decussalim striatâ ; columellà infernè rugosâ. Coquille ovale, lisse, un peu bombée ; spire pointue, peu élevée, composée de sept tours blanchâtres, et mar- quée de taches longitudinales de couleur fauve; le dernier de ces tours très grand, légèrement aplati, garni de stries à son extrémité supérieure ; orné de cinq rangs transverses de taches également fauves, le plus souvent carrées, ou en forme de croissant, et diminuant en grandeur à mesure qu'elles se rapprochent de la base ; à cette partie se font voir quelques stries transverses. Les tours supérieurs sont finement treillissés de stries élevées et interrompues à des in- tervalles inégaux par quelques bourrelets dont on ne voit que les sommités, le reste ayant été enveloppé successivement dans les autres tours. L'ouverture est ovale, alongée, d'un roux clair dans le fond de la cavité. Le bord droit, tra- GENRE CASQUE. a5 versé par des bandes roussâtres, est un peu renflé vers la partie moyenne de sa face interne, et garni de ce côté d'environ dix-huit à vingt plis fortement prononcés, qui se prolongent "dans la cavité ; il est en outre chargé d'un bourrelet légèrement aplati. Le bord gauche, adhérent au ventre de la coquille, s'élargit à la base qui est plus épaisse. Des plis transverses, nombreux, et quelquefois un peu grenus, couvrent toute la région de la columelle. La lèvre de l'avant-dernière ouverture forme une varice, et borde en partie la callosité de la lèvre gauche dans sa longueur. Long. 3 pouc. Larg. i pouc. i o lig. Habite l'Océan des Grandes-Indes et les Moluques. C'est une des espèces les plus remarquables du genre ; elle est appelée vulgairement Casque truite, à causé de la couleur un peu rougeâtre et de la distribution des taches, en séries trans- verses, dont elle est chargée. Le Musée de Paris en possède une variété tout-à-fait analogue, mais d'un cendré blanchâtre. 15. CASQUE ZÈBRE. Cassis zébra, Lamarck. (Coll. Mass. Lam.) List., Conch., t.ioi4, fig«78, pi. io,fig.i8. PI. X, fig. 18. C. testa ovatâ, levigatâ, infernè striatâ, albidâ, strigis longitndinalibns fulvis pictâ ; spirâ brève conicâ, decussatim striatâ 5 columellà infernè rugosà. Coquille ovale, lisse, ventrue, blanchâtre, ornée de bandes longitudinales, étroites, onduleuses, et de cou- leur fauve ; spire conique, faiblement alongée , com- posée de sept tours ; le dernier très grand , légèrement aplati, strié à sa partie supérieure, et plus fortement vers la base : dans le jeune âge, ces stries sont bien appa- rentes sur toute la convexité de ce tour. Les autres tours supérieurs sont treillissés par des stries longitudinales et transverses, un peu élevées, formant des rangées de Ïi6 GENRE CASQUE. granulations interrompues par trois à quatre varices , restes des anciennes ouvertures qui ont été enveloppées par les tours les plus extérieurs. L'ouverture est ovale, alongée, colorée d'un brun clair dans le fond de la ca- vité. Le bord droit est épais, aplati supérieurement, orné de bandes transverses rousses, et garni à sa partie interne de dix-huit à vingt plis saillants, se prolongeant un peu dans la cavité. Le bord gauche s'élargit en une lame mince sur le ventre de la coquille. Les plis trans- verses qui se trouvent sur la columelle, principalement vers la base, sont trèj prononcés et se continuent jusqu'au bord externe de la callosité. Long. 3 pouc. 1/2. Larg. 2 pouc. Habite FOcéan-Indien et celui des Moluques. Cette coquille se rapproche assez iotimement du Cassis areo- ld, pour laisser soupçonner, par la suite, sa réunion avec ce Casque, lorsque de nouvelles observations auront fait évanouir tous les doutes à ce sujet. Linné et ensuite Bruguière l'avaient ainsi envisagée ; Bruguière lui-même n'a pas hésité à la classer comme variété du Cassis areola (variété B). La seule différence de ces deux coquilles consiste en ce que le Casque zèbre est orné de bandes longitudinales au lieu de taches carrées, comme celui auquel nous le rapportons. Du reste, l'identité de ces deux Cas- ques est parfaite. 16. CASQUE TREILLISSÉ. Cassis decussata, Breg, (Gollect. Mass. Lam.) List., pi. io56, fig. 9, var. PI. IX, fig. 16 et 16 a, var. C. testa ovatà, penitùs decussata, cœruleo-violacescente aut virescenle ; strigis fuscescentibus longitndioalibns undulatis, continuisvel interruptis; spirâ brève conicà. Coquille assez épaisse, ovale, un peu alongée, comme déprimée par un bourrelet persistant qui est opposé à celui de l'ouverture. La couleur générale est d'un gris cen- GENRE CASQUE. 1J dré, avec des bandes longitudinales, ondulées, d'un brun clair ou roussâtre. Spire distincte, conique, treillissée par des stries transverses très serrées, qui sont coupées elles- mêmes à angles droits par d'autres stries longitudinales, et interrompues par quelques bourrelets variables en nom- bre, suivant le développement de la coquille; deux de ces bourrelets s'étendent en entier de chaque côté de l'ou- verture, mais les autres ne laissent voir que leur extré- mité supérieure. Ces bourrelets diffèrent de ceux des es- pèces analogues par deux plis élevés en forme de dents qui terminent chacun d'eux du côté de la spire ; ils sont blancs et d'un brun marron. L'ouverture est alongée, et le fond de la cavité est aussi d'un brun marron ; le bord droit épais, un peu aplati, garni dans toute la longueur de sa partie interne d'un grand nombre de stries trans- verses; le bord gauche, mince à sa partie supérieure et plus épais vers la base, qui est couverte de rides et de guttules transverses. , Long. 2 pouc. Larg. 14 lig. Habite la Méditerranée vers les côtes de la Corse ; et l'Océan Atlantique. Cette espèce est assez commune dans les collections ; et sa variété, qu'on rencontre aussi fréquemment, présente avec le type une différence digne d'attention : au lieu des bandes longitudi- nales qui sillonnent le dernier tour, elle est marquée de taches carrées, espacées et rangées en séries transverses, au nombre de cinq, d'une couleur roussâtre, lesquelles se continuent sur le bord droit, qui est blanc. B. Espèces à ouverture subovale , et à bord externe excavé. 17. CASQUE BEZOARD. Cassis glauca, Bbug. ( Coll. Mass. Lam.) List., Conch., t. 996, fig. 60. PI. V, fig. 95 pi. I, fig. 1, var.; et pi. XV, fig. 32 très-jeune. C. testa ovato-turgidâ, levi, glaucà; ultimo anfractu anteriùs subangulato ] 28 GENBE CASQUE. spirâ striatà, papillis coronatà, mucronatà; labro basi quadridentalo, hitùs croceo-fuscescéûte. Coquille ventrue, ovale, lisse, d'un gris glauque, quel- quefois ornée de bandes transversales, roussâtres, qui sont coupées elles-mêmes par de faibles bandes longitudinales, ondulées; spire mucronée, pointue, formée de sept tours aplatis supérieurement, couronnés d'une rangée de tuber- cules et garnis de stries saillantes. Le dernier tour est très grand et bombé. L'ouverture est subovale, colorée dans le fond de brun foncé ou violacé. Le bord droit est épais, excavé, recourbé en dehors, souvent aplati ou creusé en gouttière. Dans le jeune âge, il est marqué à l'intérieur de stries fortement prononcées qui quelquefois ne lais- sent plus apercevoir que de très petits tubercules. Il est aussi garni à la base de trois à quatre fortes dents très pointues. La lèvre gauche est large, un 'peu concave au milieu, et ressemble à une grande plaque dont la forme ovale occupe toute la longueur de l'ouverture ; le bord extérieur en est saillant et arrondi. La columelle est un peu convexe, marquée, vers sa partie moyenne et infé- rieure, de plis obliques et de rides transverses. La couleur générale de cette coquille est généralement d'un gris glau- que, quelquefois d'un gris clair. Les jeunes offrent quel- ques variétés. La plus remarquable est celle sur laquelle se voient sur la convexité du tour inférieur des bandes transverses d'un roux clair. Ces mêmes bandes se retrou- vent dans tous les individus de cette espèce sur le bord extérieur du bourrelet du bord droit, mais à peine indi- quées. Long. 4 pouc. Larg. 2 pouc. 1/2. Habite l'Océan-Indien et les Moluques. Ce Casque doit son nom à l'espèce de ressemblance qu'il offre avec le calcul qu'on rencontre souvent dans les viscères de quel- GENRE CASQUE. 2(j ques animaux. Les jeunes individus diffèrent essentiellement des adultes par des plis transverses qui couvrent toute la su- perficie du dernier tour, et se mêlent à de légers plis longitu- dinaux. Nous en avons donné un exemple dans notre pi. 15, fig. 32 ; nous avons de même fait représenter la variété à bandes, pi. l,fig. 1. L'animal de cette espèce est rougeâlre en dessus, jaunâtre en dessous, portant supérieurement une large bandelette de cou- leur minium, brune vers le milieu, laquelle entoure le pied en arrière et se trouve interrompue en avant, vis-à-vis les tenta- cules. L'opercule est rétréci, arqué, d'un bel orangé vif avec des stries rayonnées que viennent couper d'autres stries longi- tudinales. 18. CASQUE CANNELÉ. Cassis sulcosa, Brug. (Collect. Mass. Lam.) Bonanni, Recr. 3, fig. 159. PL XII, fig. 22-a3 et pi. XVI, fig. 33, var. 34 jeune. C. lesta ovato-ventricosâ, crassâ, cingulatâ, griseo-fulvâ, flammulis rufis maculalâ; cingulis latis rotundatis 5 spirâ exsertâ, conico-acutâ; anfractibus convcxis; columellà basi granosâ; labro margioato, crasso, intùs sulcato, rufo. Coquille ovale, ventrue, dont la surface extérieure est cerclée de petits plis transverses, un peu arrondis et rap- prochés ; spire médiocrement élevée, conique, aiguë, for- mée de huit tours distincts et convexes : le dernier très grand, surtout comparativement aux autres ; les supé- rieurs souvent striés et granuleux. L'ouverture est sub- ovale, blanche sur les bords, colorée de roussâtre dans le fond ; le bord droit marginé, quelquefois très épais au dehors, aplati supérieurement, et orné de bandes brunes transverses. La partie interne est blanche, garnie d'un grand nombre de plis qui se prolongent dans la cavité. La callosité du bord gauche, également blanche, est plus large et plus épaisse vers le bas, qui est chargé de plis et de granulations. La coloration, dans les individus à l'état parfait, est d'un gris fauve ou blanchâtre, avec des taches 3û GENRE CASQUE. et des flammules rousses. L'opercule est épais, demi-cir- culaire, et crénelé seulement sur le bord antérieur, d'où il part des sillons radiés qui se terminent à la base de la partie postérieure. Long. 3 pouc. 1/2. Larg. 2 pouc. 3 lig. Habite la Méditerranée vers les côtes de la Corse, la haute mer de Naples, de Tarente et de la Sicile, l'Océan des An- tilles, la nier du Sud et les côtes du Mexique. Cette coquille est remarquable, chez les individus adultes, Dar les sillons très-prononcés que je viens de décrire, et qui la ren- dent comme cerclée. Elle offre encore un exemple des dissem- blances frappantes occasionées par l'âge, le sexe et les localités; dissemblances qui changent l'aspect des coquilles d'une même espèce, semblent détruire leur analogie, et ne permettent de la reconnaître que par la comparaison d'une suite graduée d'indi- vidus. C'est par ces observations que j'ai été amené à regarder le Cassis granulosa de Bruguière seulement comme variété du can- nelé. Déjà Linné l'avait classé de cette manière, car la différence de profondeur des sillons est trop peu importante pour consti- tuer une différence d'espèce. Les jeunes s'éloignent tout-à-fait des adultes parla coloration. Ils sont lisses, diaphanes, sans plis transverses sur le dernier tour ; cependant quelques légères stries, à peine indiquées, com- mencent à paraître sur les tours supérieurs. J'ai fait figurer un de ces jeunes individus, pi. 16, fig. 34. Je lui ai laissé le nom de Casque granuleux, ainsi qu'à la coquille plus adulte, représentée pi. 12, fig. 23, laquelle était l'espèce type de Lamarck ; mais je crois lui rendre sa véritable place en le réunissant au Casque cannelé, auquel il appartient. En arrivant à un âge intermédiaire ou à un sexe différent, l'on trouve dans les individus de cette division les tours de spire obscurément treillissés, les maculations du dernier tour plus distinctes, et disposées en séries transverses. (C'est l'individu de la pi. 12, fig. 23.) Je crois devoir ranger parmi ces variétés les deux espèces éta- GENRE CASQUE. 3l blies par M. Valenciennes, sous le nom de Cassis centiquadrata et de Cassis doliata, dans le recueil d'Observations de zoologie de MM. Humboldt et Bonpland, p. 310 et 311. Les descriptions qu'en a données ce savant s'appliquent parfaitement aux coquilles que je viens de désigner comme variétés du Casque cannelé. Le Cassis bilineata de Blainville {Faune franc., p. 194), le même que le Buccinum bilineatum de Montagu {Test., Bres. y p. 244), et que le Buccinum decussatum de Pennant {Brit. Zool., tab. 79 , fig. inf.), me parait être un très jeune individu de l'espèce que j'examine ici. C'est en suivant attentivement tous ces passages qu'on arrive enfin à trouver que les cannelures fortement prononcées du type reparaissent d'une manière plus ou moins distincte sur les inter- médiaires, et établissent en partie leur analogie; de même, les granulations des tours de spire, la ressemblance plus ou moins éloignée de coloration, lors même qu'elle semble tout-à-fait dif- férente au premier coup-d'œil, la disposition à peu près semblable des taches, ne laissent plus de doute sur leur identité. Notre fig. 33 de la pi. 16 est encore un exemple de la varia- tion de cette espèce ; dans cette coquille, qui est plus raccourcie, les granulations de la partie supérieure du dernier tour de spire sont fortement prononcées. M. de Joannis, officier de marine, que la science zoologique compte maintenant parmi les savans qui l'enrichissent de nou- velles découvertes, a donné une description de l'animal de cette coquille, dans le Magasin de zoologie de M. Guérin (1834, l re liv., pi. 45). Cet animal est d'un bel aurore ; les bords du manteau par- ticipent à cette teinte qui devient alors plus claire. Le pied et l'organe buccal sont plus foncés et plus rouges. 19. CASQUE SABURON. Cassis saburon, Brog. (Gollect. Mass. Lam.) Bonanni, Recr. 3, fig. 20. PI. XIV, fig. 27. C. testa ovato-globosâ, transversim dense sulcatâ, immaculato-luteâ, inter- dùm rufà, maculis fulvis quadratis pictâ ; spirâ brevi, acutâ ; columellà in- fernè rugosâ; labro margine crenato. Coquille ovale, assez épaisse, globuleuse, couverte de petites cannelures transverses, nombreuses, très rappro- m 32 GENRE CASQUE. chées. La spire est conique, pointue, composée de sept tours convexes, peu élevés et assez granuleux. Le dernier a souvent une varice sur le dos, qui le traverse de haut en bas. L'ouverture est subovale, blanche sur les bords, colorée de brun dans le fond. Le bord droit est aplati au dehors, quelquefois garni de cinq taches brunes, et arrondi sur sa face intérieure, qui est fortement plissée en travers dans toute sa longueur. Le bord gauche s'étend comme une lamelle sur une partie du dernier tour. Il est plus épais vers la base et extrêmement rugueux à l'inté- rieur de cette partie. Cette coquille est tantôt d'un fauve obscur et sans tache, et tantôt rousse avec quatre ou cinq bandes de larges taches carrées d'une teinte plus foncée. Long. 2 pouc. 1/2. Larg. 20 lig. Habite la Méditerranée, les côtes de la Corse, les côtes de l'Océan aux environs de La Rochelle, et l'île de Gorée. Cette coquille a encore évidemment beaucoup d'analogie avec le Cassis sulcosa; elle en est même si peu distincte que je n'hé- site pas à la considérer comme variété de celui-ci. Martini l'a- vait classée dans les mêmes rapports, en la regardant comme variété du Cassis granulosa, qui est, à notre sens, la même espèce que notre Cassis sulcosa. Celui que nous venons de décrire sous le nom de Casque sa- buron est seulement plus petit que le Sulcosa, et les sillons transverses qui couvrent sa coquille sont un peu plus nombreux et plus rapprochés que ceux de ce dernier. 20. CASQUE CANALICUIiÉ. Cassis canaliculata, Lam. (Collect. Mass. Lam.) Schub. et Wagn. Conchyl. cabinet, 1. 12, p. 67, pi. 223, f. 3079, 3o8o,3o8i,3o82. PI. XIV, fig. 28. C. testa ovatà, pellucidà, transversim sulcatâ, albido-roseâ, maculis luteo- lis transversim seriatis pictà; spirâ brevi; suluris canaliculatis ; columellà infeniè rugosâ; labro margine crenato. Coquille ovale, globuleuse, transparente, assez mince, * M GENRE CASQUE. 33 blanche, ou d'une teinte violacée, légère et diaphane, ordinairement marquée sur son tour inférieur de quatre rangs de taches jaunâtres ; quelquefois, mais rarement, ces taches se réunissent de manière à former des bandes longitudinales ondulées. La spire est conique, pointue, formée de six tours convexes, bien distincts. La suture est canaliculée et légèrement arrondie au bord extérieur. Toute la superficie de cette coquille est chargée de sillons transverses, nombreux et serrés. L'ouverture est sub- ovale, de couleur fauve clair en dedans ; les bords d'un blanc mat. Celui de droite est arqué, et forme au dehors un bourrelet convexe dont le bord intérieur est garni de petites dents aiguës qui s'étendent en nombre égal dans la cavité, sous la forme de petites stries. Le bord gauche est aplati, terminé en dehors par un rebord saillant, et épais vers le bas. La columelle est arquée, garnie dans sa longueur, et surtout vers la base, de quelques rides trans- verses. Long. 2 pouc. Larg. 14 lig. Habite les côtes de Ceylan. Cette espèce ressemble assez au Cassis saburon, mais les points de dissemblance qui la séparent de celui-ci sont remarquables : ce sont ses tours de spire canaliculés, et sa légèreté. De certains individus de cette coquille perdent les taches qui recouvraient leur surface, et souvent ne conservent plus pour coloration qu'un fond tout blanc ou un peu rosé. Shubert et Wagner ont figuré dans leur Conchylien-Cabinet, sous le nom de Cassis bisulcata, l'individu avec les taches très prononcées, dont nous venons de donner la description. 21. CASQUE RACCOURCI. Cassis abbreviata, Lam. (Collect. Mass. Lam.) List., Conch., pi. iooo, fig. 65. PI. XV, fig. Si. C. tcslà ovato-abbreviatâ, subglobosâ, decussalira striatà, albidâ, maculis 3 u 34 GENTtE CASQUE. in tris quadratis pictâ ; spirâ parvâ, subgranulosâ ; columellâ infernê grani- ferâ. Coquille ovale, bombée, courte, un peu globuleuse, treillissée sur toute sa surface par des stries longitudina- les, serrées et granuleuses, qui sont coupées par des sil- lons transverses, également rapprochés, lesquels forment, . par la manière dont ils sont disposés entre ces séries, un réseau très régulier. Le dernier tour est beaucoup plus développé que tous les autres ensemble. Il est chargé d'une varice longitudinale, parallèle au bord droit. L'ou- verture est subarrondie, le fond de la cavité d'un fauve clair. Le bord droit est épais, arqué dans sa longueur, recourbé et aplati supérieurement, garni de quatre à cinq taches un peu foncées ; quelques lignes jaunâtres s'y font remarquer aussi et disparaissent à la partie interne, qui est entièrement blanche et sillonnée dans toute sa lon- gueur de stries transverses. Le bord gauche, élargi, blanc, est mince à la partie supérieure, plus épais vers la base, qui est couverte de rides et de granulations. La columelle est faiblement arquée. La coloration de cette coquille est d'un blanc rosé, sur lequel ressortent avec agrément quel- ques taches jaunâtres et espacées, de forme carrée, assez régulières pour paraître former des séries transverses au nombre de quatre à cinq. Long. i81ig. Larg. i3 lig. Habite Ce Casque est le moins grand de tous ceux qui composent ce genre. Sa forme raccourcie, et l'entrecroisement des stries et des sillons qui enveloppent toute sa surface, lui assignent une place particulière au milieu des coquilles de cette série. Sur plusieurs individus l'on observe des granulations plus dé- veloppées, couronnant le dernier tour de spire. GENRE CASQUE. 35 22. CASQUE LACTÉ. Cassis lactea, Mûris. ( Collect. Mass. ) Yl. XVI, fig. 35. C. testa ovatà, brevi, globulosâ, levigatâ, albâ, intcrdùm obsolète rufes- ceute-maculosâ ; spirâ mucronatâ, acutà, anfractibus supernè planulatis, tu- berculosis, ultimo angulato, basi striato; labro dextro intùs denticulato ; co- Iiunellà basi granulosâ. Coquille ovale, courte, globuleuse, lisse, d'un blanc mat ; quelquefois cependant on aperçoit à la surface, des indications de légères taches roussâtres ; spire mucronée, pointue, formée de six tours un peu aplatis supérieure- ment, courts, et entourés près de la suture de petits tu- bercules arrondis. Le dernier tour est bombé; plane, anguleux à l'extrémité supérieure, garni vers cette partie d'unerangéede tubercules pliciformes assez nombreux, et quelquefois, mais rarement, de stries longitudinales appa- rentes. Vers la base de ce tour, la partie plane est cou- verte de sillons transverses. L'ouverture est subovale^ blanche, évasée près de la base. Le bord droit, fortement arqué dans sa longueur, est zébré et marqué de quatre à cinq bandes un peu rousses. La partie interne est chargée de stries nombreuses qui se prolongent un peu dans la cavité. Le bord gauche, aplati sur la columelle qui est faiblement arquée, forme une callosité large, blanche, épaisse, se détachant vers la base. Celle-ci est garnie de rides et de granulations. Long. 19 lig. Larg. n lig. Habite # C'est avec doute que nous établissons cette espèce, car nous n'avons pu la constater que sur un seul individu qui fait partie de la collection du prince Masséna. Cet individu m'a paru dif- férer assez du Cassis abbreviata pour l'en séparer; elle n'a point, * 36 GENRE CASQUE. comme celui-ci, de treillis sur le dernier tour, est plus évasée au bord droit, et se remarque surtout par l'angle que forme la série de ses tubercules vers la partie supérieure. 23. CASQUE SEMI-GRANDLEDX. Cassis semtgranosa, Lam. (Coll. Mass. Lam.) WooD.,Cat. of Shells, pi., suppl. 4> fig- 2 - PI. XIV, fig. ag. C. testa ovato-acutâ, infemè leviusculà, supernè granosâ, pallido-rufes- cente, dorso anteriùs longiludinaliter plicatâ, plicis granuliferis ; spirâ decus- satâ, granosâ ; labro edentulo, intùs rufesccnte. Coquille ovale, pointue au sommet, assez légère, un peu diaphane, de couleur uniforme d'un roux clair et pâle. La spire a sept tours convexes et séparés par une suture peu profonde ; les supérieurs sont ornés de stries longi- tudinales extrêmement fines, et de petites granulations en séries transverses qui forment une composition délicate et régulière. Le dernier tour est faiblement convexe, presque lisse, mais à sa partie supérieure presque entièrement cou- ronné de quatre à cinq rangées de petits grains noduleux placés aussi en séries transverses. Des plis longitudinaux se font remarquer à cette partie, et disparaissent verslemi- lieu de la convexité de ce tour ; quelquefois encore on y dis- tingue de légères stries transverses qui deviennent plus ap- parentes vers la base. L'ouverture est subovale, lisse, colo- rée de blanc sur les bords, et de roussâtre clair dans le fond de la cavité. Le bord droit est faiblement recourbé exté- rieurement, et sans indications de stries à la partie in- terne. Le bord gauche se confond avec la columelle, ex- cepté à la base, où il est un peu saillant. La columelle, peu arquée, est tronqifée à la base, et chargée à cette partie de plusieurs petits plis légers et obliques. Long. 2 pouc. Larg. i4 lig. Habite les mers de la Nouvelle-Hollande. 1 GENRE CASQUE. Z'] II ne sera jamais possible de confondre cette espèce avec une autre, tant ses caractères sont tranchés et faciles à saisir. Cette légèreté, ces granulations que nous venons de décrire, et qui, commençant à la partie supérieure du dernier tour, s'élen- deut ensuite sur toute la spire,- la font reconnaître au premier coup-d'œil. 24. CASQUE AGATHE. Cassis ackatina, Lam. (Gollect. Mass. Lam.) Wood, Catal. of Shells, pi. 22, fig. 22. PI. XIII, fig. 34. C. testa ovato-acutâ, ventricosâ, levissîmâ, nitidà, fulvo aut carneo-vio- lacescente, flummulis rubris ornatâ; spirâ brevij aperturâ dilatatà. Coquille ovale, un peu ventrue, brillante à la surface extérieure, complètement lisse, polie, fauve ou couleur de chair mêlée de violet pâle ; ces teintes variées sont géné- ralement disposées en bandes transverses et en bandes longitudinales faiblement ondulées, formées par des flam- mules ou des taches articulées brunes et rougeâtres, qui composent un système de coloration très agréable. Spire conique, aiguë, courte; tours, au nombre de six, arron- dis et rapprochés ; le dernier est grand et convexe. On aperçoit autour de la suture, qui est linéaire, une série de fascies brunes un peu alongées. L'ouverture est sub- ovale, rétrécie vers le haut, fauve en dedans; le bord droit arqué dans sa longueur, légèrement relevé exté- rieurement, traversé par sept «à huit bandes brunes, et denticulé très finement à sa partie interne ; quelquefois même il est complètement lisse. Le bord gauche se con- fond avec la columelle; cependant sa coloration d'un jaune clair le distingue de celle-ci, et vers la base il de- vient plus bombé et plus épais. La columelle est oblique, et porte à la base quelques petits plis irréguliers. Long. 2 pouc. 3 lig. Larg. 18 lig. Habite les mers de la Nouvelle-Hollande. 38 GENRE CASQUE. Jolie espèce, bien facile à distinguer par sa surface lisse, et par l'élégante variété de sa coloration. 25. CASQUE DE CEYIAN. Cassis Zeylanica, Lamarck. (Collect. Mass. Lam.) Favanne, Gonch., pi. 26, fig. 1-2. PI. XIII, fig. 26. C. testa subturbinatà, ventricoso-globosâ, crassiusculâ, levi, albidâ, inler- dùm rufo-nebulosâ, transversim albomaculosâ; ultimo anfractu anteriùs au- gulato, biseriatïm tuberculato 5 spirâ brevi, basi planulalà \ labro raargi- nato, crasso, intùs rufescente. Coquille suLturbinée, ventrue, globuleuse, un peu épaisse, lisse, blanchâtre, quelquefois d'un roux nébu- leux avec des taches blanches rangées en séries transver- ses ; spire courte , composée de six tours, le dernier très grand, aplati supérieurement et couronné de deux rangées trans verses de tubercules saillants. L'avant-dernier tour est aussi chargé de tubercules qui, souvent, sont plus apparents vers le bord de la suture. L'ouverture est sub- ovale, colorée dans le fond de roussâtre ou de brun. Le bord droit est épais, lisse, recourbé en dehors et un peu aplati, traversé par des bandes violacées qui se détachent sur un fond blanc. La columelle est convexe, lisse. La lèvre gauche est blanche, épaisse, et forme une callosité sur le ventre du dernier tour. Chez les très jeunes indi- vidus, le bord interne de la lèvre et celui de la columelle sont faiblement crénelés. Long. 3 pouc. Larg. 2 pouc. 3 lig. Habite les mers de Ceylan. Cette espèce est bien remarquable par sa forme globuleuse et par les deux séries de tubercules qui couronnent le dernier tour de spire. Il arrive, mais très-rarement, que certains petits indivi- dus sont plus colorés et peints d'un plus grand nombre de taches blanches. Ceux-ci n'ont qu'une seule rangée, peu apparente, de très petits tubercules. GENRE CASQUE. 3g 26. CASQUE POIRE. Cassis pyrum, Lam. ( Collect. Mass. Lam. ) PI. XIII, fig. 25, et pi. XV, fig. 3o, var. C. testa ovato-ventricosâ, subturbinatâ, levigatâ, basi stria ta, varie colo- ratà, plerùmque rufescente, interdùm transversîra fusco-zonatà ; ultimo an- fractu penullimoque anteriùs obtuse angulatis, ad angulum nodulosis ; spirâ exsertâ, anfractibus superioribus convexis, striatis; aperturâ dilatât», basi obsolète stria ta. Coquille ovale, subturbinée, ventrue, globuleuse, lisse, assez légère, pointue au sommet ; spire composée de six tours un peu convexes, dont les parties supérieures sont garnies de stries superficielles fines et transverses. Les trois derniers surtout sont très distincts par une rangée de tubercules striés près de la suture. Celle-ci est simple et peu profonde. Le dernier tour est grand, ordinaire- ment lisse sur le milieu, couronné de tubercules légère- ment plicif ormes et présentant à la base quelques sillons transverses. L'ouverture est subovale, fauve à l'intérieur, les bords en sont blancs ; celui de droite est faiblement relevé, marqué de petites taches brunes, très rarement strié à sa partie interne. Le bord gauche est terminé en dehors par une callosité aplatie, lisse, épaisse vers le bas, et sous laquelle est située une espèce d'ombilic. La colu- melle n'est chargée que de plis obliques peu saillants. La couleur de cette coquille est variable ; souvent elle est uniformément roussâtre, d'autres fois elle est accompa- gnée sur le dernier tour de zones transverses, au nombre de quatre à cinq, lesquelles sont formées par des fascies ondulées, assez ordinairement d'un brun clair. Long. 2 pouc. 1/2. Larg. 20 lig. Habite les mers de la Nouvelle-Hollande. ^O GENRE CASQUE. Cette espèce a beaucoup d'analogie avec le Cassis zeylanica. Elle eu diffère par un peu moins de volume, plus de légèreté, plus d'alongement de la spire, et enfin par son unique rangée de tubercules sur le dernier tour. DIVISION DES CASQUES EN DEUX GROUPES. ESPECES A OUVERTURE LONGUE ET A BORD EXTERNE PRESQUE DROIT. f C. Triangulaire. I — Flambé. — De Madagascar. — Tricoté. — Fascié. — Frangé. — Plicaire. — Rouge. — De Masséna. — Sans bourrelet. — Bonnet. {• — Baudrier. — Hérisson. — Pavé. — Zèbre. — Treillissé. C. Tuberosa, Brug. — Flammea, Brug. — Madagascariensis, Lam. — Cornu ta, Brug. — Fasciata, Brug. — Fimbriata, Quoy et Gaimard. — Plicaria, Lam. — Rufa, Brug. — Masseuse, JYoèis. — Coarctata, Wood. — Testicuhis, Brug. — Vibex, Brug. — Erinaceus. — Areola, Brug. — Zébra, Lam. — Decussata, Brug. ESPÈCES A OUVERTURE SUBOVALE ET A BORD EXTERNE EXCAVÉ. C. Bezoard. ' — Cannelé. — Granuleux. ' — Saburon. — Canaliculé. — Raccourci. — Lacté. — Semi-granuleux. — Agate. — De Ceylan. — Poire. C. Glanca, Brug. — Sulcosa, Brug. — Granulosa, Brug. — Saburon, Brug. — Canaliculata, Brug. — Abbreviata, Lam. — Lactea, JYobis. — Semi-granosa, Lam. — Achatina, Lam. — Zeylanica, Lam. — Pyrum, Lam. Dans ce tableau nous indiquons par une accolade les espèces déjà décrites que nous pensons devoir être réunies, et n'être envisagées que comme variétés. %• CASQUES PI. i. Casque Ixv.oni* jeune. Publié par J.B Baillière et fils Baris • THF llWJlB OF ÎHE UWYEP.SiïV UF ILL183IS CASQUES IM ■z. Casque de Madagascar â Casque tricote Publié par J. B. Baillière et fils, Parts THE LNM1! of m BHWEBSiïï OF Ï01WB CAS 01 ES 1M. 3 4. Casque triangulaire 3. Casque flambé 5 a . Casque flambé très jeune . Publié par J.B, Baillicre et fils, Paris. the imm OF IHE iîJ!iV£?.Siîï ^r lOTQIS < A SOI K.S <> • ( asque lranov ~ • Casque bonne) var 1 . 1 ' p«r i B feiftiàceet fils Pans THE LWABY GF (HE UîîiVEF.SiT'/ OF I^USmS CASÇTES PI m m nr« S C'asqire fîtseié Q Casqueljezofli' Publié par J. B. Baillière et fils, Paris THE UMMlty CASQUES PI. 6 10 Casqireûaiiïbe n^f^my. ax. Casque plicaire Publié pa.r J. B. BailUère et fils Paris. »... » «••«•' * • CASOTIES PI •7- 12 Cas crue ïoxlp e D i5 Casqxie xoruL^e Jexuie . Publié par J. B. BailUèce et fils, Paris. THE L1MMW OFTHE CASQUES PI. « iÔ / a Casque lioillisso var . I n . Casque Uoiinel • PuSiépM THE LWMlï OFTtiE B1WERSITÏ OF ILUHOIS ( 'ASOI KS IM. io. 18. ( asque fceore «' * PoMii car J. B. BalUvére et fil», &*» AIE UBHWW OF THE mimn oh**» ( A SOI K.S IM. M 1 ii ♦v « ■2 Q . Caa jue b aodrier . _' 1 . ( <1S jae hérisson ■ iio a- Casque baudrier var. a i a Casque hérisson var . .W /'/.■ :*. the wmiy .. . ♦' < ASOl KS 1M aa • Casque Cannelé u~> • Casque granuleux Eubliè par J, B. Bai.lli.ere et fils, Paris , THE UBlttlT OFÏHE B!*H£RSiT/ £F IE.88CSS CASÇ1 F.S PL i3 a4 Casque aoatlio 20 Casque poire «G Casque de Cejlan. Publié par J. B. Ba.Ulière et Kl», Pans. THE UHBMIY OFTKE iimiucoçjtv ■-: ruîîStS CASQUES Pi. 14. 7. Casque Sabaron . 28. Casque Canaliculé ag. Casque seim - jvrnuuleux . Publié par J B.Baillière et fils, Pans THE L1BMRY OF THE ( \SOl l.S PI. l&. 3a :u> ■t 9 •rn -x& y Nu* Ca»qu« poire jeune. 7m ■ Casque parcoure ~>2 . Casque BézOUT 1res jeune , Publié car J.B BaUlière et fila, Paris THE IWURY OFTHE Q8WEBSITÏ OF n:t$3l$ CASQUES PI. 16, 33 fit !:• W") 5. Casque granuleux var!° 34- Casque granuleux jeune 35. Casque Lacté. Public par I, B.Baillière et fils, Paris. the iienw ÛF THE OTEnsiïY of nuisis L9 GENRE TOUNE. (DOLIUM, Lamarck.} Coquille mince, ventrue, bombée, le plus souvent globuleuse, rarement oblongue, cerclée transversalement. Spire courte. Bord droit crénelé, et quelquefois denté dans toute sa longueur. Ouverture oblongue, très am- ple, échancrée inférieurement. Columelle canaliculée. Point d'opercule. Testa tenuis, ventricosa, iaflata, saepiùs subglobosa, rarô oblonga, trans- verslm cingulata. Spira brevis. Labrum per totam longitudinem dentatum vel crenatum. Apertura oblonga, amplissima, basi emarginata. Operculum nul- lum. Animal énorme, pouvant à peine être contenu dans sa coquille; la tête est large, renflée en avant, portant deux tentacules longs, déliés, obtus, écartés, dilatés vers la base, où les yeux sont placés. La bouche est grande, musculeuse, forte et rétractile. Le siphon respiratoire est assez gros ; la cavité en est vaste, largement ouverte, pourvue de deux branchies placées du côté gauche, dont la plus grande décrit un demi-cercle assez long. La trompe est cylindrique, très développée, flexible, pouvant se diriger dans tous les sens, selon la volonté de l'animal, et s'alonger d'une manière remarquable ; elle est garnie intérieurement de plusieurs rangs de crochets. Le pied est ovale, grand, charnu, débordant la coquille de toutes GENRE TONNE. parts; il est arrondi, élargi, lobé et dilaté en avant, avec un sillon horizontal. L'extrémité postérieure n'a aucune trace d'opercule. L'organe générateur du mâle est très rétractile, comme chez les Buccins. Presque toutes les espèces qui forment le genre Tonne avaient encore été regardées par les anciens conchyliologistes, et princi- palement par Linné, comme des Buccins, à cause des rapports généraux qui lient ces coquilles entre elles. Cet auteur avait rap- proché celles que nous décrivons ici, de manière à en composer un petit groupe particulier qu'il avait placé en tête de son grand genre Buccin, en les faisant suivre des Cassis. Cependant avant lui d'Argenville, observant la forme identique de ces coquilles et leur distinction assez tranchée des espèces avec lesquelles elles étaient confondues, eut le premier l'idée de les en séparer et de les distinguer sous le nom de Tonnes. Mais ce fut encore Lamarck qui posa nettement les limites de celle séparation et présenta aux conchyliologistes la formation précise du genre, dès-lors fixé dans la science. En effet, les coquilles qu'il comprend ont une forme assez particulière, pour qu'il s'oit difficile de se mé- prendre à leur égard. Le genre Tonne renferme un petit nombre d'espèces dont quel- ques-unes atteignent un accroissement si remarquable, qu'elles ont quelquefois la grosseur de la tête d'un homme. L'ensemble général de la coquille, d'une forme bombée et ramassée, rappelle en effet l'image d'une tonne, d'où elle tire son nom générique. Ainsi, les caractères qui constituent ces espèces dérivent tous de cette forme plus ou moins renflée, cerclée et très globuleuse ; la spire étant beaucoup plus courte que le tour inférieur, ce qui produit l'ampleur de l'ouverture, laquelle occupe presque tou- jours les deux tiers de la longueur de la coquille. Denis Montfort, dans sa Conchyliologie systématique, a divisé les Tonnes en deux groupes : il comprit dans le premier les es- pèces ombiliquées, qu'il nomma les Perdrix; le second renferma les Tonnes proprement dites, c'est-à-dire les espèces non ombi- liquées. Cette différence, qui n'est qu'apparente, est produite par le développement du bord gauche, car l'ombilic existe toujours, GENRE TONNE. quoique plus ou moins prononcé. M. Cuvier, dans son Règne ani- mal, conserve les deux divisions de Montfort; mais, selon son système, il fait encore des Tonnes un des nombreux sous-genres des Buccins, les ramenant ainsi presqu'à l'état où Linné les avait laissées : il les place entre les Harpes et les Buccins. M. de Blain- ville les a rangées dans sa famille des Entomostomes, entre les Harpes et les Cassidaires. Ce savant les divise en trois sections : 1° les espèces à forme ovale, spire assez saillante, bord droit tou- jours mince, telles que le Dolium perdix et le rufum (je ne con- sidère cette dernière espèce que comme une variété de la Perdue ou comme un individu fruste) ; 2° celles à spire courte, plus ova- les et plus globuleuses, dont la Galea et YOlearium offrent des exemples; 3° les Tonnes cassidiformes, toujours ovales, mais plus ou moins globuleuses, avec les côtes très espacées, le bord droit rebordé et la columelle tordue à son extrémité, telles que les Do- lium maculatum, fasciatum, variegatum et pomum. M. Latreille, dans son ouvrage {Familles naturelles), comprend les Tonnes, les Harpes et plusieurs autres genres dans une même famille de l'ordre de ses Gastéropodes, à laquelle il donne le nom de Doliaires. Je partage sous quelques rapports l'opinion de ce savant, c'est-à-dire que le rapprochement qu'il fait des Harpes et des Tonnes me semble naturel et fondé sur un caractère très im- portant, celui de l'absence de l'opercule dans l'un et l'autre genre. Or, je pense qu'ils doivent former, non une famille, mais une di- vision à part, et c'est ainsi que je les classerai parmi les Purpu- rifères, dont ils doivent certainement faire partie, en raison de leur affinité avec tous les autres genres compris dans cette fa- mille. Je conserve à ma division l'appellation de Doliaire, car j'é- carte de la famille du même nom les genres Licorne, Concholepas et Pourpres, que je reporte dans celle des Buccinoïdes du même auteur. Quant aux divisions que M. de Blainville a établies parmi le genre que j'examine ici, je pense qu'elles sont fondées sur des ca- ractères trop variables et trop superficiels pour qu'il me soit pos- sible de les adopter. Je les ai remplacées par les deux groupes dont j'ai déjà parlé et que j'ai ainsi caractérisés : le premier, à bord droit, toujours mince et ondulé; le second, à bord droit plus ou moins élargi en bourrelet, et assez fortement denticulé. J'ai cru devoir joindre à mon second groupe une coquille que M. Valen- 4 GENRE TONNE. tiennes avait établie sous le nom de genre Malea {Recueil d'obser- vations de Zoologie, Humb. et Bonpl., page 325), et qui, réunis- sant tous les caractères observés dans les Tonnes, doit naturelle- ment reprendre sa place parmi celles-ci sous le nom de Dolium latilabre. Dans le même ouvrage, ce savant appelle aussi Malea crassilabris une coquille que je regarde comme variété de la pre- mière ; les seules différences .que cet auteur lui-même a pu y trou- ver consistent dans la petitesse de l'individu, dans la spire qui est un peu plus prononcée, et dans l'épaisseur du bord droit, carac- tères qui me paraissent trop peu spécifiques et trop variables pour déterminer une séparation d'espèce. Nous retrouverons également dans cette série le Dolium pomum qui se rapproche infiniment du Dolium latilabre par la forme de son ouverture, par les rides qui existent sur la columelle, et principalement par le bord droit, qui est élargi et chargé à sa partie interne de plis ou dentelures très fortement prononcées. Les animaux des Tonnes sont en général fortement colorés et peints de diverses teintes qui forment des bandes et des ma- culations sur toute leur partie externe. On rencontre souvent ces animaux dans les eaux vives et sur des fonds rocailleux ; leurs mouvemens sont brusques. Les espèces qu'on voit sur nos côtes s'y montrent vers le printemps et l'été : les autres espèces habi- tent les pays chauds. A. Espèces à bord droit toujours mince et ondulé. 1. TONNE PERDRIX. Dolium per dix, Lam. ( Gollect. Mass. Lam. ) List., Conch., t. 984, fig. 43. PI. V, fig. 9. D. testa ovato-oblongâ, inflatà, tenui, fulvo-rufescente, maculis albis Iana- tisque séria tî m notatâ ; costis convexkisculis, confertis 5 spirà exsertiasculâ, conicâ. Coquille ovale, oblongue, ventrue, assez mince, d'un brun roussâtre, agréablement variée de taches blanches GENRE TONNE. 3 en séries transverses, la plupart semi-lunaires et plus ou moins écartées ; spire un peu saillante, conique, pointue, composée de cinq à six tours qui sont garnis de côtes nombreuses, souvent élargies, faiblement convexes, et séparées par des sillons à peine apparents 5 suture très prononcée, légèrement canaliculée vers le dernier tour. L'ouverture est grande, subovale, marquée de bandes transverses peu saillantes qui correspondent aux sillons de l'extérieur. Le fond de cette cavité est de couleur fauve. Le bord droit est mince, évasé, un peu ondulé, et orné d'une bande blanche dans toute la longueur de sa partie interne, à l'exception du tranchant qui est d'un brun foncé. Le bord gauche est étendu sur le ventre de la coquille ; il est très mince, transparent et terminé en bas par un feuillet saillant qui recouvre l'ombilic et sem- ble même en composer une partie. La columelle est lisse, luisante, et forme à la gauche de l'ombilic une grosse côte, marquée de stries transverses, laquelle se termine à l'é- chancrure de la base. Long. 5 pouc. Larg. 3 pouc. 1/2. Habite la Manche, la Méditerranée, les mers équatoriales, les mers de l'Inde, d'Afrique et d'Amérique. Cette coquille se fait remarquer par sa forme ordinairement plus alongée que celle des autres espèces, et surtout par sa colo- ration, qui rend les côtes transverses comme émaillées de petites taches blanches, la plupart arquées en forme de croissant. Le mollusque de cette coquille habite les eaux vives et paraît assez prompt dans ses mouvements. Le fond de sa couleur est un blanc bleuâtre , couvert de taches irrégulières d'un brun rouge tirant sur le violacé; le pied est coloré de la même manière en dessous, mais en dessus il est sillonné de larges bandes trian- gulaires rayonnantes. Les tentacules sont doublement annelés de brun. Ô GENRE TONNE. 2. TONNE PELURE D'OIGNON. Dolium olearium, Lam. (Collect. Mass. Lam.) Rumph. Mus., t. 27, fig. D. PI. I.fig. 1. D. testa ovato-globosà, ventricosâ, tenui, fulvo-rufescente ; costis latis, complanatis, sulco impresso separatis; anfraclibus propè suturas canali- culatis. Coquille assez grande, ovale, globuleuse, ventrue, mince j spire conique, formée de six tours convexes, très distincts, chargés à leur surface externe de côtes larges, plates, peu élevées, séparées par des sillons étroits et peu profonds. Les tours de spire sont creusés par une suture profonde, canaliculée. Le dernier tour est très ventru et arrondi. L'ouverture est grande, subovale, colorée dans l'intérieur de roussâtre, et marquée de côtes transverses correspondant aux sillons du dehors dans la même pro- portion. Le bord droit est dilaté, ondulé, teint de noir ou de brun foncé sur le tranchant. La lèvre gauche est blanchâtre, étendue en plaque très mince sur le ventre du dernier tour. La columelle est semblable à celle de l'espèce précédente. La surface extérieure de cette coquille est d'un fauve roussâtre uniforme ; cependant les côtes sont variées de larges maculations ou taches irrégulières brunes et blanches qui sont très remarquables. Long. 5 pouc. Larg. 4 pouc. Habite l'Océan des grandes Indes et les Antilles. Cette espèce, très commune dans les collections, est presque diaphane dans le jeune âge; alors les côtes transverses de la GENRE TONNE. 7 surface ne sont indiquées que par des lignes d'une teinte un peu plus foncée. Le nom latin qui lui a été donné est tiré de l'usage auquel,on l'emploie dans quelques pays: on s'en sert pour puiser de l'huile. L'animal est uniformément d'un rouge brun clair sans macula- tions, et ses tentacules cerclés vers la pointe d'un large anneau rouge brun. Le dessous du pied est d'un violacé sombre, avec le bord liséré de brun foncé. 3. TONNE CANNELÉE. Dolium galea, Lam. (Gollect. Mass. Lam.) List., Conch., t. 898, fïg. 18. PI. N, fig. 2. D. testa maximà, ovalo-globosâ, ventricosissimâ, umbilicalâ, tenui, albido- fulvâ ; coslis convexis, anteriùs alternis minoribus 5 anfractibus propè suturas incurvato-excayalis, canaliculatis. Coquille souvent très grande, ovale, globuleuse, assez légère, très ventrue, sillonnée transversalement de nom- breuses côtes convexes, alternées elles-mêmes par d'autres côtes plus petites qui ne sont apparentes que sur les deux ti ers supérieurs ; les sillons qui les séparent sont très ap- parents. Suture canaliculée; spire peu élevée, formée de six tours arrondis et convexes; l'inférieur forme à lui seul presque toute la coquille. L'ouverture, très grande, colorée de fauve clair dans le fond, présente des côtes transverses lisses, dont les sept ou huit premières sont accouplées de deux en deux. Le bord droit est blanc, terminé par un évasement festonné, et quelquefois creusé en canal peu profond. Le bord gauche, quand il est ap- parent, ne consiste qu'en un feuillet lamelleux. La colu- melle est torse, et s'alonge en spirale ; elle est saillante, 8 GENRE TONNE. marquée à l'extérieur de cinq à six côtes longitudinales, et se prolonge jusqu'à l'échancrure. Toute la surface de cette coquille est d'un fauve pâle, entremêlé, sur quelques individus, de légères teintes brunes ou marron. Epiderme très mince et brun. Long. 6 pouc. Larg. 4 pouc. 1/2. Habite la Méditerranée, vers les côtes de France et de la Corse; et l'Adriatique. C'est principalement cette espèce , parmi les Tonnes , qui ac- quiert un si ample volume, qu'on en cite des individus ayant la grosseur de la tête d'un homme. On la trouve dans les fonds cal- caires et même un peu fangeux. On la rencontre communément sur les côtes, de même que la précédente, à l'approche du prin- temps ou de l'été. 4. TONNE TACHETÉE. Dolium maculatum, Lam. (Collect. Mass. Lam. ) List., Conch., t. 899, fig. 19. PI. III, fig. 4. D. testa ovato globosâ, venlricoso-inflatâ, tenni, griseolâ; costis convexis, distantibus, fulvo aut rufo maculatis ; interstitiis stria prominulà divisis. Coquille ovale, globuleuse, ventrue, mince ; spire or- dinairement courte, formée de six tours légèrement aplatis supérieurement ; le dernier très grand et très con- vexe. Tous ces tours sont cerclés par des côtes larges et distantes, peu convexes, au nombre de dix sur le dernier tour; d'autres, plus étroites, sont placées alternative- ment entre les sillons qui sont larges et très légèrement striés. La surface de cette coquille est d'un blanc un peu GENRE TONNE. g grisâte, et quelquefois rosé ; ornée, sur les côtes, de ta- ches alternativement blanches et rousses, souvent même oran gées, qui, disposées ainsi en séries régulières, offrent un dessin élégant. L'ouverture est très grande, colorée dans le fond d'une teinte marron. Le bord droit est mince, évasé, cannelé- dans l'intérieur, et le tranchant en est blanc et ondulé. Le bord gauche ne s'aperçoit que faiblement vers la base, où il forme une partie de l'om- bilic, qui est à peine développé. La columelle es\ tordue en spirale et garnie à l'extérieur, jusqu'à l'échancrure de la base, de côtes longitudinales. Long. 5 pouc. Larg. 3 pouc. 1/2. Habite l'Océan des grandes Indes, les côtes de Coroman- del , de Ceylan, et la côte occidentale d'Afrique. On nomme vulgairement cette espèce le Tonneau; elle est fort grande. Ses côles larges et distantes, ses sillons également élargis, la font aisément reconnaître. 5. TONNE PANACHÉE. Dolium •variegatum, Lam. ( Gollect. Mass. Lam. ) PI. II, fig. 3 et 3 a jeune âge. D. testa ovato-globosâ, ventricosâ, umbilicatâ, tenui, albb et rufo varie- gatâ ; costis couvexis, confertis, aliis albis rufo-maculatis, aliis rufis ; spirâ brevi- Coquille ovale, globuleuse, ventrue, mince ; spire com- posée de six tours convexes, légèrement séparés par une suture peu profonde, et chargés de côtes transverses ar- rondies qui sont très rapprochées. Le tour inférieur com- pose à lui seul presque tout le volume de la coquille ; on IO GENRE TONNE. compte, sur la surface de celle-ci, vingt à vingt-six côtes tranverses, parmi lesquelles, chez les individus adultes, s'en trouvent d'autres plus petites qui sont alternative- ment disposées entre les premières vers la partie la plus élevée. Toutes ces côtes sont séparées par des sillons qui n'ont pas tout-à-fait la même largeur. L'ouverture est large, grande et ovale; les bords en sont blancs et le fond roussâtre. Le bord droit, terminé par un évasement festonne, est creusé en canal peu profond. Le bord gauche est blanc, mince, appliqué sur le ventre du dernier tour, et forme une partie de l'ombilic. La columelle est torse, en forme de spirale. La coloration de la surface extérieure est blanchâtre, Variée de roux, et couverte, sur les côtes transverses, de taches irrégulières qui forment quelquefois des bandes longitudinales ou en zig-zag, de couleur plus foncée. L'épiderme est léger et roussâtre. Long. 4 pouc. Larg. 3 pouc. Habite les mers de l'Inde, l'Ile-de-France, les côtes de Ceylan et de la Nouvelle-Hollande. Cette espèce a quelques rapports avec le Dolium maculatum, mais ses cordelettes ou côtes, très rapprochées les unes des au- tres, la distinguent essentiellement de cette dernière coquille. Sur certains individus on remarque des côtes qui n'ont aucune autre teinte de coloration que celle du fond de la coquille. Les jeunes individus sont diaphanes et légèrement colorés par des maculations. ■ GENRE TONNE. II B. Espèces à bord droit plus ou moins élargi en bourrelet et assez fortement denticulé. 6. TONNE FASCIÊE. Dolium fasciatum, Lam. (Collect. Mass. Lam.) Seba, Mus. 3, t. 68, fig. 17. PI. III, fig. 5; et pi. IV, fig. 6, var. D. testa ovato-ventricosâ, tenuiusculà, albâ, fasciis quatuor fulvo-rufis ver- sùslabrum evanidis cinctâ; costis convcxo-planis, plerisque conferlis, supre- mis remotiusculis ; labro intùs dentato, ex tùs marginale Coquille ovale, ventrue, mince, blanchâtre, avec quatre à cinq bandes espacées d'un fauve roussâtre, se prolon- geant rarement jusqu'au bord droit ; il n'en existe qu'une seule sur les deux tours supérieurs au dernier. La spire est brune au sommet, et formée de six tours convexes, cerclés par des côtes saillantes assez étroites, égales, rap- prochées, aplaties, et un peu plus distantes vers la partie supérieure 3 elles sont séparées par des sillons peu pro- fonds. Deux des tours supérieurs sont comme treillissés par des entrecroisemens de stries. Suture un peu aplatie et faiblement canaliculée. L'ouverture est ovale, blanche, colorée de roux dans le fond. Le bord droit est arqué, et offre à l'extérieur un bourrelet saillant, qui est crénelé en dehors par la saillie des côtes, onde à la partie externe, et denté à l'intérieur. La columelle est tordue ; et sur quel- ques individus s'aperçoivent plusieurs crénelures vers la base du bord gauche qui recouvre une partie de l'ombilic. L'épiderme est mince et roussâtre. Long. 5 pouc. Larg. 4 pouc. Habite l'Océan des grandes Indes. 11 GENRE TONNE. Cette coquille est bien distincte des précédentes par la forme du bord droit, qui est élargi et denticulé, et par la disposition des bandes transverses fauves qui s'arrêtent presque subitement aux deux tiers de la coquille sans arriver jusqu'à ce même bord. Certaines coquilles de la même espèce, qui paraissent appar- tenir à des individus femelles, sont plus ventrues ; le bord droit en est moins élargi, les dents situées à la partie interne sont moins apparentes, tandis qu'au contraire celles qui se trouvent sur le tranchant se voient bien distinctement, surtout vers la base. Une variété de cette espèce, que nous avons fait représenter pi. 3, fig. 5, ne présente plus de dents à la partie interne du bord droit, ni de bandes brunes apparentes sur la convexité des tours. Les côtes transverses sont aussi plus espacées dans cet individu, surtout vers la partie supérieure des deux derniers tours, ce qui est occasioné par la disparition presque complète de la seconde côte de cette même partie, laquelle ne laisse plus qu'un faible in- dice de coloration. 7. TONNE CASSIBIFORME. Dolium pomum, Lam. (Collect. Mass. Lam.) List., Conch., pi. 792, fig. 45. PI. V, fig. 8. D. testa ovato-inflatâ, crassiusculâ, albâ,luteo-maculatâ 5 cosris convexius- culis, latis, confertis; spirâ brevi; aperlurâcoarctatà, utrinquè dentalâ ; lahro crasso, extùs marginato. Coquille ovale, renflée, un peu épaisse, de couleur blanchâtre, variée et maculée de taches carrées, d'un jaune plus ou moins roussâtre, et alternées sur les côtes transverses par d'autres taches d'un blanc mat; spire courte, composée de six tours convexes, faiblement apla- tis supérieurement, cerclés de côtes également convexes, larges, peu distantes, et divisées par des sillons étroits, peu profonds. L'ouverture est un peu rétrécie, dentée GENRE TONNE. l3 sur ses deux bords, colorée de jaune dans le fond. Le bord droit, dilaté surtout vers la base, forme à l'extérieur un bourrelet convexe très épais, dont la partie externe est tranchante, ondulée, et la face interne garnie de dix à onze dents transverses,, écartées, semblables à des plis. Le bord gauche consiste en une plaque lisse, convexe et blanche qui garnit en partie le ventre de la coquille. La columclle présente une échancrure assez profonde, au- dessus de laquelle on remarque plusieurs gros plis trans- verses et quelques autres, en moins grand nombre, plus obliques et plus légèrement indiqués. Long. 3 pouc. Larg. 2 pouc. Habite la mer des Indes, vers les côtes de Ceylan, et les Antilles. ! Cette coquille, de même que la suivante, paraît s'écarter des espèces précédentes par le rétrécissement de son ouverture, et surtout par les plis transverses dont sa columelle est garnie; mais ces différences mêmes semblent les indiquer toutes deux comme propres à former le passage des Tonnes aux Casques, dont elles se rapprochent, sans en avoir le canal brusquement relevé, tandis qu'elles conservent en même temps toutes leurs autres affinités avec les Tonnes. L'animal, qui a été observé par MM. Quoy et Gaimard, présente les particularités de développement que nous avons signalées dans notre espèce type; seulement, le pied n'est point dilaté ni auri- culé en avant. La couleur de ce mollusque est d'un beau blanc, marqué sur le contour de flammes triangulaires d'un brun vio- lacé; les tentacules sont longs, déliés et pointus, tachés de brun, en forme de triples anneaux; la trompe est blanche, le siphon fort long, piqueté de brun et violacé à son extrémité. I/{ GENRE TONNE. 8. TONKE A LARGES LÈVRES. Dolium latilabre, Noms. • - . ■ (Collect. Mass.) Wood, Ind. Test., suppl., pi. 4, fig. I- Pl. IV, fig. i. D. testa ovato-globosâ, crassiusculà, albidà, longitudinaliter s tria ta 5 costis latis, complanatis, sulco impresso separatis ; labro dextro arcuato, di- latato, reflexo, dentibus sulciforaribus remotis ; columellà duobus tuberculis sulcatis, sulco impresso separatis, ornalâ. Coquille ovale, globuleuse, ventrue, assez épaisse ; spire pointue, formée de six tours dont les supérieurs sont légèrement convexes, peu développés, garnis de trois à quatre stries transverses, très apparentes, et ma- culés de taches brunes ; le dernier tour est très bombé, complètement entouré de quinze à vingt côtes égales, dé- primées mais légèrement arrondies ; ces côtes sont distan- tes entre elles par un sillon peu profond qui devient plus large entre les deux ou trois premières côtes supérieures, par la disparition des côtes intermédiaires. Les stries longitudinales d'accroissement sont nombreuses, très fi- nes, et légèrement indiquées. L'ouverture est étroite, car elle est fortement rétrécie par deux protubérances qui sont placées sur les deux tiers inférieurs de la columelle. Le bord droit est arqué, aplati, élargi en dedans, ayant un large sillon longitudinal à sa partie externe ; il est garni dans toute la longueur de sa partie interne de seize à dix-huit sillons ou dents nombreuses, fortement pro- noncées ; le tranchant est ondulé et denticulé. Le bord gauche est mince, diaphane, s'élargissant sur le ventre de la coquille auquel il est adhérent, excepté vers la base, où il devient libre et plus épais. La columelle est tordue, et offre une échancrure très profonde, au-dessus de laquelle GENRE TONNE. l5 se montre un large tubercule épais et sillonné, qui semble comme suspendu sur cet enfoncement ; un autre tuber- cule se détache vers la base, séparé du premier par la cavité dont nous venons de parler ; il est chargé de rides et de sillons nombreux, d'un blanc brillant, lesquels di- minuent insensiblement en grosseur à la base et au-dessus de l'échancrure, qui est évasée en gouttière et parfaite- ment lisse. La couleur de cette coquille est blanchâtre, un peu mélangé d'un jaune terne. L'intérieur est roux. L'épi- derme est mince et jaunâtre. Long. 5 pouc. Larg. 4 pouc; Habite la mer du Sud , l'Océan-Pacifique, la côte du Mexi- que, à Acapulco. Cette coquille, qui devient souvent très grande et qui est encore assez rare dans les collections, est celle que M. Valenciennes a désignée sous le nom de Malea latilabris {Recueil d'observations de Zoologie, Humb. et Bon p., page 325). Elle est extrêmement remarquable par le développement du bord droit, qui est large et garni de fortes dents sur toute sa longueur. La forme et la si- tuation des deux tubercules qui débordent la columelle sont aussi très singulières, et concourent à rendre l'ouverture de la coquille plus étroite que dans les espèces précédentes. Je pense que la Malea crassilabris du même auteur, décrite aussi dans le même ouvrage, n'est qu'une variété de la coquille dont il est ici question. Elle en offre évidemment tous les caractères, à l'excep- tion de quelques légères distinctions de peu d'importance ; elle est un peu moins grande; la spire en est un peu plus développée, et le bord droit plus épaissi. l6 GENRE TONNE. DIVISION DES TONNES EN DEUX GROUPES. A. Espèces à bord droit toujours mince et ondulé. T. Perdrix. D. Perdix, Lam. — Pelure d'oignon. — Olearium, Lam. — Cannelée. • — Galea, Lam. — Tachetée. — Maculatum, Lam. — Panachée. — Variegatum, Lam. B. Espèces à bord droit plus au moins élargi en bourrelet et assez fortement denticulé. T. Fasciée. D. Fasciatum, Lam. — Cassidiforme. — .Pomum, Lam. — A larges lèvre». — Lalilabre, IVobis. TO.WI'S PL i. Tonne pelure d'oioNion j. a Tonne pelure d'oim&on vnv ' Publié par J B Bailliére et f.ls. Pans THE L1BBARY Or THE BîfflYEBSlïï SF IMtMWIS TON M. S PI. 2. Tonne Cannelée 3. a Tonne panachée jeune. Publie par J.B Baillière et fils taris , 3 . Tonne panachée THE LIBBARY OF THE G&kbsty ~:- ittwois TOWKS Pi 4- Tonne tachetée 5 • ïbnne i «sciée. Publié par J. B. Bail Hère et fils, Paris. THE LMMM OF THE DKVBSITY SF kxiWB TONNES IM. (i Tonne lasciee var to -. Tonne à larçves Lèvre Publié par J. B. Bai lliére et fils, Paris. . THE L1BRARY OFÎKE UNIVERSITY ÛF lOTO» rOOECHE'S PI. 9*0 ma* » '** ffftW 8. Tonne Cassidiibnm* ^ . Tonne perdra Pablié par J. B. Baillièrc et fils, Paris. THE LIBRARY OFTHE OIWEESITÏ ûf ICfflHMS GENRE HARPE. ( HARPA, Lamabck. ) Coquille ovale, oblongue, plus ou moins bombée, gé- néralement assez mince, émaillée, munie de côtes longi- tudinales parallèles, inclinées et tranchantes; le dernier tour beaucoup plus grand que tous les autres ensemble ; spire peu élevée; ouverture grande, ovalaire, dilatée, for- tement échancrée inférieurement et sans canal; bord droit bordé par la dernière côte; columelle lisse, simple, pres- que droite, pointue à la base. Testa ovato-oblonga, plus nuaùsve venlricpsa.j^çostis longitudinalibus parallelis, compressis, incl inaiis, acutis ; spira brèvis. A pertura longitudina- lis, infernè emarginata; canali nullo. Columella levis, basi plana et acula. Animal muni d'une tête aplatie, qui porte une paire de tentacules assez longs, épais et coniques, formant à la partie interne de leur base un petit renflement où se trouvent les yeux. Bouche simple, enveloppée d'un bourrelet musculeux, et pourvue d'une petite trompe déliée et pointue. Organe excitateur alongé, cylindrique, placé à droite. Disque locomoteur fort grand, très large à la partie antérieure, qui est auriculée et distinguée par une échancure profonde de chaque côté ; l'extrémité pos- térieure caduque et dépourvue d'opercule. Ce dans ses genre, caractérisé par Lamarck, avait été placé par Linné ses Buccins, déjà si nombreux. Il renferme peu d'espèces, et Harpe. i 1 GENRE HARPE. les coquilles en sont d'une forme très agréable, élégantes, ornées de belles couleurs, variées dans leur distribution, surtout remar- quables par des côtes obliques dont la disposition a probable- ment contribué à l'établissement du nom générique. Linné et les auteurs qui l'avaient précédé, confondant en un seul groupe des espèces qu'une étude plus exacte a, depuis, fait diviser, donnèrent à celles-ci le nom de Buccinum harpa; cependant les Harpes ont un aspect particulier qui les rend très différentes des autres genres. Lamarck, d'après les caractères qu'il observa dans ces coquilles, les sépara immédiatement des Buccins pour les ranger parmi sa famille des Purpurifères, entre les Tonnes et les Casques ; et cette classification a généralement été conservée par les auteurs qui vinrent après lui , au milieu des arrangements méthodiques qu'ils proposèrent successivement. Cuvier, dans son Règne ani- mal, plaça ce genre entre les Tonnes et les Pourpres, dans sa fa- mille des Buccins. M. de Blainville, dans sa Malacologie, l'a com- pris ( entre les Buccins et les Tonnes ) dans son troisième groupe qui renferme les coquilles ampullacées, et fait partie de sa troi- sième famille des Entomostomes. Ainsi , ces savants et ceux qui écrivirent ensuite conservèrent à peu près aux Harpes la place que Lamarck leur avait assignée. Dans ces derniers temps même, la connaissance de l'animal n'a fait que confirmer la vérité des observations que l'étude de la co- quille lui avait suggérées. M. Beynaud, chirurgien -major de la corvette la Chevrette, à son retour d'un voyage autour du monde, publia le premier, dans le 5 e volume des Mémoires de la Société d'histoire naturelle, l'ana- tomie de l'animal et ses diverses particularités. Mais nous devons surtout aux savantes observations de MM. Quoy et Gaimard la connaissance plus parfaite de son organisation et de toutes ses parties anatomiques qui ont été figurées dans l'Atlas du Voyage de V Astrolabe, pi. 42. La forme extérieure de l'animal de la Harpe a beaucoup de rap- ports avec celle de la Tonne et des genres voisins, par la confor- mation de la tête et celle des tentacules; mais il paraît s'éloigner un peu des Buccins par ses organes digestifs, quoique les diffé- rences qui se remarquent entre ces deux genres soient peu con- sidérables ; elles consistent dans l'extrémité de la trompe, qui est dépourvue de lèvres hérissées d'épines dans l'animal des Harpes, GENRE HARPE. Ô et dans la conformation de l'estomac, qui a moins de développe- ment que celui des Buccins. La partie charnue de ce mollusque est très forte et très grande; son pied est énorme, épais, et se prolonge beaucoup hors de la coquille; il ne peut être entièrement contenu dans l'ouver- ture, au-devant de laquelle il forme un bourrelet, en se contrac- tant, ainsi que l'avait déjà indiqué Born (Musœum Cœsaris Vin- dobonensis, pi. 254). Cet auteur paraît aussi avoir connu le cas particulier de la rupture du pied. Ce pied est comme divisé en deux parties. L'an- térieure plus large, arquée, auriculée, à sillon marginal, jointe à la partie postérieure par une sorte de rétrécissement. Cette der- nière, plus étendue, est ovalaire, pointue, et un peu bombée en dessus, sans aucune trace d'opercule. Les trois auteurs qui ont décrit cet animal indiquent une singularité qui lui est propre : lorsqu'il est vivement inquiété, il rompt l'extrémité postérieure de son pied, afin de rentrer plus complètement dans sa coquille. On présume que cette partie a la propriété de repousser après la rupture. . Toutes les parties extérieures de l'animal sont fortement colo- rées de taches et de lamelles d'un rouge brun, mélangées d'autres taches jaunâtres. La partie moyenne est assez souvent traversée par une bande brune. Le syphon respiratoire est long, assez gros, se prolonge et abou- tit dans une grande cavité pulmonaire dont l'usage est de favori- ser la respiration. D'un côté de cette cavité se trouvent deux branchies pectinées, dont l'une grande et l'autre petite ; du côlé opposé sont placés, dans les individus femelles, le rectum et l'utérus ; et dans les mâles un canal déférent et un pénis. De ce même côté sont fixées, à la paroi supérieure de la cavité, les fol- licules de la viscosité, composées de sept à huit lames trans- verses. La langue est petite, déliée, pointue, charnue, sans trace de ruban corné ; elle est contenue dans une gaîne recourbée, et s'avance rarement au dehors. L'estomac est fort étroit et ne dif- fère pas pour le volume du reste de l'intestin. Le rectum est assez gros, terminé par un anus un peu rétréci et pointu. Le foie, volu- mineux, forme en grande partie le tortillon et garnit presque toute la spire. Le cœur et l'oreillette sont très développés, con: tenus dans un péricarde et placés à la base de la branchie. Le 4 GENRE HARPE. ganglion cérébral est large et aplati; il en part de nombreux filets» nerveux qui se ramifient dans toutes les parties du corps. La verge des mâles est considérable comme celle des Buccins, et pla- cée du même côté. Ce genre, très remarquable par la beauté et la fraîcheur des coquilles qu'il comprend, appartient généralement aux mers de l'Inde, où celles-ci sont assez communes, et sur les rivages de cer- taines îles des côtes tropicales. On les trouve dans les anfractuo- sités des rochers ou sur des fonds rocailleux dont les inégalités considérables rendent nuls nos moyens de pêche. MM. Quoy et Gaimard pensent qu'elles habitent ordinairement les eaux vives et profondes. L'animal est très agile, mais environné de nombreux ennemis ; à l'approclie du danger, il rentre dans sa coquille comme les au- tres mollusques, mais il ne peut y retirer son pied tout entier ; et la partie qui reste en dehors, dure, musculeuse, bouche assez hermétiquement l'ouverture de la coquille et défend ainsi toutes les parties molles. Cependant, si le danger qui le menace devient imminent, pour dernière extrémité, il contracte avec plus de force cette portion du pied exposée au péril, la rompt et s'en débarrasse. Dans cette position, il ne présente plus à l'ennemi que le dos de son enveloppe, parce qu'il peut appuyer son ouverture sur le sol. Il est probable qu'il doit la facilité de rompre son pied à la pré- sence d'un large canal aquifère qui existe dans cette partie. Telle est l'opinion de MM. Quoy et Gaimard. Par ce fait, un opercule lui devient inutile, puisqu'il serait sus- ceptible d'être entraîné parla rupture du pied. Aussi n'en possède- t-il point. Ces observations sont dues encore aux deux savants que nous venons de citer. Plusieurs auteurs méthodistes ont cherché à établir d'après l'opercule des règles générales d'analogie entre les groupes , mais ce caractère est trop superficiel pour servir aux grandes divisions et au rapprochement des groupes en familles. Beaucoup de coquil- les pourvues d'un opercule s'unissent par tous les autres carac- tères qui les distinguent à des espèces chez lesquelles l'opercule, au contraire, n'existe pas ; ce seul fait constitue la différence entre elles ; tandis qu'à de grandes distances se retrouvent d'autres co- quilles possédant également un opercule analogue , mais dissem- blables des premières sous tout autre rapport. Ainsi les Harpes GENRE HARPE. 5 et les Tonnes ont des ressemblances si frappantes avec les Buc- cins, que nous les avons toujours vues rapprochées de ce dernier genre par tous les auteurs qui les ont décrites ; cependant, les premiers de ces genres n'ont point d'opercule, au contraire, on le trouve constamment chez l'autre. Nous pouvons donc induire de ces remarques que le caractère de l'opercule ne peut, comme nous venons de le dire, constituer une règle générale de classification. Il servira avec plus de certi- tude à quelques divisions de genres ; les différences des opercules de certaines coquilles pouvant aider à établir entre celles-ci un degré exact d'affinité ou d'éloignement. Les animaux des Harpes paraissent se nourrir de substances molles et tenues. Lamarck, dans son Histoire des Mollusques , a di- visé ce genre en huit espèces ; mais, à l'exemple de M. Deshayes, nous réformerons comme espèce la Harpe impériale, qui n'est qu'une variété assez constante de la Harpe ventrue ; nous en four- nirons la preuve par un individu de la collection du prince Mas- séna, qui est moitié Harpe impériale par des côtes très rappro- chées, et moitié Harpe ventrue par d'autres plus écartées. La Conoïdale ne paraît être aussi qu'une variété de cette dernière, seulement elle est un peu plus alongée. La Harpe striée appar- tient de même à la Harpe ventrue, et ne doit être considérée que comme une très-jeune de cette espèce. Il est à remarquer généralement que toutes les jeunes coquilles de ce genre ont des stries longitudinales plus ou moins nom- breuses, mais toujours plus rapprochées; elles ont souvent aussi des stries transverses assez apparentes, distinctions faciles à ob- server dans la coquille dont nous venons de parler. Les autres espèces indiquées par Lamarck paraissent être bien divisées; toutes réunissent le caractère commun d'offrir à l'exté- rieur des côtes longitudinales parallèles, comprimées, inclinées et tranchantes; dans toutes aussi, l'extrémité supérieure de cha- que côte forme une petite pointe délachée et aiguë. Les coquilles des mâles sont reconnaissables par trois diffé- rences essentielles ; elles ont plus d'épaisseur dans le test, moins de grosseur, et sont plus effilées. Les Harpes se trouvent en abondance dans les parages de l'île de la Sonde, de la Nouvelle-Hollande, de l'Ile-de-France, et dans la mer Rouge. GENRE HARPE. 1. HARPE VENTRUE. Uarpa ventricosa, I,a.m. ( Gollect. Mass. Lam. ) Bonanni, Recr. 3, fig. i85. PI. I, fig. i et i a jeune ; pi. II, fig. 2, variété à côtes serrées. PI. III, fig. 4, var. Conoïdale; pi. IV. fig. 7 jeune, striée. H. testa ovato-venlricosâ; costis Iatis, compressis, purpureo tinctis, apice mucronatis, infrà mucronom subunidentatis; interstiliis albidis, maculis ar- cuatis spadiceo-fuscis notatis; columellâ purpureo et nigro maculalâ. Coquille ovale, ventrue, assez grande, brillante, garnie de côtes plus ou moins écartées, larges, comprimées, lisses, parallèles, inclinées vers la base, d'une couleur rose pâle, le plus communément avec des taches qua- drangulaires d'un brun foncé. Ces côtes sont aiguës àieur sommet, et un peu au-dessous elles forment une faible carène, occasionée par de petites aspérités. L'interstice des côtes est légèrement strié longitudinalement; il est blan- châtre ou violacé, orné de taches brunes ou roussâlres, formant des festons réguliers dans toute sa longueur; il se trouve aussi sur la surface de la coquille deux ou trois bandes, quelquefois remplacées par de larges taches qui l'environnent également. La. bande du milieu est tou- jours la plus apparente. La spire est courte, composée de six tours un peu aplatis en dessus ; l'ouverture grande, roussâtre, terminée à la base par une échancrure oblique peu profonde, marquée dans l'intérieur de taches ou ban- des brunes ; bord droit bordé à la partie externe par la dernière côte; columelle lisse, luisante, presque couverte de taches brunes très foncées. Long. 4 pouc. Larg. 3 pouc. Habite les mers des Indes, à la Nouvelle-Guinée, au Port- Dorey ; les îles de France et de Bourbon. GENRE HARPE. y Dans ces derniers temps plusieurs auteurs, et principalement M. Deshayes, ont rapporté à cette espèce quelques coquilles du même genre qui en avaient été séparées à tort par Lamarck. La première que nous citerons est la Harpe impériale, pi. 2, fig. 2, qui pourtant, au premier aspect, semble différer essentiellement de la Harpe ventrue ; mais, de même que nous l'avons fait obser- ver pour plusieurs espèces des genres que nous avons déjà décrits, les rapports graduels d'une même série d'individus ra- mènent naturellement cette coquille au type commun, quoi- qu'elle en parût d'abord éloignée. Nous en indiquerons, comme un exemple frappant, un individu qui présente sur une de ses faces les mêmes côtes que celles de l'espèce type, et, sur l'autre, celles de la variété (voir notre pi. 6, fig. 9). Ainsi donc celle-ci diffère, en effet, de la Harpe ventrue par ses côtes plus serrées et plus rapprochées l'une de l'autre; mais, constante dans tous ses autres caractères d'analogie, elle doit être réunie, sans aucun doute, à cette dernière espèce. Cette variété à côtes serrées est ordinairement blanchâtre ; le nombre des côtes varie de telle sorte qu'on en compte jusqu'à 30, 35, et quelquefois davantage sur différens individus, tandis qu'on n'en voit guère que 12 à 13 sur la Harpe ventrue. Ces côtes sont alors beaucoup plus étroites et plus rapprochées , avec cinq ou six zones interrompues d'un jaune rougeâtre. C'est surtout chez les jeunes individus de cette variété que les côtes sont plus près Tune de l'autre, les stries transverses plus apparentes et plus pronon- cées. Les jeunes de la Harpe ventrue sont d'une couleur plus pâle, plus terne et quelquefois roussâtre ; nous en donnons une figure pi. 4, fig. 7. Lamarck les avait établis comme espèce sous le nom de Harpe striée. Une autre variété de cette même coquille a les côtes plus espa- cées et se fait remarquer par deux larges bandes rougeâtres, à chaque extrémité du dernier tour. L'intervalle qui existe entre ces bandes est d'une couleur beaucoup plus pâle. L'interstice des côtes est orné de lignes longitudinales roussâlres, ondulées et légèrement festonnées aux deux extrémités. ( Voir notre pi. 6, fig. 10.) Nous donnons aussi, pi. 3, fig. 4,1a Harpe conoïdale de Lamarck qui présente tous les caractères de notre type ; les seules diffé- rences qu'on y remarque consistent dans la forme, qui est un peu 8 GENRE HARPE. plus conoïde, et dans les côtes dont les trois dernières sont plus larges, tandis que les autres sont au contraire plus étroites que celles de la Harpe ventrue. La coquille est ordinairement blan- châtre avec des bandes sur les côtes d'une teinte rose ; certains individus sont colorés plus vivement, et ont les côtes alternées de lignes brunes, roses et blanches. Les interstices sont remplis par des taches arquées jaunâtres ou brunes. 2. HARPE ARTICULAIRE. Harpa articularis , Lam. ( Gollect. Mass. Lam. ) Gualtieri, Test., pi. 29, fig. D. PI. II, fig. 3. H. testa o va là, subventricosâ, griseâ; costis angustis distantibus albo ni- groque articulatim maculât is ; spirâ exsertiusculâ, muriculatà. Coquille ovale, ventrue, assez mince; spire conique, faiblement muriquée; les côtes assez étroites, écartées, peu aplaties, marquées de lignes transverses brunes, arti- culées et serpentant comme de légers festons; entre ces lignes paraissent des taches blanches et violettes. L'in- terstice des côtes est grisâtre. Les lignes longitudinales ondulées qui s'y font voir sont fortement chevronnées et très rapprochées les unes des autres, elles forment des espèces de bandes transverses à l'origine desquelles existe une tache triangulaire d'un brun marron; la pointe la plus aiguë de cette tache se prolonge quelquefois dans les interstices, au milieu de bandes étroites et blanches formées par les chevrons et au nombre de douze sur le dernier tour. Les chevrons bruns sont moins prononcés. Ouverture grande, ovale, d'une couleur violette sur le bord et rougeâtre dans le fond ; à travers ces teintes s'aper- çoivent des bandes brunes trans verses. La columelle est brillante, couverte dans toute sa longueur d'une grande tache d'un brun marron . -<*■■ GENRE HARPE. £ , Long. 3 pouc. Larg. 2 pouc. Habite l'Océan-Indien. Cette coquille parait assez différente de la Harpe ventrue pour que nous devions la conserver comme espèce distincte, ainsi que l'avait fait Lamarck. La coloration de ses côtes est assez constante dans la distribution des bandes transverses, qui sont toujours très apparentes et très rapprochées. 3. HARVZ NOBLE. Harpa nobilis, Lam. (Collect. Mass. Lam.) List., Conch., pi. 992, fig. 55. PI. III, fig.5. H. testa ovatâ, subventricosâ, griseo-albo et fusco varia, uiaculis /implis purpureo-sanguineis piclâ ; costis latiusculis ; lineis nigris capillaribus trans- versim fasciculatis ; spirà submuricatà. Coquille ovale un peu ventrue ; spire peu alongée, sub- muriquée, les tours aplatis supérieurement, surmontés par les côtes qui se continuent ; celles-ci sont au nombre de onze à douze, s'élargissant lorsqu'elles se rapprochent de la lèvre ; elles sont ornées de lignes transverses noires qui les coupent en intervalles inégaux dont la coloration est moins foncée que celle des interstices des côtes ; ces der- niers sont d'une teinte de gris ou de brun peu variable, avec de larges taches qui forment quelquefois des bandes d'un pourpre de sang. On y remarque encore des lignes ondulées en zig-zags ou festons blancs et bruns enlacés entre eux. La bande supérieure du dernier tour devient souvent plus apparente par la nuance éclaircie ou même blanchâtre de sa coloration; l'ouverture ovale, d'un blanc orangé; le bord droit marqué de taches brunes à la partie interne, et bordé à la partie externe par la dernière côte, qui est denticulée dans une portion IO GENRE HARPE. de sa longueur. La columelle faiblement arquée à la base, presque couverte dans sa longueur de trois taches vio- lettes ou brunes très-espacées . Long. 3 pouc. Larg. 22 lig. Habite l'Océan des Grandes-Indes. Celte espèce est assez constante dans ses caractères; cependant il arrive que certains individus sont d'une coloration plus pâle et ne laissent apercevoir que par intervalles les festons qui ont alors l'aspect de bandes assez irrégulières. L'individu que nous avons fait représenter, pi. 6, fig. 11, est d'un rouge brunâtre. D'autres sont d'un roux clair. , 4. HARPE ALONGÉE. Harpa minor, Lam. (Collect. Mass. Lam. ) List., Conch., pi. 994, fig. 57. PI. IV, fig. 6, et fig. 6 a, var. H. testa ovato-oblongâ, griseâ, fusco-maculosâ; costis angustis distantibus nigro-lineatis; lineis geminatis ; spirà exsertiusculâ. Coquille ovale, oblongue, assez petite, un peu longue, les tours de spire distincts, mucronés , plus alongés que dans les espèces précédentes. Le tour inférieur de la spire a onze ou douze côtes longitudinales étroites et peu éle- vées, dont la superficie, d'un fond jaunâtre, est coupée transversalement par un grand nombre de lignes noi- râtres très fines, qui se rapprochent alternativement de deux en deux. Les intervalles des côtes sont marqués de stries longitudinales très minces et très déliées, et de lignes ondulées en chevrons, brunes et blanchâtres. Quel- quefois une ou deux bandes blanchâtres se remarquent sur le dernier tour. L'ouverture est ovale, également blanchâtre, avec quelques petites bandes brunes sur le GENRE HARPE. II bord de la lèvre qui est garni à la partie externe par la dernière côte. La columelle est presque droite, marquée de petites taches brunes. Long. 2 pouc. Larg. i pouc. Habite l'Océan-Indien , au Port-Dorey, à la Nouvelle- Guinée. Cette espèce est bien distincte des autres par sa taille, qui est constamment plus petite, et par sa coloration particulière, beau- coup moins variable que celle des autres harpes. Quelques indi- vidus sont plus raccourcis et d'une couleur blanchâtre ; les trois ou quatre dernières côtes de ceux-ci s'élargissent vers le bord droit. Le test de la coquille paraît aussi plus épais, ce qui ferait présumer que ces différences appartiennent à celle du sexe. L'a- nimal de la Harpe alongée diffère peu des autres dans sa colora- tion, seulement il est couvert d'une teinte rougeâtre plus intense, et le tour du pied n'est pas marqué de taches d'un rouge brun comme celui de la Harpe ventrue. 5. HARPE ROSE. Harpa rosea, Lam. (Collgct. Mass. Lam.) Mart., Conch., pi. 119, fig. 1094. • PI. V, fig. 8 et fig. 8 a, jeune. H. testa ovatâ, subventricosà, tenui, griseolâ ; costis angustissimis distan- tibus ; interstitiis albidis, roseo maculatis, lineis rubro-nigris, confusiusculè undulatis; columellà carneà et violaceâ. Coquille ovale, ventrue, assez mince ; spire conique, faiblement muriquée ; les quatre tours qui sont près du bord sont les plus larges. Les côtes sont plates, souvent étroites, presque toutes marquées à leur base de quatre à cinq dentelures coniques, et à l'extrémité supérieure du dernier tour, de quatre petits tubercules mucronés, qui reparaissent aussi sur les tours de la spire. La coloration 12 GENRE HARPE. des côtes est d'un gris clair; elles sont traversées par des bandes roses ou albines en chevrons ; à leur bord externe, qui est peu saillant, se dessine un trait longitudinal brun ou noirâtre, interrompu par de petites raies blanches ho- rizontales. Les interstices des côtes sont d'un gris perle, guillochés de traits fins en doubles chevrons, lesquels sont entrelacés avec d'autres traits d'un rouge brun. Des macu- lations roses se font voir également entre les côtes. L'ou- verture est ovale, d'un jaune pâle, avec plusieurs bandes d'un violet sombre. La lèvre droite est garnie par la der- nière côte, qui est ondulée dans toute sa longueur. La columelle est brillante, arquée vers la base, et a deux ou trois taches d'un violet bleuâtre. Long. 3 pouc. 3 lig. Larg. i pouc. i lig. Habite les mers du Japon. Lamarck ne connaissait de cette espèce que de jeunes individus qui, généralement, sont vivement colorés par de larges taches roses couvrant presque toute la surface. Dans ces derniers temps, M. Lesson avait établi comme espèce nouvelle, sous 1^ nom de Harpa Rivoliana {Illustrations zoologiques, pi. 36), un individu que nous considérons comme un très-adulte de la roséa. Bamarck en possédait un autre qu'il avait indiqué dans sa collection comme une variété de cette dernière espèce, et qui est, sans aucun doute, un chaînon intermédiaire du jeune à l'adulte. {Voir notre pi. 5, flg. 8, 8 a.) HARPES PI. x. Harpe ventrue . x. a Harpe ventrue jeune Publié par J. B. Baillière et fils, Paris. THE UiMIf OFTHE UHWEBSlïY ÛF Ita»» Il Ylll'KS im. a 2. Harpe ventrue, var t . e à eûtes serrées. f> . Harpe artieuUure Publié par J. B. Baillière et fils Pans, THE UBHARY OFTHE UNIYERSiïï ÛF KOMIS JIARPF.S PJ. 3 4 Harpe ventrue, vxr . Conoïdale 5 • ïlarpe Jiobic J*- Miwifiii/ JHn.vi't erJiiif.iit ■ THE IIMMW OF THE UHIVERSITY ÛF ILUMIS HARPES IM. 1 (i Harpe alonjvée (i. a Harpe nlonove variété y. Harpe ventrue jeune Striée. Publie par J . B. Baillière et Fils Paris THE IIBRARY OFÏHE ":::v:-:.:y 2? luuots I1AIIFKS PI, 8. Harpe rose 8 ;\. Harpe rose jeune THE IWRMW OFTHE IIAKIM'.S l'I. 6 g. Harpe ventrue variété Lntexmédiaire 10. Hffrpe ventrue var*. e „ . Harpe noble var Publié par J B. Baillière et fils, Paris THE1WMM OF THE ,,,,«.».ft'T ,' .»-»►•»*# GENRE POURPRE. (PURPURA, Lam.) Coquille ovale, diversiforme , soit mutique, soit tu- berculeuse , striée transversalement , en général assez; raccourcie et subglobuleuse. Ouverture assez variable; le plus souvent dilatée , se terminant inférieurement en une échancrure oblique , subcanaliculée , quelquefois rétrécie sur le bord droit par des plis transverses ou dents inégales. Columelle /aplatie dont la base finit en pointe. Opercule assez grand ; corné , mince, transverse, un peu arrondi aux deux extrémités, formé d'éléments lamelleux, commençant vers le milieu du bord externe. • Testa ovata , diversiformis , vel tuberculifera vel mutica, aut angulosa , transversim striata, breviuscula , subglobulosa. Apertura diversa, sxpius di- Iatala, infernè emarginata ; sinu obliquo, subcanaliculato. Columella de- presso-plana, basi in mucronem desinens. Operculum majusculum , corneum , tenue, transversim utrâque parte obtusiusculum , lamellosum ad médium. Animal ayant ordinairement la tête petite, eu égard au reste du corps, et pourvue de deux tentacules coni- ques, très-rapprochés, renflés dans une partie de leur longueur, le plus souvent vers leur extrémité , portant les yeux au sommet de ce renflement , du côté externe. Ces yeux sont noirs , fort petits , semblables à deux points , mais non saillants au dehors. La bouche se fait 1 2 GENRK POURPRE. reconnaître par un petit trou ovale, ouvert transversa- lement au-dessous de la tête, vers le milieu; la trompe qui l'accompagne est fort longue , toujours rentrée , garnie dans l'intérieur d'un ruban lingual très-corné: l'œsophage est étroit. L'intestin se termine par un rec- tum très-dilaté, s'ouvrant du côté droit. La cavité pul- monaire contient deux branchies pectiniformes inégales , placées au bord gauche du manteau ; le siphon respira- toire est assez long et ne dépasse souvent pas le canal. Le pied est grand, ovalaire ou subovalaire, ordinai- rement dilaté en avant, ayant quelquefois un sillon mar- ginal. Le manteau consiste en une membrane peu épaisse, tapissant les parois intérieures de la coquille sans s'étendre au dehors ; il est le plus souvent découpé et ondulé. Les sexes sont bien distincts. L'organe exci- tateur du mâle se laisse voir du côté droit, semblable à une languette triangulaire et aplatie. L'organe de sécrétion qui produit cette belle couleur pourpre employée par les anciens pour leurs teintures , est un petit sac que l'on retrouve dans presque tous les animaux des familles canalifères et purpurifères de Lamarck, et qui se dirige obliquement de gauche à droite ; mais ce petit sac , ou mieux ce canal , n'est que le canal excréteur de l'organe appelé par M. Cuvier organe de la viscosité , lequel se trouve placé entre le cœur et le rectum ; M. de Blainville pense que ce pour- rait être une sorte d'appareil dépurateur et urinaire. Les Pourpres constituent un genre très-nombreux en espèces: celles dont il est ici question se distinguent essentiellement des au- tres coquilles buccinoïdes par deux cas très-remarquables : toutes les coquilles qu'elles comprennent ont la columelle toujours apla- tie à l'extrémité inférieure, et la base de l'ouverture terminée par un canal étroit, très-court, légèrement échancré en bas et incliné **• GENRE POURPRE. Ô vers le bord droit. Ce genre fut circonscrit par Lamarck, car les espèces en avaient été confondues soit avec les Buccins, soit avec les Murex de Linné ; cependant les auteurs anciens en avaient pressenti l'établissement , quoiqu'ils appliquassent plutôt la déno- mination de Pourpres à des espèces de Murex. Adanson (Voyage au Sénégal , ï 55?) employa aussi ce nom de Pourpre pour dési- gner diverses coquilles qu'il avait comprises dans le second genre de sa section des limaçons operculés; mais il y avait également réuni les Rochers, les Buccins, les Strombes de Linné et même plusieurs autres genres établis depuis ce dernier auteur. Adanson décrivit le premier avec exactitude l'anatomie de la P. hémos- tome, qu'il nommait Sakem. (Voyage au Sénégal, p. 100.) La grande extension que les auteurs donnèrent au nom de Pourpre tient sans doute à la juste observation que les animaux rangés sous la même désignation, fournissent plus ou moins abon- damment la matière colorante du même nom; mais Lamarck, le premier, démêla entre tous ces mollusques les coquilles qui pa- raissaient offrir des caractères analogues, et il leur appliqua spé- cialement le nom de Pourpres , en les plaçant dans sa famille des Purpurifères; ce fut ainsi qu'il les présenta dans son système des animaux sans vertèbres. 1801. On doit regretter que par la suite (Extrait de son cours de zoologie, 1812) il ait séparé ce genre qu'il avait si bien classé des coquilles qui lui semblaient différer de ses types par quelques caractères, quoiqu'il leur reconnût, du reste, de grandes analogies avec eux; il admit, d'après cette opinion , ses trois genres Ricinule , Licorne et Concholepas. Plus tard, lorsqu'il fut reconnu que ces trois genres ne pouvaient être considérés que comme simples divisions des Pourpres , on leur conserva, sous ce nouveau point de vue, les noms que leur avait donnés Lamarck. Les Ricinules avaient déjà été distinguées par Denis de Mont- fort (Conchyliologie systématique , p. 5g5 ) sous le nom de Sistres ; elles diffèrent peu des Pourpres : plus petites que celles-ci, elles sont plus ou moins hérissées d'épines ou de tubercules; l'ouver- ture en est oblongue, légèrement canaliculée, assez ordinaire- ment rétrécie par des sillons ou des dents inégales qui bordent la columelle et la paroi interne du bord droit. Dans le genre Licorne , établi aussi par Denis de Montfort, La- 4 GENRK POURPRE. niarck avait rassemblé toutes les espèces qui, arec les mêmes caractères que le précédent, possèdent en outre une dent coni- que et pointue, en forme de corne , située vers la base du bord droit; mais ce caractère ne peut être regardé comme générique, puisqu'on le retrouve chez des Buccins, des Rochers, des Fuseaux, des Turbinelles, etc. Le genre Concholepas est formé d'une seule espèce; les co- quilles qui le composent se distinguent des autres Pourpres par leur ouverture très-ample , et par deux petites dents placées à la base du bord droit; en outre, le sommet de la spire est incliné obliquement vers le bord gauche. M. Cuvier, dans son Règne animal, a placé les Pourpres parmi sa famille des Buccinoïdes, comme sous-genre des Buccins ; il y fit entrer aussi les Ricinules et les Licornes, mais il établit les Concholepas comme autre sous-genre de la suite des Pourpres. M. Latreille conserva , dans ses familles naturelles, les quatre genres de Lamarck ; il comprit les Licornes, Concholepas et Pourpres parmi la onzième famille des Doliaires, les faisant pré- céder des Harpes et des Tonnes; pour les Ricinules, il les mêla aux Cassidites, composées des Ricinules, des Cassidaires et des Casques. Comme le canal court et l'aplatissement de la columelle pa- raissent être les seuls caractères positifs qui différencient les Pour- pres des genres voisins, la difficulté de les bien diviser en espèces s'est'fait vivement sentir, et ceci est devenu un des motifs qui ont engagé les auteurs méthodiques modernes à confondre les Ricinules, les Licornes et les Concholepas avec les Pourpres proprement dites, puisque la connaissance acquise dans ces der- niers temps des animaux de ces diverses coquilles ne laissait plus de doute sur leurs affinités. Mais la réunion d'un nombre si considérable d'espèces a néces- sité l'obligation de les partager ensuite en groupes ou sections présentant des caractères assez précis pour servir à les distinguer entre eux. Ces modifications ont d'abord été proposées par M. Du- clos dans un tableau de la distribution des espèces de Pourpres (Ann. des Sciences natm\, t. xxv, i852). Cet auteur les divise en six tribus : i°les Sillonnées, 2° les Costellées, 5°lesScalariformes , 4° les Echinulées , 5° les Granulifères , 6° les Buccinoïdes. Il est ». w GliMIE POURPRE. «) fâcheux que la plupart de ces divisions soient fondées sur des ca- ractères trop variables pour qu'il nous soit possible de les adopter, car les côtes, les sillons , les épines et les granulations qui se trou- vent souvent sur la surlace de ces coquilles, ne sont point égale- ment communes à tous les individus de la même espèce; ainsi, l'un de ces caractères se voit très-fortement prononcé dans cer- taines coquilles, tandis que sur d'autres tout-à-fait analogues, il disparaît insensiblement par les diverses altérations qu'occasio- nent le sexe, l'âge et les localités. C'est à M. de Blainville surtout que l'on doit attribuer la vérita- ble création du genre Pourpre , puisque ce savant l'a établi d'une manière rationnelle (Nouv. Ann. du Muséum, 1802, 1. 1 , 2 e liv.). Il confondit ensemble les quatre genres Pourpre, Ricinule , Licorne et Concholepas , et la simple observation justifie cet accord : il est incontestable qu'il y a passage insensible entre ces quatre genres , de telle sorte qu'il est impossible d'en rompre la série. M. de Blainville place les Pourpres dans sa Malacologie à la fin de sa famille des Entomostomes. Les coquilles du genre Pourpre peuvent assez facilement se divi- ser en onze groupes (telle est aussi la division de M. de Blainville). On pourrait croire d'abord que les deux extrémités appartiennent à des types différents d'organisation ; mais si l'on étudie un grand nombre d'espèces, on voit s'établir entre les groupes que nous si- gnalons des nuances graduelles qui s'opposent à leur séparation. Toutes les espèces passent insensiblement des Hochers aux Buc- cins ; et en effet, certaines IUcinules et Semi-Ricinules se lient aux Rochers par la forme de l'ouverture et par la disposition déjà pro- longée du canal. Arrivés enfin de groupe en groupe jusqu'au dernier, celui des Pourpres Buccinoïdes, nous ne voyons plus à celui-ci qu'un canal peu app^ent , et l'échancrure de la base plus marquée, comme dans les Buccins. Nous devons ajouter que pour la rigueur con- chyliologique de ce genre il faut surtout avoir égard à la forme de la columelle, qui est toujours plus droite , plus large , plus aplatie, et surtout plus atténuée ou pointue à la base que dans les Buccins. Ces coquilles sont aussi toujours couvertes de stries transverscs plus ou moins prononcées. L'ouverture offre quelquefois chez certaines espèces des carac- k i# O GENRE POURPRE. tères spécifiques assez importants, qui consistent surtout dans le rétrécissement occasioné par des dents ou des plis très-marqués; mais ces caractères ne peuvent être déterminés avec précision que lorsque l'ouverture est complètement faite et adulte. Il paraît donc impossible de classer les espèces des Pourpres sans avoir recours à des caractères artificiels et nécessairement variables qui augmentent l'embarras du naturaliste au milieu d'espèces si nom- breuses, se confondant par des nuances imperceptibles produites par l'âge et les localités. Ce que nous venons de dire suffit pour faire apprécier les diffi- cultés sans nombre qu'il est nécessaire de surmonter pour en- treprendre avec succès une bonne monographie des Pourpres. D'après M. Deshayes, et nous adoptons cette opinion, qui nous semble appuyée sur un caractère précis, quels que soient les rap- ports d'une coquille avec les Pourpres, elle ne peut faire partie de ce genre, si elle n'est faiblement canaliculée. Plusieurs auteurs croient pouvoir introduire parmi les Pourpres un assez grand nombre de coquilles Buccinoïdes, non échancrées, à la columelle arrondie, ne présentant aucun des caractères fondamentaux du genre où l'on veut les admettre , mais avec des opercules identi- ques; si ce caractère prévaut pour la distinction des genres sur celui de la forme extérieure, des changements nombreux devront alors être effectués dans la composition de ces genres , c'est-à- dire que plusieurs Murex, Cassidaires, Tritons et Ranelles de- viendront des Pourpres. Il nous semble donc difficile d'accréditer un caractère si peu fixe qu'on le retrouve également dans beau- coup d'espèces tout-à-fait dissemblables sous tout autre rapport. Les Pourpres sont unisexuelles et ovipares; la coquille du mâle offre souvent des différences avec celle de la femelle; il est utile d'étudier ces diversités, car beaucoup d'auteurs regardent souvent comme espèces séparées des coquilles dont les proportions, la grandeur de l'ouverture, les tubercules , les côtes, les sillons, etc., plus ou moins marqués, semblent indiquer en effet peu d'analo- gie, et qui ne sont cependant que des variétés de sexe ou d'âge. En général, les Pourpres mâles ont la coquille moins renflée et plus petite que la femelle. Dans certaines espèces, les plis ou les tubercules qui se voient sur le bord droit disparaissent chez les indi- vidus femelles; aussi ce genre présente-t-il le plus de variations, GENRE P0URP11E. 7 principalement dans la longueur et la largeur de ses coquilles. Les mœurs et les habitudes des Pourpres sont semblables à celles des Buccins et des Murex. Ces animaux vivent dans toutes les mers, mais le plus grand nombre et les plus grosses espèces proviennent des pays chauds, et surtout des mers australes. Ils se tiennent ordinairement dans les anfractuosités des rochers, dans les lieux couverts de fucus, et sur les fonds rocailleux. Chez certaines espèces, les mouvements sont excessivement lents, et dans cet état d'insensibilité, pour ainsi dire, elles s'appliquent tel- lement sur les rochers qu'on a de la peine à les distinguer de ces masses elles-mêmes. D'autres sont tellement communes dans quelques localités, qu'on les réunit en tas fort gros dont on fait de la chaux, avec laquelle on fume les terres et qu'on utilise pour les constructions. Ces mollusques sont très-carnassiers; leur nourriture paraît être constamment animale. Ils l'obtiennent en perçant avec leur I rompe les coquilles ou les diverses enveloppes d'autres mollus- ques. Chez quelques individus, la trompe ne sert qu'à pénétrer la chair de ces animaux pour la sucer. On ne sait rien de positif sur la manière dont les anciens obte- naient la couleur qu'ils tiraient de ces mollusques pour leurs teintures. Ce qu'il y a de certain, c'est que la viscosité , au sortir du réservoir, est blanche ou verdâtre, et ne prend que graduelle- ment, en passant au bleu-violet, puis au rouge clair, lorsqu'elle est exposée au soleil, cette belle teinte foncée si éclatante appelée Pourpre. Nos teinturiers l'ont avantageusement remplacée par l'emploi de la cochenille , dont ils obtiennent des couleurs aussi vives à beaucoup moins de frais. Dans quelques cantons du nord de l'Angleterre on emploie encore la Pourpre pourmarquerle linge. La plupart des auteurs modernes pensent que c'est principalement l'espèce de mollusques connue sous le nom de Rocher brandaire qui fournissait la matière colorante en plus grande quantité. J'ai appliqué à chacun des onze groupes qui divisent les Pour- pies le nom emprunté à l'une des espèces la plus vulgaire qui s'y trouve comprise, la considérant comme type; cette manière de procéder me semble propre à faciliter la comparaison , et consé- quemment la réunion progressive de toutes ces espèces, de même qu'on pourra, avec moins de difficultés, en rapprocher ou en O GENRE POURPRE. éloigner beaucoup de coquilles qui avaient été distribuées par les auteurs, contre toutes les analogies, dans d'autres genres dont elles dérangeaient les rapports naturels. Par ce moyen encore il de- viendra plus aisé de classer toutes les espèces que Lamarck n'a- vait pas connues, et qui sont en si grand nombre qu'elles sur- passent des deux tiers celles qui sont décrites par ce savant. Tableau des divisions des Pourpres. î" groupe. Pourpres Ricinules. 2 e Semi-Ricinules. 3 e — ■ Armigères. 4* c — ■ Pyruliformes. 5 e Planospires. 6 e Concholepas. 7* Patulées. 8« Licornes. 9 e ■ — « Lapilliennes. îoe i Hémastomes. 1 1« i — — i Buccinoïdes. Espèces ovales , s ub globuleuses ; spire courte ; ouverture grimaçante ; bord droit dilaté ou lobé. POURPRES RICINULES. 1. POURPRE MURIQUÉE. Purpura horrida, Lam. (Collect. Mass. Lam. ) Bonanhi, Recr., 5, pi. 28, fig. 173. PI. I,fig. .. P. lesta obovatâ , subglobosâ, tuberculis crassis brevibus acutis nigriscebi- r.atà ; interstitiis albis ; spirâ brevissimâ; apeilurà ringente, violaceâ. . Coquille ovale , épaisse , subglobuleuse , à tubercules , à spire courte, aplatie et obtuse, composée d'un petit nombre de tours à peine apparents. Le dernier forme à lui seul presque toute la coquille. Ce tour présente à sa GENRE POURPRE. 9 surface cinq à six rangées de gros tubercules espacés, courts et épais, disposés en séries, quelquefois obtus, mais plus ordinairement coniques et pointus : des stries trans- verses, légèrement écailleuses, garnissent le reste de la surface, surtout entre la base des tubercules. L'ouverture est allongée, très-rétrécie , grimaçante : la coloration en est d'un très-beau violet, avec le contour blanchâtre, et sur certains individus l'intérieur des digitations est marqué de taches brunes. Le bord droit est légère- ment digité, garni de deux dents fort épaisses et très- prononcées. La première est divisée en deux sillons dans le jeune âge , et chez les individus adultes il s'en trouve quatre. La seconde dent n'a plus que deux de ces sillons; deux autres plis isolés paraissent aussi vers la base; ce bord devient très-épais chez les vieux individus. La columelle est très-grosse, arrondie supérieurement, renflée dans sa partie moyenne , qui est constamment chargée de trois à quatre rides transverses , rappro- chées, et d'un blanc presque pur. La coloration de cette coquille, dans un état parfait de fraîcheur, est d'un gris terreux ; en enlevant l'épiderme et une légère couche de matière calcaire , on aperçoit les tubercules fortement colorés de noir, tandis que toute la surface de la coquille est blanchâtre. Long. 1 8 lig. Larg. 1 6 lig. Habite l'Océan-Indien , la Mer Pacifique, les Nouvelles- Hébrides. Cette coquille est très-remarquable par les séries de gros tuber- cules pointus qui la couvrent, et surtout par l'ouverture grima- çante de couleur violette que je viens de détailler. On l'appelle vulgairement la Mûre, à cause de ses tubercules noirs. Il arrive lO GliNBlî POURl'HIi. chez certains individus, mais rarement, que l'ouverture se trouve tout-à-fait blanche. L'animal de la Pourpre muriquée est d'un vert glauque . ponc- tué de blanc. Le pied est long, subovalaire, presque carré, à sillon marginal en avant, arrondi en arrière, avec une bandelette noire sur les côtés. Les tentacules ont un cercle rougeâtre et les yeux vers le milieu. Le siphon est court , mais fort gros. Le manteau, qui est découpé, ondulé, est également verdâtre, avec des taches blanches. L'opercule est ovalaire , d'un rouge-brun vif, à fibres droites et un peu contournées vers l'extrémité la plus large ; l'ou- verture de la coquille est tellement rétrécie que l'opercule est forcé de se présenter obliquement et de côté pour se cacher dans la profondeur. 2. POURPRE ARACHNOÏDE. Purpura arachnoïdes, Lam. (Collect. Mass. Lam.) Rumph., Mus., pi. ^4, fig. L\ PI. I, fig. 5, et 3 a jeune. P. testa obuvatâ , spinis subulatis muricatâ albo-lutescente ; spinis basi ni gris , inxqtialibus , propè labrum longioribus ; aperturâ ringente , albâ , luteo maculatâ. Coquille ovale-oblongue , obtuse au sommet. Spire très-courte, formée de cinq à six tours, dont les pre- miers sont couronnés d'un rang de petites épines ou tu- bercules obtus. .Le dernier tour est très-grand , hérissé de longues épines pointues, espacées, rangées en séries au nombre de six ; les plus rapprochées du bord droit sont les plus longues et les plus aiguè's. Toute la super- ficie de cette coquille est couverte de stries fines et transverses; l'ouverture est blanche, allongée, étroite, grimaçante , bordée sur les bords de taches distantes de couleur jaunâtre. Le bord droit dilaté présente vers son milieu interne deux fortes dents sillonnées comme dans GENRE POURPRE. 1 1 l'espèce précédente. La première est divisée en trois ou quatre sillons ; la seconde l'est également en deux. Il existe deux rides vers la base de ce même bord. La co- lumelle est renflée au milieu et aplatie à la base. On y voit aussi deux ou trois forts sillons quelquefois bifides à la suite desquels se trouvent plusieurs guttules. Toute la surface extérieure de cette coquille est couleur de bistre; nettoyée et débarrassée de sa couche superficielle, elle laisse voir très-distinctement la naissance de ses épines, qui sont souvent noires sur un fond blanc. Dans certains individus, presque toutes les épines restent blanches comme le fond de la coquille. Long. 1 pouce. Larg. 9 lignes. Habite l'Océan Indien, la Nouvelle-Irlande, commune à l'île de Juan. Cette coquille, qu'on retrouve très-souvent dans les collections, est tout-à-fait remarquable par les épines qui en hérissent toute la surface, et par les taches jaunes qui en bordent l'ouverture. Les jeunes individus ont le bord droit mince et garni seulement à la partie interne de trois ou quatre petits tubercules. Je rapporte à cette espèce la coquille appelée par M. de Blainville Pourpre à lèvre blanche. Cependant je donnerai la description de celle-ci telle que ce savant l'a insérée dans son travail sur les Pourpres [Nou- velles Annales du Muséum U' 'Histoire Naturelle). L'animal est vert; les tentacules sont allongés, oculés près de la base, avec un petit cercle noirâtre. Le siphon dépasse à peine le canal. Le pied est ovalaire et piqueté de brun sur les côtés ^ l'opercule est corné, mince, un peu courbé et subonguilé. 12 GBKttE pouri'he. 3. POURPRE LÈVRE-BLANCHE. Purpura albo-tabris , de Blaisvili.k. • (Collect. Mass.) Bonanni , 2, fïg. ij3. PI. I,fig. 2. P. testa solidâ , crassâ, ovatù , depressiusculà, spinis acutis nigris cchinatà; albà; spirâ brevissimâ ; aperturà dilatatâ, ringente. Coquille assez solide , épaisse , ovale , comme dépri- mée, à spire très-courte, hérissée sur le dernier tour de cinq séries décurrerites d'épines assez aiguës. Ouverture patulée par l'obliquité des bords, rétrécie au fond vers la droite par trois grosses dents et trois guttules, et vers la gauche par deux plis columellaires. Coloration toute blanche au dehors comme en dedans , avec les épines noires. Long. 10 lig. Larg. 1 pouce. De Tranquemalay, île de Ceylan , dans l'Océan-Indicn , d'après M. Rcgnaud. Cette coquille, que M. de Blainville considère comme assez voisine de la Pourpre muriquée, ne doit être envisagée que comme variété , à ouverture complètement blanche de la Pourpre arachnoïde; on ne peut y remarquer d'autre différence que la disparition des taches jaunes qui bordent l'ouverture de celle-ci. Quelquefois seulement elles s'affaiblissent d'une manière insensi- ble. II est à remarquer que dans cette dernière espèce les taches qui constituent, comme nous venons de le dire, la différence des deux coquilles, ne se retrouvent déjà plus sur certains individus qui cependant sont bien reconnus appartenir à la Pourpre arach- noïde ; les pointes ou épines s'effacent de même , et ne for- ment plus que des tubercules, ce qui leur donne la plus grande GBKBK POURPRE. 10 ressemblance avec la Pourpre à lèvre blanche. Les dents du bord droit, les rides et les guttules de la columellc sont également semblables. 4. POURPRE HERISSON. Purpura hysirix, Lam. (Collect. Mass. Lam. ) Gialt. Test., t. 28, fig. R. FI. 2, fig. 4» 4" jeune, 4 1 * très-jeune. P. testa obovatâ, ventricosâ , transversim striatâ, spinosâ , pallido-fulvâ ; spinis lnngiusciilis, canaliculalis, transversim quadriseriatis ; spirû brevi , aculà ; tance roseâ ; labro margine interiore dentifero. Coquille ovale , ventrue , couverte sur toute sa super- ficie de stries transverses qui sont souvent fines et ru- gueuses , surtout dans- le jeune âge. Spire très-courte, composée de cinq à six tours presque plats, subangu- leux, couronnés d'une rangée de tubercules. Le dernier tour est beaucoup plus grand que tous les autres ; sub- costulé , hérissé de six séries décurrentes d'épines assez longues , le plus souvent canaliculées, celles du bord droit sont les plus longues, au nombre de neuf vers le haut de la spire, et de cinq à six à la base. L'ouverture est ovale , oblongue , atténuée à son extrémité extérieure , et terminée par un canal court et étroit; elle est toujours teinte en dedans d'un rose pourpré ou violacé. Le bord droit est souvent épais , garni à l'intérieur de huit à dix tentacules courts et obtus , et présentant en dehors quatre ou cinq petites digitations qui correspondent aux rangées extérieures de tubercules. Le bord gauche dans les individus adultes est assez- épais , élargi , rarement détaché de la columelle, qui est presque droite, arrondie dans presque toute son étendue, l4 GENRE POURPRE. excepté vers la base, où elle est aplatie et légèrement garnie de rides pliciformes. La couleur de cette coquille n'a rien de remarquable : elle est d'un fauve pâle. Long. 2 pouces. Larg. 1 5 lig. Habite les mers de la Nouvelle-Zélande et celles des Sé- chelles. Cette espèce n'est pas rare dans les collections. La belle teinte rosée de son ouverture la distingue aisément des autres du même genre. Je considère comme analogue à ce type la Purpura Spatulifera de M. de Blainville, qui a été caractérisée sur un individu fruste, et qui ne diffère de celle que je viens de décrire que par la colo- ration moins vive de l'ouverture; ce cas existe presque toujours dans les jeunes individus. Nous en donnons la figure pi. 2 , fig. 4% de même que celle d'un très-jeune individu (fig. 4 b )> qui est fort remarquable par des stries transverses imbriquées d'un aspect assez singulier; des tubercules, commençant à se développer sur la surface, laissent déjà voir les pointes très-aiguës qui prennent un accroissement si marqué dans les adultes. L'animal a les tentacules pointus, verdâtres, avec un cercle noir au-dessus des yeux, qui sont placés fort près de la base des tentacules. Toutes les autres parties du corps sont d'un vert jau- nâtre, avec des points blanchâtres. Le pied de dessous est vert- pomme clair, avec des points jaunes sur le pourtour. L'opercule est grand et ovalaire. Les lames cornées sont plus contournées que dans la plupart des autres Pourpres. GENRE POURPRE. 1 Ô 5. POURPRE GAUFFREE. Purpura ctathrata , Lam. (Collcct. Mass. Lam.) Chemn. , pi. 101, fig. 974 _ 975. PI. 5, fig. 5, et 5» jeune. P. teslâ ovatâ, muricatâ , costis spiniferis longitudinalibus et transversis grosse cancellalû, fulvescente; spinisbreviusculis,canaliculatis; aperturâ pal- lidè violaceâ; columellâ tortuosâ, rugiferâ ; labro dentibus validis armât o. Coquille ovale , subglobuleuse. Spire courte , pointue, formée de quatre à cinq tours,- déprimés en dessus et couronnés autour des sutures par des tubercules spini- formes plus ou moins saillants. Des varices aplaties formées par les accroissements successifs se trouvent sur toute la longueur des tours; les épines qui hérissent le dernier forment également six côtes transverses. Ce tour est globuleux , convexe; les séries d'épines qui le garnissent sont assez longues et canaliculées ; le premier rang est situé immédiatement au-dessous de la suture ; le dernier découpe obliquement la base de la coquille, qui est légèrement échancrée; des stries transverses assez iines, subgranuleuses ou rugueuses, au nombre de quatre à six, se remarquent entre les rangées d'é- pines. Ouverture assez large, ovale, légèrement violacée dans l'intérieur. Le contour du bord droit est digité par la disposition des épines, et ce bord est lui-même garni dans sa longueur interne de quatre à six dents ou tu- bercules pliciformes espacés. La columelle est presque droite , légèrement renflée vers le milieu, et chargée de deux à trois plis transverses, décroissant vers la base. Celle-ci est aplatie et tranchante. La surface extérieure est uniformément d'un fauve clair ; les épines en sont lG GENRE POURPRE. blanches, de même que les tubercules pliciformes qui garnissent la partie interne du bord droit. Long. i5 lig. Larg. 10 lig. Habite les mers de l'Inde. Les lames d'accroissement, disposées en rangées longitudinales et coupées par les côtes Iransverses, surmontées elles-mêmes de séries d'épines longues et pointues, forment un gros treillis sur toute la surface de cette coquille , et lui donnent un aspect par- ticulier. Elle est assez rare. La Purpura miticula de Lamarck n'est qu'un individu jeune et un peu fruste de la Clathrata. Nous l'avons fait représenter (p. 5, fig. 5 a) dans cet état. La forme exté- rieure de l'ouverture a beaucoup d'analogie avec la Pourpre Hystrix. 6. POURPRE DIGITÉE. Purpura digitala, La m. (Collect. Mass. Lam. ) List., Conch., t. 8o4? fig. ia. PI. 5 , fig. 6, et 6 a jeune. P. testa obovatâ, depressâ, fuscescente aut albidâ; costis transversis luber- culato-nodosis ; spirâ brevissimâ; aperturâ angustatè, aurantiâ ; labro ante- riùs digitis duobus armato. Coquille ovale, oblongue , légèrement déprimée», blanchâtre , ou d'un marron clair, surtout chez les jeunes individus. Spire très-courte et obtuse , formée de quatre à cinq tours ; les supérieurs légèrement couronnés par des tubercules autour des sutures. Le dernier tour est très-grand, et s'atténue insensiblement à la base, où il se termine en un canal court un peu infléchi vers le dos. La surface extérieure présente un grand nombre de , stries transverses , formées dans les individus bien frais MB GKMIE POURPRE. 17 de petites squammes imbriquées, et de quatre à cinq côtes également transverses dont les inférieures sont tu- berculeuses ; les deux supérieures sont hérissées de poin- tes ou d'épines qui disparaissent vers le bord droit ; celui-ci est épais, découpé en dehors et dans sa longueur par cinq digitations qui correspondent, en nombre égal, aux côtes transverses, dont elles ne sont que la continua- tion; ces digitations sont en forme de spatules à leur sommet, souvent divisées en deux lobes fort courts, dont les deux supérieurs dépassent de beaucoup les autres. L'ouverture est ovale, oblongue, d'une jolie couleur oran- gée; étroite dans les individus adultes, à cause des qua- tre à cinq dents très-marquées qui garnissent la partie interne du bord droit. Le bord columellaire est assez épais supérieurement, droit et légèrement aplati dans sa longueur. Vers la base de la columelle se trouve un large ombilic infundibuliforme peu profond, circonscrit par le bord gauche, et un bourrelet saillant, subsquammeux dans sa longueur. Long. 1 3 lig. Larg. 1 2 lig. Habite les mers de la Nouvelle-Irlande , au Hâvrc-Carteret, Cette espèce se distingue par ses séries de tubercules ou de pointes, terminées par les deux spatules singulières que nous avons décrites; les digitations du bord droit ne sont pas moins remar- quables. Chez les jeunes individus, les stries transverses formées d'écaillés imbriquées sont plus prononcées, et les premières séries de pointes s'y continuent jusqu'au bord droit. Le manteau de l'animal est découpé pour former les digitations de l'ouverture de la coquille. Les tentacules sont petits, pointus, oculés à la base, cerclés de brun au-dessus des yeux. Le pied est assez grand et ovalaire. Toutes ces parties sont d'un beau jaune se- 2 GENRE POUBPIIE. rin, piqueté de blanc. L'opercule est large, ovalaire, à lames droi- tes , appliquées les unes sur les autres. • 7. POURPRE LOBÉE. Purpura lobata, m, Hi.u.wim.k. (Collect. Mass. ) de Blainv. ,'Nouv. Ann. du Mus., pi. 9, fig. 7. PI. III, Gg. 7. P. testa ovatâ , oblongà , depressâ, ftiscescente ; costis Iransversis tubercu- lato-nodosis ; spirâ brevissimâ ; aperturà angustatâ, circuitu fuscescente, intùs albidâ ; labro anteriùs digilis spatuliformibus. Coquille ovale, oblongue, épaisse, déprimée, à spire courte, composée de quatre à cinq tours striés dans leur décurrence , et chargés de petites écailles imbriquées. Le dernier tour constitue à lui seul presque toute la co- quille. On y remarque cinq à six côtes transverses ob- tuses, et subnoduleuses, dont les deux supérieures sont garnies d'épines décroissantes de haut en bas. L'ouver- ture, ovale et assez évasée, est d'un beau brun marron a sa circonférence, blanche en dedans; bord droit di- gité en dehors par cinq lobes spatuliformes décroissant du supérieur à l'inférieur. Dans la coquille adulte , le bord droit est garni dans toute sa longueur de cinq den- ticules, quelquefois même d'un plus grand nombre. Le bord gauche , qui couvre la columelle, est assez épais, lisse, élargi à la partie supérieure, mais étroit et un peu aplati à la base. Le canal qui termine l'ouverture est très- court, oblique, terminé en une petite échancrure. Long. 1 4 lig- Larg. 1 1 lig. Habite GEXBE POURPRE. 1 () Cette coquille a été établie par M. de Blainville (Nouv. Ann. du Mus., i834) comme espèce distincte de la Purpura digitata; cepen- dant elle ne paraît en différer que par la coloration de la circon- férence de l'ouverture; du reste, elle est exactement semblable à la précédente. Je suis porté à croire qu'elle n'en est qu'une simple variété, mais, n'ayant pu l'observer sur un grand nombre d'indivi- dus, je lui ai laissé la place que lui avait donnée ce professeur. POURPRES RICINULES. 2 e SECTION. 8. POURPRE MUTIQUE. Purpura mutica, db Blainv. (Collect. Mass. Lam. ) Encyclopédie, pi. 5g5, fig. 2, a, b. PI. IV, fîg. 8, et 8» jeune. P. testa parvulà, ovato-globosâ, muticâ, crassâ, transversè striatâ, fusco- nigricante ; spirâ obtusissimâ ; aperturâ angusta , albo-violacescente ; Iabro crassissirno, valdè dentato. Coquille assez petite, subglobuleuse, solide, épaisse; spire courte , presque rétuse , formée de quatre à cinq tours à peine convexes et continus. La surface extérieure est brune, garnie d'un bout à l'autre de stries transverses nombreuses d'un brun noirâtre, qui ont à peine quelque convexité, et sont alternées par d'autres stries plus fines. L'ouverture est fortement rétrécie, d'un blanc bleuâtre ; l'échancrure de la base est très-étroite et peu profonde. Le bord droit est épais, chargé dans l'intérieur de cinq dents inégales , dont les deux premières sont les plus grosses et les plus saillantes ; elles sont quelquefois réu- nies ou seulement séparées par un petit sillon. La colu- melle est épaisse , renflée vers le milieu , légèrement 20 GEARE POURPRE. aplatie se terminant en pointe vers l'extrémité infé- rieure, laquelle n'offre que deux à trois petites granu- lations. Les jeunes individus ont souvent les stries subnodu- leuses plus distinctes et interrompues par des plis lon- gitudinaux. L'ouverture est plus grande, de couleur vio- lette. Le bord droit n'est garni dans l'intérieur que de cinq petits tubercules espacés, dont ceux de la base sont à peine apparents. Long. 9 lig. '/,. Larg. 7 lig. Habile les mers de la Nouvelle-Hollande et celles de l'île de France. Cette espèce, encore assez rare dans les collections, est plus pe- tite et plus globuleuse que les espèces précédente's. On doit consi- dérer la Ricinula pisolina de Lamarck comme un jeune individu de \sx Mulica. Nous en donnons la figure pi. 4 > fig- 8 a. 9. POURPRE MURE. Purpura morus, de Blaikville. ( Coîlect. Mass. Lame. ) List., Conch., t. 954? fig. 4 - 5- FI. IV, fig. 9, id. 9 a jeune, ici. çft variété. P. testa ovafâ , nodulis nigris cebris transversim seriatis cinctâ ; interstitiis albidis; spirâ obtusiusculâ ; aperturâ violaceâ, dentibus validis angustutâ. Coquille ovale, épaisse, d'une valeur médiocre, un peu obtuse aux extrémités ; spire conique , pointue au som- met, formée de cinq à six tours peu convexes , à sutures simples, légèrement enfoncées. Le dernier tour, aussi grand que la spire, est chargé à l'extérieur, de même que les autres tours, de légers bourrelets transverses et cou- GLMIK POCBPBE. 2 1 vexes, au nombre de cinq, sur lesquels sont disposées en séries régulières des épines ou tubercules noduleux ; on voit entre chacun de ces bourrelets une strie étroite, marquée le plus ordinairement, mais seulement dans les individus bien frais, d'écaillés longitudinales. L'ouver- ture est alongée, grimaçante, d'une légère teinte violette: le bord droit est surtout épaissi dans le milieu par deux dents dont la supérieure est la plus grosse; deux ou trois petites dents pliciformes se distinguent assez souvent vers la base du même bord. La columelle est renflée vers le milieu; cette partie offre dans presque tous les indi- vidus une ou deux petites guttules pliciformes inégales. L'échancrure de la base est fort étroite. La coloration extérieure de cette coquille est blanche, et les tubercules qui s'élèvent sur le fond sont d'un beau noir mat. Long. 1 pouce. Larg. 8 lignes. Habite l'Océan-Indien, vers l'île-de^France , et les Mers de la Nouvelle Hollande. Cette espèce est très-commune dans les collections ; la disposi- tion régulière des tubercules qui en dominent la surface, et leur couleur, lui donnent de la ressemblance avec une petite mûre, ce qui lui en a fait appliquer le nom ; ces nodosités sont en général mutiques et échelonnées sur de petites côtes transverses. Je re- garde la coquille, désignée par Lamarck sous le nom de Ricinula aspera, comme une variété, et mieux encore peut-être comme une jeune de celle que je viens de décrire; elle n'en est différente que par les bourrelets, qui sont plus cariniformes, plus distincts, et quelquefois plus espacés ; sur cette variété, les tubercules sont le plus souvent blancs, avec des bandes brunes et longitudinales. Je l'ai fait représenter pi. 4> fig. 9 a, de même qu'une autre variété toute blanche, à laquelle M. Duclos a donné le nom de Purpura spheridia (Ann. des Sciences natur., mai i832, pi. 2, fig, 10), mais qui appartient évidemment à la Pourpre Mûre. 2 2 GEKRE POURPRE. Je donne ici textuellement la description que M. Quoy a faite de l'animal de cette espèce, pour montrer que les animaux eux- mêmes peuvent varier dans leur couleur d'après les diverses lo- calités. Nous avons rencontré cette espèce, dit M. Quoy, à la Nouvelle- Hollande, dans la baie Jervis, et à Tonga-Tabou. Celle du premier lieu ne diffère des Pourpres de Congo que par son ouverture plus rétrécie. L'animal des individus pris aux îles des Amis a les tentacules grêles, pointus, oculés à la base, jaunes à la pointe, et de couleur verte dans le reste de leur étendue. Le pied est ovale, alongé, assez étroit, vert-pré sur les bords, et seulement vert jaunâtre au milieu. L'opercule est grand, jaunâtre, ovalaire, et dépassant les côtés du pied dans sa position transverse. La Pourpre de la baie Jervis a les tentacules glauques et blancs à leur pointe; le pied ovalaire, nodule sur les bords, verdâtre, piqueté de blanc, jaunâtre sur les côtés, avec le limbe antérieur noir. 10. POURPRE TUBERCULÉE. Purpura tuberculata, db Blairvillb. (Collect. Mass. et Mus.) de Blainv., Nouvelles Annales du Mus., pi. 9,fig. 3. PI. V, fig. io, et îoa variété. P. testa parvâ, crassâ, solidâ, ovatà, tuberculis nigris decurrentibus trans- versim seriatis cinctâ ; interstitiis albidis ; spirâ obtusiusculâ ; aperturâ elon- gatâ , violaceâ; labro intùs dentato. Coquille assez petite , ovale , assez aiguë aux deux extrémités, tuberculeuse, formée de cinq à six tours, légèrement convexes et subétagés; spire souvent courte et pointue ; toute la surface de cette coquille est hérissée de séries décurrentes de gros tubercules épineux d'un noir mat, au nombre de six sur le dernier tour. Le pre- mier rang de ces épines est situé immédiatement au- GKNRE rOURPRE. 20 dessous de la suture. Le fond de la coquille est blanchâ- tre , mais le plus communément d'un gris foncé. Les deux premières rangées de tubercules du dernier tour sont beaucoup plus fortement prononcées que les autres. L'ou- verture est alongée, étroite, d'un noir bleuâtre ou vio- lacé, avec les denticules blanches en dedans: elle est gri- maçante, rétrécie vers sa partie moyenne. Le bord droit est épaissi au milieu par deux grosses dents, dont la su- périeure est la plus saillante; au-dessus de celles-ci, et vers la base du même bord, s'en trouvent encore deux ou trois autres très-petites. La columelle est presque droite, épaisse, renflée vers le milieu, aplatie et pointue à l'extrémité inférieure; elle est presque lisse et n'offre ordinairement qu'une ou deux guttules à la base de la partie renflée. Long. 1 pouce. Larg. 8 lig. Habite les rivages de Madagascar, la mer Rouge et les mers de la Nouvelle-Hollande, dans la baie de Tonga-Tabou et aux îles des Amis. Cette espèce est fort voisine de la Mûre; elle en diffère cepen- dant par la forme de ses tubercules, qui sont plus gros et plus épineux, et par l'absence des stries transverses écailleuses. L'ou- verture est aussi d'une couleur plus obscure. M. Duclos appelle cette Pourpre Purpura granulata. (Ann. des Sclenc. natur., mai i832, pi. 2, fig. 9.) Notre figure 10% planche 5, offre la variété d'un individu dont les tubercules sont réunis et ne forment plus que de larges cein- tures transverses, noduleuses, au nombre de cinq. 24 GE.NRE POURPRE. 11. POURPRE A BORD BLANC. Purpura marginalba, de Blaihv. (Collect. Mass. et Mus.) de Blainviixe, Nouvelles Annales du Mu- séum, pi. io ? fig. 6. PI. V, fig. il, n a , jeune, n b variété. P. testa ovatâ, crassiusculâ, albidâ, nodulis nigris decurrentibus transvcr- sim sériai is cinctâ , interstitiis albidis; spirâ obtusiusculâ ; aperturâ ovatâ, subspatulatâ, violaceâ; labro intùs dentato. Coquille ovale, assez épaisse, noduleuse, atténuée aux extrémités; spire médiocre, pointue, composée de cinq à six tours subétagés, légèrement convexes; le dernier, traversé par six séries de tubercules mamelonnés dont un sur la suture. Ces tubercules forment très-souvent des côtes trans verses qui ne sont interrompues que par des sillons légers et longitudinaux. L'ouverture est ovale, subspatulée, d'un noir bleuâtre dans le fond ; le bord est canaliculé vers la partie supérieure à sa jonction avec l'avant-dernier tour ; tout le reste de son étendue est épais et garni dan$. sa longueur de quatre petites dents, dont les dernières sont plus minces que les autres. La columelle est presque droite, légèrement renflée vers le milieu. La couleur extérieure de la coquille est d'un gris blanc, les tubercules noirs. Le dedans de la lèvre est ordinaire- ment d'un blanc jaunâtre, varié souvent par des bandes brunes qui ne se prolongent jamais jusqu'au fond de l'ou- verture, se terminant vers le tranchant du bord. Long. î pouce. Larg. 8 lig. Habite les mers Australes. GENRE POURPRE. '2.5 Cette espèce, établie par M. de Blainville, me paraît présenter une telle analogie avec beaucoup d'individus de la Purpura iu- berculata, que je ne la considère que comme simple variété de celle-ci. Le bord blanc n'est point un caractère constant clans cette co- quille , au contraire, il varie au point de devenir presque brun dans certains individus. L'ouverture est un peu plus évasée que dans la Tuberculata , différence qui pourrait bien ne dépendre que du sexe : ce qui semble me confirmer dans cette opinion, c'est que nous voyons dans une série de luberculées des individus pas- ser insensiblement à la Marginalba. 12. POURPRE CANCELLÉE. Purpura cancettata, nobis. ( Collect. Mass.) de Blainville, Nouvelles Annales du Muséum, pi. io, fig. 1. PI. VII, fîg. iG. P. testa parvâ, tenuissimè striatâ, tuberculose, tongitudinaliterplicatâ, obli- que coslulatâ, cancellatâ, nigro-griseâ ; spirâ acutâ , exsertâ ; aperturâ ovatâ ; labro intùs dentato. Coquille assez petite, ovale, alongée; spire saillante, pointue, quelquefois élancée, formée de cinq à six tours, dont le dernier, caréné et aplati supérieurement, est aussi grand que tous les autres réunis. La suture qui les sépare est légèrement apparente , le bord qui la cou- ronne est crénelé dans toute son étendue; ces crénelures se continuent par des plis longitudinaux saillants assez rapprochés, un peu obliques, traversés à angles droits par des côtes transverses, écartées entre elles, et au nom- bre de cinq sur le dernier tour; ces côtes forment avec les plis longitudinaux un réseau à mailles carrées et lar- ges, dont les points d'intersection sont occupés par une aspérité; l'intervalle qui sépare les côtes est rempli par yfi GENRE POURPRE. des stries également transverses. L'ouverture est ovale, violacée dans l'intérieur. Le canal de la base est peu profond. Le bord droit est épais, garni à la partie in- terne de quatre dents tuberculées et d'un même nombre de taches brunes qui se continuent jusque sur le tran- chant; le bord est rarement tout-à-fait noir, mais alors il est mince et ses dents sont peu apparentes. La colu- melle est presque droite, présentant une ou deux rides au milieu. Cette coquille est uniformément d'une couleur grise, avec des tubercules plus bruns, ou complètement d'un brun noir. Il en existe une variété dont plusieurs des côtes transverses sont d'un blanc jaunâtre. Long, i pouce. Larg. 7 lig. Habite les rivages de l'île de Ticopia, les Nouvelles-Hé- brides. Cetle espèce est remarquable par la disposition des plis et des côtes qui la couvrent, et qui, formant des locules carrés, la font paraître comme enchaînée dans les deux sens. M. de Blainville l'avait nommée Pourpre à bord noir (p. 218, pi. 10, fig. 1 de son travail sur les Pourpres). Comme ce nom conviendrait également à plusieurs espèces du même genre, et que le caractère qui l'a fait assigner à celle-ci ne s'y montre pas toujours constant, je l'ai appe- lée Cancellée , de l'aspect même qu'elle présente qui est moins variable. M. Sowerby vient de faire paraître dans le t\i e cahier, pi. 3, fig. 10 of Récent foss'U Shells, la même coquille sous le nom de Purpura tessellata. 13. POURPRE ANAXARES. Purpura anaxares, Duclos. (Collect. WOIDEMAR.) PL VII, fig. 17. P. lesta minimâ, vcntiicosâ, turbinoidâ, nigrâ , albo-tuberculosà ; spirà GENRE POURPRE. 27 acutâ, anfractibus convexiusculis, ultimo superiùs depresso, anguloso, Irise- 1 iatiin tuberculis distincto ; interstitiis transversim sulcatis, costatis ; aperturà Iriangulari, fusco-violaceâ. Coquille très-petite, ventrue dans le milieu, turbi- noïde, à spire pointue au sommet, formée de quatre à cinq tours assez courts, un peu convexes, couronnés par un rang de tubercules. Le dernier tour, aussi grand que tous les autres réunis , est légèrement aplati à la partie supérieure, anguleux et pourvu sur l'angle d'une rangée de gros tubercules un peu striés, blancs, coniques et spi- niformes; au-dessous de cette rangée, on en remarque deux autres dont les tubercules sont moins prononcés, et dans l'intervalle desquelles est tracé un sillon transverse où passe une côte également transverse, convexe et sail- lante. L'ouverture est violacée , subtriangulaire, dilatée supérieurementet rétrécie à l'extrémité antérieure, où elle se termine par un canal étroit. Le bord droit est noir en dedans, épais, crénelé dans toute son étendue, avec plu- sieurs denticules à sa partie interne. La columelle est lisse , presque droite, arquée inférieu rement. La colora- tion de cette petite coquille consiste seulement dans la blancheur de ses tubercules, qui se détachent sur un fond noir. Long. 6 lig. Larg. 4 'ig. Habite Cette coquille, qui est assez rare dans les collections, paraît très- voisine de la précédente ; elle est légèrement cancelléc, et les tu- bercules en sont plus gros que ceux de cotte dernière. La Pourpre Anaxarès fait partie de la collection de M. Woldemar : je lui ai conservé le nom que lui a donné M. Duclos, quoique cet auteur ne l'ait point décrite. 28 GENRE POURPRE. 14. POURPRE BICONIQUE. Purpura biconica, de Blainville. (Collect. du Muséum.) de Blaikv., Nouv. Ann. du Mus., pi. 9, fig. 1. PI. IX, fig. 24. P. testa parvà, biconica, nigrescenti , albido-tuberculosâ; spirâ aculâ, no- duliscuronatâ ; ultirao anfractu biseriatim tuberculiscareaatis distincte) ; aper- turâ angustissimâ , inlùs violaceâ; labro dextro subspatulato, intiis dentato. Coquille petite, biconique , paraissant formée de deux cônes réunis base à base ; celui qui compose la spire est le plus court: cette spire est pointue au sommet, et com- prend cinq à six tours peu convexes, à suture simple, très-fine peu apparente, lesquels sont ornés de cinq rangées de tubercules transverses , noduleux et blancs ; les trois supérieures accompagnent la base de chaque tour; les deux inférieures sont situées sur le dernier ; elles sont plus saillantes, anguleuses ou carénées; ces séries, de même que les espaces qui les séparent, sont chargées de cordelettes costuliformes onduleuses, et de sillons nom- breux qui s'étendent sur toute la surface extérieure de la coquille. L'ouverture est très-étroite, violette en dedans. Le bord droit, subspatulé, présente deux angles qui cor- respondent aux carènes de l'extérieur; il est finement plissé dans toute son étendue, garni à l'intérieur et à sa partie médiane de trois à quatre petites dents obsolètes réunies à leur base. La columelle est droite, lisse et apla- tie dans toute sa longueur. La coloration de cette coquille paraît peu variable. Les sillons et cordelettes sont d'un brun fauve, les tubercules blancs. Long. 9 lig. Larg. 5 lig. Habite GENRE POURPRE. fig. 5. PI. VIII, fig. ao. P. testa ovata, tuberculato-nodulosâ, transversim tenuissimè striatâ, octo- iariimi varicosâ, luteâ aut rubente ; tuberculorum seriebus varices ivmulan ti- bus; caudâ brevi; labro intùs dentato. Coquille ovale, épaisse, onduleuse, de grandeur mé- diocre, ventrue au milieu, atténuée à ses extrémités; la spire en est ordinairement élevée, subturriculée , pointue au sommet, formée de six tours, dont le dernier est plus grand que les autres réunis. Ces tours sont à peine con- vexes: ils sont couverts de stries transverses granuleuses, fines et rapprochées ; chacun d'eux présente vers la base deux rangs de nodosités dont le premier est situé sur la partie la plus saillante du tour, et l'autre en borde la su- ture ; ce dernier rang présente de plus petits tubercules. Le dernier tour est plus grand que la spire; il est chargé de deux rangs de tubercules formant séries dans les deux sens, mais plus marquées verticalement; sur certains in- dividus, les tubercules de la première rangée se dévelop- GENRE POURPRE. 55 pant davantage, forment une carène; ceux des deux der- niers rangs, placés à la base, finissent souvent par se réunir, et n'offrent plus alors que des côtes décurrentes assez saillantes et obliques. L'ouverture, entièrement orangée, est ovale, alongée, subgrimaçante, légèrement canaliculée. Le bord droit est épais, un peu onduleux dans son étendue, garni dans l'intérieur de six à sept dents pliciformes; la columelle est droite, avec deux ou trois guttules à la base. Cette coquille est blanchâtre à l'extérieur; les tubercules, plus foncés, ont leur pointe co- lorée d'une assez jolie teinte rousse. Long, i pouce. Larg. 7 lig. Habite les mers de l'Ile-de-France. La forme de cette espèce la rend assez remarquable ; elle avait été placée par Lamarck dans les Murex sous le nom de M. concate- natus. M. de Blainville l'a réunie aux Pourpres, avec lesquelles elle a réellement plus d'analogie. Le même auteur a décrit et figuré (Nouv. Annalcsdu Mus., p. 207, pi. 10, fig. ia), sous le nom de Purpura subturrita, une coquille que je regarde seulement comme une variété à ouverture blanchâtre de la Concatenata; cette diffé- rence dans la coloration de l'ouverture est la seule qui puisse se remarquer entre ces deux coquilles. 18. POURPRE MURICINÉE. Purpura muricina, de Blaikvillr. (Collect. Mass. et Mes.) de Blainv., Nouv. Ann. du M us., $1. 10, fig. 2, 3,4, et pi. 10, fig. 5. PI. VI, fig. i3, idiô a et i3>> jeunes; pi. VII, fig. 1 5, variété. P. testa mediocri, ovato-elongatâ, subfasiformi, tenuissimè striatâ, subcari- 3 54 GENRE POURPRE. natà , longitudinnliter plicatâ, alteris, striis decurrentibus nodosâ, violaceo- griseâ ; spirâ acutâ, subcontabulatâ; aperturà varia, fusco-violaceâ. Coquille médiocre, ovale, alongée, subfusiforme , à spire plus ou moins pointue, formée de cinq à six tours peu convexes, subétagés, légèrement aplatis au-dessus, traversés par des stries nombreuses, fines, écailleuses dans les jeunes individus. Ces tours sont couronnés dans le milieu d'un seul rang de tubercules pliciformes. Le dernier tour est moins grand que les autres réunis : il est subanguleux à la partie supérieure, atténué à l'ex- trémité inférieure; on y remarque huit à dix plis longi- tudinaux qui disparaissent souvent avant d'avoir atteint la base; ces plis, élevés et arrondis, sont coupés par cinq à six fortes stries décurrerrtes qui produisent des nodo- sités , lesquelles se terminent, dans certains individus, par des pointes très-aiguës. L'espace qui existe entre la carène supérieure et la suture est rempli, chez les indi- vidus très-frais, par un grand nombre de petites lamelles feuillacées et imbriquées. L'ouverture est ovale, oblon- gue, teinte ordinairement d'un brun foncé et violacé ; la coloration de brun est plus ou moins claire ; quelquefois même elle devient presque blanchâtre dans le fond, et ne se conserve foncée que sur les bords. La lèvre droite est mince, garnie à sa partie interne* Je quatre à cinq tubercules pliciformes qui se prolongent le plus souvent dans le fond de la cavité ; des bandes plus ou moins lar- ges, en même nombre que les tubercules, sont peintes sur ceux-ci, et viennent s'épanouir en se terminant sur le tranchant du bord; la columelle est presque droite, le plus souvent lisse. Toute la surface extérieure de cette coquille est grisâtre, avec les plis et les tubercules vio- lacés. GENRK POURPRK. DO Loug. i5 lig. Larg. 8 lig. Habile les mers Australes et les côtes de la Nouvelle-Zé- lande. Cette espèce offre de légères différences dans quelques individus, soit pour la coloration, soit par l'absence d'un tubercule au bord droit, ce qui avait entraîné M. de Blainville à établir comme es- pèces distinctes les individus qui n'ont que quatre tubercules sur le bordinterne; il les avait nommées JVIuricoïdes. De nouvelles et mi- nutieuses observations sur les types mêmes de ce savant et sur un grand nombre d'autres individus, ne m'ont pas permis de con- server cette division, n'ayant aperçu entre ces espèces aucune autre différence que celle déjà signalée, qui, je pense, ne doit servir qu'à faire considérer la Muricoïde comme variété de la Muricinée. (Voir pi. VII, fig. i5.) Les jeunes individus de ces coquilles sont très-remarquables par les séries des tubercules, qui s'y développent tellement qu'ils forment quelquefois des pointes très-élevées. (Voir notre pi. VI, fig. i5*.) !'.». POURPRE FRAISE. Purpura fragum, de Blainville. (Collect. du Muséum.) de Biainv., Nouv. Ami. du Mus., pi. 9, fig. 4- PI. VIII, fig. ai. P. testa ovato-conicâ, tuberculato-nodulosâ, transversiin tenuissimèstrialâ, longitudinaliter subplicatâ , albidà , fuscorum tuberculorum seriebus varices xmulantibus; aperturâ ovatâ, subcanaliculatâ, albidâ ; labro intùs subdeutato. Coquille ovale, noduleuse ; spire élevée, formée de cinq à six tours distincts , subétagés , légèrement con- vexes, subturriculés, pourvus comme dans l'espèce pré- 3G GENRE POURPRE. cédente de tubercules arrondis, au nombre de cinq sur le dernier tour ; celui-ci est légèrement aplati à la partie supérieure, bordé le long de la suture de taches de même couleur que celles des tubercules, c'est-à-dire d'une teinte rougeâtre sur un fond blanc. Les tubercules correspon- dent à chacun des plis, qui sont légèrement saillants, et qu'on voit se continuer longitudinalement ; quelquefois encore ces mêmes tubercules sont réunis et ne forment plus que des côtes décurrentes ribduleuses. L'ouverture est ovale, alongée, subcanaliculée, de couleur blanchâtre. Le bord droit est un peu épaissi à l'extérieur par le der- nier pli, et garni à la partie interne de six à sept petites dents plici formes. La columelle est presque droite, avec plusieurs guttules vers la base. Long. »4.Kg« Larg. 8 lig. Habite Cette coquille est un peu plus développée que la précédente, ce qui l'en distingue aisément. Sa forme, la disposition régulière et mamelonnée de ses tubercules, et la teinte générale dont ils sont colorés, offrent en effet quelque ressemblance avec une fraise; la coquille décrite et figurée dans l'ouvrage de Born sous le nom de Murex rugosas, p. 3o5, pi. u, fig. 6, 7, me paraît appartenir à celle-cii «EKRE POimPHK. 37 20. POURPRE TRITONIFORME. Purpura triloniformis, de Blainv. (Collect. du Mes.) de Blainville, Nouvelles Annales du Muséum, pi. 8, fig. 18. PI. VIII, fig. !8. P. testa avato-elongatâ, tenuissimè striatâ, subcancellatà, obsoleto-costatà, albidâ; lineolis decurrentibus fulvis; spirâ elongatâ, acutâ ; aperturà ovatà, subcanaliculatâ, alba; labru intùs plicato. Coquille ovale , aiongée , subfusiforme , légèrement treillissée ; spire assez élevée, pointue, composée de cinq à six tours arrondis, subétranglés à leur suture, et garnis de plis ou costules longitudinales subnoduleuses ; ces costules sont souvent traversées par des cordelettes de même couleur que le fond de la coquille, qui est blanchâ- tre, et elles sont ornées dans leurs interstices par trois ou quatre stries décurrentes très-fines de couleur fauve ou d'un brun violet. L'ouverture est blanche, ovale; le bord droit est mince, avec six tubercules pliciformes à la partie interne. La columelle est- lisse et presque droite. Long. 1 1 lig. Larg. 6 lig. Habite Cette espèce, qui a été établie par M. de Blainville, est surtout remarquable par la distribution des stries fines et transverses quk en couvrent la surface; quelquefois très-rapprochées, elles parais- sent former des bandes. 58 (.1-. Mil POURPRE. 21. POURPRE MOSAÏQUE. Purpura mu siva, nobis. (Collect. Mass.). PL IX,fig. 22. P. testa ovatâ, nodulosâ, biconicâ , albidâ , ingris maculis , plerumquè oblongis etalternis fulvis distinctâ, tenuissimè striatâ ; spirâ conicà, snbtur- ritâ , seriatim tuberculatâ ; quinqne seriebus in ultimo anfractu ; aperturâ ovatâ, cacruleo-albidâ ; labro crasso, intiis dentato. Coquille ovale, noduleuse, atténuée à ses extrémités, ordinairement blanchâtre, marquée de stries décurrentes très-tines et noires, oblongues et quadrangulaires, alter- nées par d'autres taches plus ou moins fauves. Spire conique, subturriculée , pointue au sommet, formée de cinq à six tours; les supérieurs sont couronnés au-dessus de la suture par une rangée de tubercules arrondis, co- lorés de fauve; une série de taches oblongues et noires qui correspondent en nombre égal à ces tubercules , est placée au-dessus d'eux. Le dernier tour, un peu plus grand que tous les autres réunis, est légèrement aplati et an- guleux vers la partie supérieure: on y remarque aussi cinq rangées de tubercules ; celles d'en haut sont de cou- leur fauve et plus prononcées que les suivantes, qui, tranchées par des séries tour-à-tour noires ou rousses, diminuent insensiblement de grosseur jusqu'à la base de la coquille. L'espace compris entre la première série de tubercules dont la carène est composée, et l'avant-dernier tour de spire, est orné détaches oblongues subnodu- leuses plus grandes que toutes celles qui garnissent la partie externe de la coquille. Ouverture ovale d'un GENRE POUhPRE. 5(J blanc bleuâtre. Bord droit épais, marqué de quatre den- ticules blanches à sa partie interne. Chez certains indi- vidus le même bord est mince, peint intérieurement de trois bandes qui se prolongent dans le fond de la cavité de l'ouverture. Long. i pouce. Larg. 6 lig. Habite Cette espèce, dont nous ne connaissons pas encore la patrie, est facilement reconnaissable par les taches ou tubercules dont elle est couverte, et qui présentent en effet, par leur régularité, l'aspect d'une petite mosaïque. 22. POURPRE AMANDE. Purpura amygdata, noms. (Collect. Mass.). PI. X, fig. 26. Testa ovatâ, elongatâ, crassâ, longitudinaliter plicatà, striis tenuissimis ad basim latioribus transversim distinct;!; fulvo-albescente ; spirâ breviusculâ, acutâ ; sutura leviter canaliculalà; aperturâ ovato-oblongâ, albidâ ; labro dextro tenui, intùs sulcato. Coquille ovale, alongée, assez épaisse; spire légère- ment élevée, pointue, étagée, formée de six tours à peine convexes. La suture est linéaire, un peu enfoncée, sub- tuberculée sur le bord. Le dernier tour est plus grand que tous les autres réunis , et coupé vers la base par deux ou trois petits bourrelets convexes et saillants. Toute la surface extérieure de la coquille est garnie de 4o GENRE POURPRE. côtes longitudinales; on en compte sept à huit sur le der- nier tour; ces côtes sont traversées par un grand nom- bre de fines stries subquameuses transverses et régu- lières qui s'élargissent un peu vers la base, près du canal, et y deviennent souvent onduleuses. L'ouverture est ovale, oblongue, blanchâtre. Le bord droit est mince, tranchant, garni dans sa longueur et à sa partie interne de légers tubercules pliciformes.La columelle est simple, presque droite, revêtue d'un bord gauche qui se relève un peu au-dessus d'un ombilic légèrement formé, lequel est circonscrit au dehors par un bourrelet contourné et subsquameux. La couleur de cette coquille paraît être ordinairement d'un citron pâle. Long. 1 3 lig. Larg. 7 lig. Habite Il est facile de distinguer cette coquille des espèces voisines par sa forme en amande. 23. POURPRE BUCC INI FORME. Purpura bucciniformis, nobis. (Collect. Mass.). Schtjb. Wag. Conchyl. Cabin. XII, pi. 227, 6g. 4o23-4o24- PI. VIII, fig. 19. Testa ovatâ, subfusiformi, acutâ, longitudiaaliter pllcatâ, transversim te- nuissimè striatâ, fulvo-albescente , seriatim fusco maculatà ; anfractibus con- vexis; aperturâ ovato-elongatâ, albâ; labro dextro ad médium crasso, intùs dentato ; columellà ad basim subplicatâ. Coquille ovale, subfusiforme, aiguë au sommet, for- GENRE POURPRE. 4 1 mée de huit tours bien distincts, un peu renflés, sillonnés en long par des plis obtus assez nombreux qui se conti- nuent rarement jusqu'à la base delà coquille; ces tours sont recouverts sur toute leur surface de sillons trans- verses et de stries fines et noduleuses en très-grand nom- bre. L'ouverture est ovale, alongée, blanche, le canal légèrement relevé vers le dos. L'échancrure légère est un peu oblique, le bord droit est surtout épaissi vers le mi- lieu par des tubercules subpliciformes très-rapprochés, au nombre de six à sept, dont les inférieurs sont moins prononcés. La columelle est presque droite, avec quel- ques guttules pliciformes près de la base. La coloration extérieure de cette coquille est blanchâtre, marquée de larges bandes rousses, et autour de la suture, d'une série de petites taches brunes et oblongues; deux autres séries de ces mêmes taches existent sur le dernier tour ; celles qui se trouvent placées sur le milieu de la convexité sont plus grandes et plus foncées. Long. i4 lig. Larg. 8 lig. Habite Cette coquille est décrite et figurée dans le premier volume du supplément à l'ouvrage de Chemnitz, par Shubert et "Wagner, p. io3, pi. 227, fig. 4<523, 4 02 4> sous le nom de Turbinetla crati- cula; mais, loin d'appartenir à ce dernier genre, il est présumable qu'elle sera comprise par la suite dans le genre Buccin, avoisinant le Buccinum undosum, avec lequel elle a beaucoup de rapports. 4' GENRE POURPRE. 24. POURPRE DAMASSÉE. Purpura alveolata, noms. (Collect. Mass.). PI. IX, fig. a3. Testa parvà, ovatà, biconicâ, venlricosâ, subturbinoïdeâ , leviter striatà ; albâ, seriatim fusco-maculatâ ; tuberculis quadratis ordioatis, in terstitiis sul- catis ; aperturà ovato-rotundatâ, albâ; labru dextro tenui; columeliâ ad mé- dium arcuatâ. Coquille petite, ovalaire, biconique, ventrue au mi- lieu, subturbinoïde, légèrement striée; spire pointue au sommet, composée de cinq tours assez courts et peu con- vexes; la suture est linéaire, accompagnée d'une rangée de tubercules obtus et bruns, régulièrement espacés. Le dernier tour est plus grand que tous les autres ensemble, légèrement atténué à la base, orné et entouré vers le tiers supérieur d'une série de tubercules de même couleur que ceux de la suture, mais plus prononcés et d'une forme plus carrée ; au-dessous de ces tubercules, il y en a d'autres qui forment des rangées ; ceux-ci sont plus petits, plus oblongs, très-rapprochés, finissant quelquefois par se réunir et ne plus présenter qu'une bande brune légè- rement onduleuse, atténuée par des sillons transverses. A la base du dernier tour se voient trois taches brunes, alongées et obliques, se dirigeant vers la columelle ; le bord droit est mince, la columelle arquée au milieu. Long. 7 lig. Larg. 4 lig. Habite La coloration de cette coquille d'un blanc nuancé de roussâtre et parsemé de taches brunes régulières qui semblent former des ceintures sur toute la surface, lui donne un aspect très-élégant. GENRE POUUPBE. 43 # 25. POURPRE NASSOIDE. Purpura nassoidcs. Quov ht Gain. (Collect. du Mus.). Quoy et Gain., Astrolabe, Zoologie, pi. 38, fi?- 7-9- pi. x, fig. ié. Testa ovato-globosâ, crassâ, apice conicâ, acutâ, albido-lutescente, tuber- culose, longitudinaliter transversimque plicatâ; aperturâ ovatâ, albâ; labro dextro intùs denticulato. Coquille assez petite, ovale, globuleuse, blanchâtre, épaisse, nassiforme, subombiliquée, formée de quatre à cinq tours de spire, subétagés, courts, marqués sur leur superficie de plis longitudinaux, et coupés par des sillons transverses qui forment des espèces de tubercules sur la longueur des plis. L'ouverture est blanche, ovale; le bord droit est épais, garni dans toute son étendue et à sa partie interne de six à huit petites denticules. Co- lumelle couverte en partie par le bord gauche, qui est épais, lisse, orné seulement de deux guttules pliciformes à la base. Long, i o lig. Larg. 7 lig. Habite l'île de Tonga-Tabou. Cette espèce, établie par MM. Quoy et Gaimard, et décrite dans leur Voyage de l'Astrolabe, p. 564, est bien distincte des autres Pourpres par sa forme, qui a quelques rapports avec cer- tains Buccins nasses. 44 GENRE POURPRE. 26. POURPRE BOUCHE JAUNE. Purpura ochrostoma, or Blahivills* (Collect. Mass. et Mus.). Quoy etGaim., V oy. de CJst.,j>l. 38, fig. 10-11. PI. X, fig. 3Q. Testa parvâ, acutâ , crassâ , albidâ , longitudinaliter costatâ, transversim tenuissimè striatâ ; spirâ altiusculâ , acutâ ; aperturâ ovato elongatâ, intùs au- rantiacâ ; labro dextro intùs loDgissimè striato. G)quille petite, épaisse, ovale, un peualongée; spire assez élevée, pointue au sommet, formée de cinq tours distincts , légèrement convexes et treillissés ; les sutures subétranglées; le tour inférieur compose à lui seul près de la moitié de la coquille, dont toute la superficie est garnie de côtes longitudinales au nombre de six à sept; ces côtes sont saillantes, arrondies, coupées transversale- ment par des stries fines et rapprochées ; plusieurs de ces stries, s' élevant davantage, finissent par former des espèces^de carènes, surtout vers la base du dernier tour. L'ouverture est ovale, alongée, d'un jaune orangé à l'in- térieur ; le bord droit est garni à sa partie interne de stries nombreuses qui se prolongent jusqu'au fond de la cavité. La columelle est légèrement arquée, le plus sou- vent garnie du côté de la base de deux ou trois tuber- cules pliciformes. La couleur extérieure est complète- ment blanchâtre. Long. 9 lig. Larg. 5 lig. Habite les mers de la Nouvelle-Irlande. Cette coquille, établie par M. de Blainville, paraît bien distincte GENRE POIJRPIIE. 4'^ de la précédente par sa forme plus alongée et par la couleur de son ouverture. Cependant MM. Quoy et Gaimard l'avaient envi- sagée comme une variété de leur Purpura nassoides. 27. POURPRE ÉLANCÉE. Purpuraelata, de Blainvillk. (Collect. Mass.) de Blainville , Nouvelles Annales du Muséum, pi. 1 1 , fig. i . PI. X, fig. 27. Testa ovatâ, sub turbin atâ, crassiusculâ, subechinatâ, transrersim lenuis- simè striatâ, albâ, tuberculis ordinatis costatâ; spirâacutâ; aperturâ ovatâ, oblongâ, albâ aut flavescente ; labrodextro crassiusculo, undato,intùsdentato. Coquille ovale, subturbinée, assez épaisse, de gran- deur médiocre, subéchinulée, à spire pointue au sommet, subturriculée, formée de six tours légèrement aplatis en dessus, ordinairement courts, anguleux à leur partie moyenne, et couronnés sur l'angle par un rang de tuber- cules coniques, pointus, dirigés horizontalement. Les sutures sont linéaires. La spire, ainsi que le dernier tour, est striée. Sur ce dernier tour se voient quatre rangées décurrentes de tubercules pointus au sommet, à base élargie, formant dans le sens longitudinal huit à neuf côtes obliques. L'ouverture est ovale, oblongue, blanche, quelquefois jaunâtre en dedans. Le bord droit est assez épais, un peu onduleux, garni à la. partie in- terne de six à sept guttules pliciformes qui se perdent dans le fond de la cavité. La columelle est légèrement aplatie, faiblement marquée à la base d'un ombilic peu profond ; le bord gauche qui la recouvre est mince, ap- pliqué dans toute son étendue; vers la base, se voient deux à trois guttules pliciformes transverses. Cette coquille 40 GKNRK POURPRK. est uniformément blanche en dehors, rose dans le jeune âge. Long. i4 lig. Larg. 8 lig. Habite les mers de la Nouvelle-Hollande. Il existe dans la collection du prince d'Essling une variété de cette espèce qui est plus oblongue ; elle est remarquable par le développement des tours de spire, et par une rangée de petits tu- bercules qui bordent la plupart des sutures. Espèces ovales, s ubtur binées r, épaisses, carénées ; spire conique, pointue; ouverture assez large ; bord droit, denticulé ou strié, sinueux et quelquefois lobé. POURPRES ARMIGÈRES. -28. POURPRE ARMIGÈRE. Purpura armigera, Lam. (Collect. Miss. Lam. ) CHEMN.,Conch., n, 1. 187, fi^. 1798-1799. PI. XI, fig. 5i. Testa ovatâ, turbinatâ , transversiin striatâ, tuberculis clongatis obtusis, iransversim pluriseriatis ai mata; albidà, fasciis fulvesct-ntibtis ; spirâ conicfi, tuberculato-nodosâ ; labro dextro tenui, in tus dcntato. Coquille ovale, turbinée, assez grande, épaisse, solide, ventrue dans le milieu ; elle semble composée de deux cônes réunis base à base; celui qui forme la spire est le plus court. Cette spire, pointue et sillonnée transversale- ment, compte six tours un peu aplatis en dessus, angu- GBNBE POl'RPRK. 47 leux à leur partie moyenne, et couronnés sur l'angle par un seul rang de tubercules coniques, obtus, dirigés hori- zontalement. Le dernier de ces tours est hérissé de quatre rangées de tubercules ; ceux des deux premières rangées sont très-saillants, épais et légèrement creusés en dessous. Les deux rangées inférieures sont moins prononcées, quelquefois même les tubercules de la dernière dispa- raissent complètement. L'ouverture est médiocre, alon- gée, subtriangulaire; le bord droit est blanc en dedans, mince , tranchant et sinueux chez les jeunes individus. Sur ce fond blanc se détachent trois larges zones d'un brun foncé qui correspondent à celles de l'extérieur. Ce bord est épais chez les adultes, pourvu de huit tuber- cules pliciformes que l'on aperçoit encore au fond de la cavité. Il est découpé en dehors et dans sa longueur par trois ou quatre tubercules qui correspondent en nombre égal à ceux de la surface ; la columelle est blanche, ou légèrement colorée de roussâtre, arquée supérieurement, presque droite dans le reste de sa longueur, garnie vers la base de deux à trois rides ou guttules peu apparentes. La coloration de cette espèce est peu variable; elle est d'un blanc grisâtre, avec de larges bandes fauves plus ou moins foncées, au nombre de quatre sur le dernier tour; rarement elle est tout-à-fait blanche. Long. 5 pouces. Larg. 2 pouces. Habite la mer des Indes, l'île Bourbon, et les îles de l'Océanie. Les tubercules gros, coniques et généralement blancs dont cette coquille est toute hérissée, la rendent très-remarquable. Au premier aspect, elle ressemble à une turbinelle ; mais après avoir 4 8 GEMiE POIRPRE. examiné un grand nombre d'individus de cette espèce, je n'ai ja- mais trouvé les guttules ou rides de la columelle assez prononcées pour qu'elle doive être comprise dans ce dernier genre, comme le dit M. de Blainville dans sa Monographie des Pourpres. 29. POURPRE PIE. Purpura pica, de Blainville. (Gollect. Mass.).Martinh!!,p1. ioo,fig. 956-957, pi. u,fig.5i. PI. XI, fig. 5i. Testa crassâ, solidà, oratâ, ventricosâ, subturbinatâ, transversim striatà, albidâ, ciugulis interruptis fuscis ornatâ; tuberculis transversim pluriseriatis armatâ; spirâacuiâ; aperturâ ovato-oblongâ ; labro dextro crasso, intùs al- bescente, frequentissimè striato ; columellâ crassâ, fusco-maculatà. Coquille épaisse, solide, ovale, ventrue, subturbinée, de grandeur moyenne, atténuée à ses extrémités, cou- verte de légers sillons. Spire pointue, plus courte que le dernier tour; on compte six de ces tours rétrécis, con- vexes , déprimés supérieurement , et sur le milieu des- quels s'élève une rangée de tubercules droits, pointus et pyramidaux. Le dernier tour est élargi à sa partie supé- rieure, hérissé de trois séries de tubercules simples, épais à la base, formant des espèces de côtes longitudi- nales au nombre de sept ; ceux de la troisième rangée ne sont très-souvent indiqués que par une côte subnodu- leuse. L'ouverture est ovale, oblongue ; le bord droit épais, mince sur le tranchant qui est lisse. Il existe sur ce bord quatre taches noires qui paraissent être la con- tinuation de celles dont la surface est couverte. La troi- sième de ces taches est bifurquée. Tout le fond de la ca- vité du même côté est garni d'une vingtaine de stries de couleur aurore. La columelle est épaisse, un peu inclinée GENRE POURPRE. 4 ph 233, fig. 4091-4092; de même que le jeune âge, pi. a32, fig. 4078. Nous la représentons pi. 14? fig« 38 a . Une troisième et remarquable variété se compose d'individus plus petits, ayant la spire plus courte, et dont le tour inférieur, au lieu d'être aplati vers le haut, est arrondi et garni, sur le milieu de la convexité, d'une seule rangée de tubercules spiniformes au nombre de six. L'aspect général de cette variété lui donne une grande analogie avec la Purpura angulifera, mais les modifications de la forme et les accidents du dernier tour de spire la réunissent invariablement à la carinifère. La base de la columelle offre aussi des différences assez considérables. Tantôt elle est rétrécie et laisse à peine apercevoir la fente ombilicale; tantôt elle est beaucoup plus large et percée d'un grand ombilic infundibuliforme. Cette espèce a été recueillie en grande abondance dans les mers de l'Inde par M. Roux , savant infatigable, dont la science , dans ces derniers temps, a déploré la perte. Espèces ovales, assez courtes, ventrues ; spire peu alongêc; ouver- ture large; bord droit, légèrement évasé et sdlonné. POURPRES PYRULIFORMES. &O. POURPRE REZOAR. Purpura bezoar, de Blaihvillb. (Collect. Mass. Lam.) FAVANNE,Conch., pi. 4, fig. C, D. PL 17, fig. 49- P. testa ovato-abbreviatâ, ventricosissimâ , crassâ, rudi, sulcis latis tran»- versim cinctâ, tuberculiferâ, squalidè fulvâ ; ultimo anfractu tuberculorum seriis tribus muricato, anteriùs lamelloso ; labro intùs sulcato. Coquille ovale, raccourcie, très-ventrue. Spire courte, GENRE POURPRE. 65 pointue, formée de six tours fortement carénés au mi- lieu. La carène est tranchante dans le jeune âge, plus obtuse sur le dernier tour; elle est couronnée d'un seul rang de tubercules pointus, squammiformes, plus ou moins nombreux suivant les individus. La partie supé- rieure des tours est aplatie et couverte de plusieurs sil- lons interrompus par un grand nombre de lamelles min- ces, peu relevées, qui s'étendent tout le long de la suture jusqu'à la carène, et qui marquent très-distinctement les accroissements successifs. Le dernier tour est fort grand; outre la carène supérieure, dont les tubercules sont creu- sés assez profondément en forme de gouttière à l'inté- rieur, chez les individus adultes, et s'unissent aux lamel- les de distance en distance, ce tour présente encore deux autres rangées de tubercules qui sont moins développés que les premiers ; ils sont obtus sur la partie la plus convexe, et finissent quelquefois par disparaître. La co- quille est sillonnée entre les rangées de tubercules; les sil- lons sont peu profonds, assez écartés, écàilleux dans le jeune âge, lisses dans les vieux individus. La base de la coquille est largement ombiliquée; l'ombilic est grossiè- rement lamelleux à l'intérieur, et circonscrit au dehors par un gros bourrelet contourné, chargé d'écaillés cour- tes et épaisses. L'ouverture est grande, ovalaire, blan- châtre. Le bord droit est épais, sillonné dans toute sa longueur; les sillons sont bruns. Ce bord est plissé et tailladé par plusieurs échancrures qui correspondent aux séries de tubercules. La columelle est arrondie, fortement arquée en dedans; le bord gauche est épais, et devient saillant au dessus de l'ombilic, qu'il cache en partie. Cette coquille est généralement d'un fond blanchâtre sur lequel se détachent les sillons d'un brun marron; quelquefois ils sont interrompus. 5 Jm 66 GENRE POURPRE. Long. 5 pouc. Larg. 26 lig. Habite l'Océan Indien , sur les côtes de la Chine ; la mer Pacifique, sur les côtes de la Californie. Cette coquille, qui avait été placée par Lamarck dans les Py- rules, sous le nom dePyrula Bezoar , en a été extraite vers ces derniers temps par M. de Blainville, qui l'a rangée parmi les Pourpres. Cette détermination lui convient beaucoup mieux, d'après les caractères qu'elle présente. Elle est remarquable par sa forme ventrue et ramassée, raboteuse chez les jeunes individus, où il n'existe que la rangée supérieure de tubercules. La forme en gouttière de ceux-ci , et la disposition des lamelles fines et den- telées du haut de la spire , rendent cette Pourpre fort singulière. 41. POURPRE BOURGEONNEE. Purpura mancinella, Lah. (Collect. Mass. Lam. ) Rumph. Mus., t. 24» fig. 5. Pl.XVI-, fig.46. P. testa ovato-ventricosâ , crassâ, tuberculis subacutis basi rubris transver- sim seriatis muricatà, albo-rubente ; spirâ conico-acutâ ; aperturâ flavâ ; labro intùsstriato; striis rubro coloratis. Coquille ovale, ventrue, épaisse, très-convexe; à spire courte , conique et pointue, composée de cinq à six tours légèrement convexes; les supérieurs chargés d'une oudeux rangées de petits tubercules transverses ; sur le dernier tour, on compte quatre et quelquefois cinq de ces ran- gées, dont les tubercules sont beaucoup plus gros, à base élargie, et pointus au sommet. Entre ces rangées se voient des stries rugueuses assez fortement prononcées. La base GENRE POURPRE. G7 de la coquille est large, relevée en angle assez saillant qui circonscrit un ombilic dans les individus très-adultes. L'ouverture est médiocre, ovale-oblongue, d'un beau jaune orangé. Le bord droit est épais, tranchant, très- légèrement dentelé, marqué à la partie interne d'un grand nombre de stries d'une couleur orangée plus foncée. Le bord gauche est large, aplati, recouvrant la columelle et une partie d'une fente ombilicale. La base est élargie et offre une fente étroite fort oblique. La couleur exté- rieure de cette coquille, ainsi que les tubercules , est d'un blanc sale. L'épiderme est brun. Long. 2 pouc. Larg. 18 lig. Habite les mers de l'Inde, sur les côtes d'Amboine et de Trinquemalay, dans l'île de Ceylan. Cette coquille est commune dans les collections , cependant elle s'y trouve rarement dans un bon état de conservation; et c'est avec ce désavantage qu'elle a toujours été observée et décrite par les auteurs. Lamarck envisage comme variété un individu de cette espèce, complètement rougeâtre, et dont les tubercules du devant n'ont été rendus de cette couleur que par le frottement qu'a essuyé la coquille. Shub et Wagn ont indiqué la Purpura Man- cinella dans leur Supplément d Ckemnitz, t. 12, p. i45, pi. 253, fig. 4o85-4o86, sous le nom de Purpura hœmastoma. Il y a une véritable variété de cette espèce qui est plus petite , et qui n'est ornée sur le dernier tour que de deux rangées de tuber- cules très-apparents ; les deux autres rangées se montrent à peine noduleuses. L'animal a un pied fortement bilobé en avant; ovalaire, un peu lancéolé en arrière; blanc-jaunâtre en dessous, rougeâtre sui- tes côtés, avec des taches noires, de même que sur la tête et les tentacules. Ces derniers ont, de plus , un large anneau noir au- dessus des yeux, lesquels sont placés sur un renflement de la base de ces tentacules. Le bord du manteau est frangé ; le syphon f)8 GENRE POURPRE. est de couleur brune. La trompe elle-même est rougeâtre; cette teinte est également celle de l'opercule, qui est quadrilatère. hl. POURPRE ÉCHINULEE. Purpura echinulata, Lam. (Collect. Mass. Lam.) Sowerby, Gênera, cah.4a? pi. 2, fig. 4. PI. XVI, fig. 47. P. testa OTatâ, ventricosâ, transversim tenuissimè striatâ , longitudinaliter plicatâ, tuberculiscrebis echinulata ,subrubrâ ; anfractibussupernèangulatis; spirâ brnvi, obtusiusculA ; aperturâ albidâ ; labro intùs lutescente. Coquille ovale, un peu ventrue, assez épaisse, subglo- buleuse, proportionnellement plus petite que la précé- dente; la spire est courte, très-surbaissée, conique et pointue; l'on y compte cinq à six tours peu convexes, et rendus légèrement anguleux par une rangée de petits tubercules à peine apparents sur les premiers tours. Le dernier de ces tours est beaucoup plus grand, un peu aplati; il est traversé par cinq à six séries de tubercules pointus, dont les supérieurs sont les plus apparents. La première rangée borde la suture de ce tour ; les deux ou trois dernières finissent par être à peine aperçues; toute la surface extérieure de cette coquille est garnie de stries transverses, fines et rugueuses; une de ces stries, entre les rangées de tubercules, est ordinairement plus pro- noncée que les autres, et a l'aspect d'une légère cordelette. L'ouverture est ovale, obronde, patulée, blanche dans le fond. Le bord droit est mince, légèrement ondulé dans le jeune âge; garni à la partie interne de sept à huit tu- bercules pliciformes; il est bordé, comme la columelle, d'une belle teinte orangée. La columelle est lisse, faible- ment arquée dans sa longueur, et présentant une légère GENRE POURPRE. 69 callosité à la partie supérieure, vers l'endroit de la jonc- tion du bord droit. La partie extérieure de cette coquille est partout d'une teinte rougeâtre. Long. 16 lig. Larg. 1 pouc. Habite Cette Pourpre a quelque analogie avec la Purpura Mancinella, à considérer la similitude des stries et des tubercules , qui recou- vrent l'une et l'autre de ces deux espèces; mais elles diffèrent entre elles par d'autres caractères. L'echinulata est moins grande, a l'ouverture plus patulée, toujours blanche dans le fond, avec le péristome orangé. Le bord droit, dans cette coquille, présente des tubercules pliciformes, tandis que, dans la Purpura Mancinella, il est garni de stries d'une couleur orangée foncée. Nous rapportons à YEchinulata la Mancinelloides de M. de Blainv. ( Nouvelles Annales du Muséum, i832, pi. il, f. 3 ), qui n'est qu'un individu adulte de celle que nous avons fait représenter. &3. POURPRE HÉRISSÉE. Purpura echinata, de Blairville. (Collect. Mass. et Mus.) De Blainv., Nouv. Ann. du Mus., i832, pi. Ujflg. 2. PI. XVIII, fig. 52. P. testa ovatâ-oblongâ, ventricosâ, echinata, utrinquc attenuatâ, ilavo-ul- hidâ, transversim tènuissimè striatâ ; anfractibas supernè biseriatim tubercu- latis, ultime- quadriseriatim ; spirâ conicâ, acutâ ; aperturâ ovatâ-oblongâ, albâ, labro dextro tenui, intùs levissimè striatâ. Coquille de moyenne grandeur, ovale-oblongue, ven- true, éebinée, atténuée aux extrémités; la spire, plus courte que le dernier tour, est conique, pointue, composée de six tours convexes, légèrement aplatis à la partie su- JO GE1VRE POURPRE. périeure, et dont la superficie est marquée de stries trans- verses très-fines, nombreuses, peu convexes. Ils sont pourvus aussi de deux rangées de tubercules, dont le se- cond rang borde la suture, qui est linéaire ; le dernier tour est plus alongé que la spire; on y remarque quatre ran- gées espacées de tubercules épineux, ayant tendance à se réunir par leur base, et à former des carènes continues et dentelées. L'ouverture est ovale-oblongue, d'un blanc mat; la columelle est peu épaisse, régulièrement arquée. Le bord gauche qui la revêt est appliqué dans toute son étendue; il laisse à découvert un commencement d'ombi- lic assez profond placé à la base, et circonscrit en dehors par un bourrelet écailleux, obliquement contourné. Le bord droit est mince, très-légèrement strié à la partie in- terne. Toute cette coquille est assez mince, légère, d'un blanc jaunâtre en dehors. L'échancrure de la base est oblique. Long, 2 pouces. Larg. i5 lig. Habite Cette coquille, facile à distinguer par ses séries d'épines et par sa coloration uniforme, est rare dans les collections. V,. POURPRE COURONNÉE. Purpura coronata, Lam. (Collect. Mass., Lam.) Lister, pi. 957. fig. 9, et pi. 990, fig. 5i. PI. XVIII,fig. 53 et 53' jeune. P. testa ovatâ-acutâ, ventricosâ, transversè striatà, tuberculiferâ ; anfracti- bus angulato-tuberculatis ultimo cinereo, anteriùs tuberculis elongatis recti» GENRE POURPRE. 71 coronato ; spirâ conicâ, fusco-nigricante ; suturis lacioiato-crispis ; apcrtura kcvi, lutescente. Coquille ovale, ventrue, épaisse, tuberculifère ; à spire quelquefois aussi longue que le dernier tour. Elle est co- nique, pointue, formée de six tours plus ou moins angu- leux dans le milieu , et couronnés sur l'angle d'un rang de tubercules, au nombre de dix ou douze sur chaque tour. Sur le dernier de ces tours, outre l'angle carénai, placé vers le quart supérieur de la longueur totale, et dont les tubercules sont fortement prononcés et un peu relevés, on remarque encore deux ou trois autres rangées de tu- bercules moins élevés, placés au-dessous de l'angle, et dont les deux dernières, disparaissant insensiblement, ne forment plus que deux grosses stries noduleuses. Toute la surface de cette coquille est couverte de stries fines, ondulées et transverses ; les sutures sont toujours plus ou moins chargées de larges écailles lamelleuses et relevées. L'ouverture est médiocre, jaunâtre ou rougeâtre, ovale- oblongue, rétrécie à la base, ouverte à la partie infé- rieure par un ombilic plus ou moins évasé. Un sinus assez profond sépare l'extrémité du bord droit de l' avant- dernier tour. Le bord droit est mince et tranchant, d'un brun blanchâtre à l'extérieur, finement crénelé dans toute sa longueur; chez les jeunes individus, ces crénelu- res forment des sillons qui se prolongent jusque dans le fond de la cavité. L'échancrure de la base est étroite, oblique et assez profonde. Cette coquille est d'un fond blanchâtre ; les jeunes ont ordinairement les stries colorées d'un roux brun, et la spire d'un brun noirâtre. 72 GENRE POURPRE. Long. 20 lig. Larg. 16 lig. Habite les mers du Sénégal. Elle est très-commune à l'em- bouchure de la rivière de Gambie, principalement dans les lieux rocailleux. Cette espèce, qui a été décrite par Adanson sous le nom de Labarin ( Voyage au Sénégal ), est fort remarquable par le carac- tère de ses sutures , qui sont imbriquées et laciniées. Nous le répé- tons encore, il est indispensable d'étudier avec soin les diverses modifications que subit une même espèce, afin d'établir avec cer- • itude les différents passages des coquilles entre elles ou leurs di- verses analogies. Dans une série considérable d'individus de cette Pourpre , après avoir choisi pour type ceux qui paraissaient le mieux caractérisés, et qui se rencontrent en plus grande abondance, nous y avons observé les modifications suivantes. Dans le type de l'espèce, la spire est très-courte, puis, de variété en variété, elle augmente graduellement jusqu'à devenir aussi longue que le dernier tour; les coquilles types sont ventrues; les variétés le sont plus ou moins, comme elles ont aussi plus ou moins de longueur; les quatre rangées de tubercules se réduisent à deux ou trois dans les unes; à une seule, chez d'autres; quelquefois même deviennent nulles, ou forment de légers plis longitudinaux. L'ombilic lui- même n'est pas moins variable ; dans un grand nombre d'indivi- dus, la base de la columelle est rétrécie, et l'ombilic est alors pres- que complètement couvert par le bord gauche. En examinant attentivement la Purpura Callifera deLamarck, nous nous sommes convaincu qu'elle n'est qu'une variété de la Purpura Coronata, chez laquelle une forte rangée de callosités gib- beuses couronnent le dernier tour, s'avançant au-dessus de la su- ture, et faisant paraître la spire comme enfoncée. Shubert et Wagner , dans leur Supplément à Chemnitz, pi. a32 , fig. 4084 , ont décrit cette même coquille, sous le nom de Purpura Guinensis. GENRE POURPRE. ^3 &ô. POURPRE PAGODE. Purpura sacettum, La*. (Collect. Mass. Lam. ) Chemn., Conch., t. 10, pi. i63, fig. i56i-i56a. PI. XVIII, fig. 54. P. testa ovatA, scalariformi, transversim striât A et cingulatâ ; flavescente , rubro punctatâ; anfractibus supernè angulatis, suprâ planis, adangulum mu- ricatis ; labro crenulato, intùs sulcato. Coquille ovale, légèrement ventrue, scalariforme, at- ténuée aux deux extrémités, à spire un peu élevée, coni- que, pointue au sommet, formée de cinq à six tours dé- primés en dessus, carénés par un rang de tubercules pointus et déprimés. La suture est appliquée et linéaire. Le dernier tour est renflé supérieurement, et s'amincit par degrés vers la base, où il se termine par un canal étroit; ce même tour est chargé de quatre rangs de tu- bercules formant des séries transverses, dont les deux premiers se développent davantage. Les tubercules des deux derniers, placés à la base, finissent souvent par se réunir, et n'offrent plus alors que des côtes décurrentes assez saillantes et obliques. Entre ces rangées de tubercu- les, on remarque des stries transverses souvent très-pro- noncées, et au nombre de trois ou quatre sur l'aplatisse- ment des tours; il s'en trouve également deux, et même une seule, dans les interstices des autres côtes. Les sillons et les stries sont rugueux. L'ouverture est blanche en dedans, ovale-oblongue. Le bord droit est mince et tran- chant, il est légèrement festonné et sillonné à l'intérieur. La columelle est presque droite, rétrécie à la base, et ou- verte à la partie inférieure par une fente ombilicale re- 74 GENRE POURPRE. couverte en partie parle bord gauche. La coloration de cette coquille est un fond brun mélangé de roux, ou un fond roux mélangé de brun. Long. i5 lig. Larg. 10 lig. Habite les mers de l'Inde, près des îles de Nicobar. La coquille qui a servi à Lamarck pour établir la détermina- tion de cette espèce est assez grande; mais les tubercules y ont complètement disparu; on y remarque des ceintures larges et plates. Shub. et Wagner, Cliemn. , su. pi. 233, f. 4°^9 — 4og6, ont donné cette même coquille sous le nom de Purpura Scalaris. 66. POURPRE ESCALIER. Purpura scalariformis, Lam. (Collect. Mass. Lam.) PL XIX, fig. 55. P. testa uvatâ, scalariibrmi, umbilicata , albâ ; anftaclibus decussatis , su pernè angulato-carinatis, supra planis ; spirâ exserta ; apcrturâ rotundatâ ; Ia- bro margine interiore sulcato. Coquille d'un volume médiocre , ovale, alongée, scala- riforme, carinifère, bordée de cinq à six tours despire convexes, fortement séparés par une large rampe oblique qui monte avec eux jusqu'au sommet. Cette rampe est due à l'aplatissement de la partie supérieure de chaque tour; elle est séparée du reste par un angle caréné, aigu et noduleux. Les nodulations de cette partie sont occa- sionnées par de petites côtes longitudina les et légèrement GENRE POURPRE. 70 obliques qui descendent du sommet à la base de chaque tour ; toute la surface extérieure de cette coquille est égale- ment striée en travers. Les stries sont très-fines, nom- breuses sur l'aplatissement de chaque tour, saillantes, arrondies, un peu rugueuses., ou obscurément grenues. Une strie fine et saillante se fait voir sur l'extrémité du dernier tour, vers le milieu de l'intervalle qui sépare ces tours du suivant. L'ouverture est petite, tout-à-fait trian- gulaire. Le canal est court et à peine échancré. Le bord droit est assez épais, strié en dedans dans toute sa lon- gueur. Le bord gauche est mince, se détache au-dessus de l'ombilic, en se renversant un peu sur celui-ci. La co- lumelle est presque droite; à sa base se remarque un om- bilic évasé, peu profond, bordé à l'extrémité inférieure par un bourrelet arrondi. Toute cette coquille est d'un blanc uniforme au dehors : d'un blanc de lait en dedans. Long. 1 5 lig. Larg. 1 pouc. Habite Cette coquille rare est d'un aspect fort remarquable; l'aogle du sommet des tours est bien caréné. On pourrait facilement la prendre pour une cancellaire, si elle ne manquait de plis à la columelle. 'i7. POURPRE RACCOURCIE. Purpura abbrcviata , de Blai.-n ville. (Collect. Mass. Lam.) Lister, Conch., t. 896, fig. 16.) PI. XIX, fig. 56 et 56». P. testa subpyriformi, ventricosissiinâ , scabriusculà , transversim sulcalâ, j(y GENRE POURPRE. albidâ ; spirâ exsertiusculâ ; caudà brevi, latè umbilicatâ, dorso sulciselevatis subechinatis muriculatâ; labro intùs striato, marginè denticulato. Coquille très-variable dans sa forme, qui, cependant, est le plus ordinairement subglobuleuse, très-ventrue dans le milieu. La spire est courte, conique, pointue au sommet. Les tours sont courts, un peu convexes, quelque- fois noduleux à leur partie moyenne; les sutures légère- ment enfoncées. Le dernier tour est grand. Toute la sur- face extérieure de la coquille est couverte de fines stries minces, transverses, élevées et rugueuses, dont quelques- unes sont plus fortes sur le dos de la base du dernier tour, où elles deviennent obliques, souvent cariniformes; ce dernier cas est dû à l'élévation de certaines écailles laci- niées. L'ouverture est ovalaire, un peu moins large que haute, généralement d'un blanc satiné dans les individus bien frais; chez d'autres, cette couleur blanche est mê- lée d'une légère teinte violâtre. Le bord droit est mince, tranchant, finement dentelé dans toute sa longueur ; un grand nombre de stries transverses tapissent la paroi in- terne et se prolongent jusque dans le fond de la cavité. Le bord gauche est mince, appliqué, si ce n'est à la base, où il se détache, et se renverse sur un ombilic. Le dernier tour se termine à la base par un large ombilic infundibuli- forme qui est légèrement strié à l'intérieur, et circonscrit au dehors par un bourrelet subspiral, sur lequel sont dis- posées de petites écailles. La couleur de cette coquille est ordinairement blanchâtre. Long. 2 pouc. Larg. i pouc. '/ 2 . Habite l'Océan Atlantique, les îles des Antilles. Cette espèce , quoiqu'elle ne soit pas raie , mérite l'attention par GENRE POURPRE. 77 sa forme; elle offre beaucoup de variétés; quelques individus se rapprochent de certaines Dauphinules , par les bords presque réu- nis de l'ouverture , les tours lâches, mais rarement disjoints ; dans cet état, cette coquille est beaucoup plus courte que l'espèce type, et le têt en est aussi plus mince. C'est avec cette variété que Lamarck a établi sa Pyrula De for mis ; seulement l'individu qu'il a observé avait de plus , sur le dernier tour, deux côtes transverses noduleuses. Nous l'avons fait représenter pi. ig, fig. 56, a. Les jeu- nes individus ont, sur ce même tour, des côtes longitudinales qui disparaissent avec l'âge. M. de Blainville a établi avec un petit in- dividu de la P. Abbréviata, sa P. brevis, figurée dans les Nouvelles Annales duMusêum ( i83a , pi. 1 1 , fig. 10 ) , qui a été recueillie sur les côtes de la Sicile. 68. POURPRE BOUCHE VIOLETTE. Purpura violacea, noms. (Collect. Mass. Lam.) Chem., Conch. 10, t. i65, fig. 1577-1578. PI. XIX, fig. 5 7 .' 1 P. testa subpyriformi, ventricosâ,crassâ, rudi, transversim striatâ, squalidè albidâ ; anfractibus turgidis ; spirâ exsertiusculâ ; fauce violacea. Coquille d'un médiocre volume, ovalaire, assez épaisse, ventrue, subglobuleuse, pointue aux deux extrémités, for- mée de cinq à six tours de spire, dont le dernier est plus grand que tous les autres réunis. Cette spire varie dans ses dimensions suivant les individus. Les tours spnt ar- rondis et séparés par une suture simple. Des stries trans- verses, fines, nombreuses et serrées, peu saillantes, cou- vrent toute la surface de la coquille, qui paraît âpre au toucher. L'ouverture est semi-lunaire, peinte d'un très- beau violet. Le bord droit est mince, strié en dedans, légèrement cerclé dans toute sa longueur ; le limbe est quel- quefois blanchâtre. La columelle est à peine arquée, cou- verte par le bord gauche, qui est appliqué dans sa Ion- 78 GENRE POURPRE. gueur; il n'est sensible qu'à la base, où il se relève un peu pour laisser voir une légère fente ombilicale. Long. 20 lig. Larg. 1 pouc. Habite les rivages des îles de Nicobar, ceux de Dorey et de la Nouvelle-Hollande. Cette coquille est très -remarquable par l'intensité de la couleur violette qui en colore tout l'intérieur; du reste, elle est très-voisine delà précédente , car la seule différence qui puisse les distinguer est cette même teinte violette dont nous venons de parler. Lamarck avait placé cette espèce dans les Pyrules , sous le nom de Pyrula Neritoidea. D'après M. Quoy , l'animal a les tentacules courts , larges , trian- gulaires, pointus, pourvus d'yeux sur un petit renflement de leur base. Le pied est large, quadrilatère, muni d'un opercule assez grand, et d'un violet aussi foncé que l'intérieur de l'ouverture. Tout l'animal est jaunâtre d'orpin clair. Le dessous du pied a des lunules de la même couleur. V.». POURPRE COLUMELLAIRE. Purpura columellaris, Lam. fCollect. Mass. hk^.)Encyclop. t pi. 398, fig. 5 a-b. PI. XX, fig. 58. P. testa crassâ, ovatâ, transversim rugosâ etsttiatâ, rufeseente ; spirâ brevi ; columellâ plana, uniplicatâ; labro crassissimo,dentibus validisintùs muricalo. Coquille épaisse, solide, ovale, oblongue, convexe en dessus. Spire médiocre et pointue, composée de cinq à six tours convexes, à sutures linéaires. Le dernier tour, GENRE POUIIPRE. 79 beaucoup plus grand que tous les autres, présente à sa surface huit à dix gros cordons convexes, dirigés trans- versalement et assez rapprochés, chargés quelquefois de légers tubercules obtus qui deviennent obsolètes dans les vieux individus. Entre chacune de ces côtes transverses se voient deux ou trois stries étroites et peu élevées. L'ouverture est ovale-oblongue, rétrécie, d'un blanc jau- nâtre à l'intérieur, d'un jaune orangé sur l'extrémité du bord droit. Celui-ci est très-épais, ondulé, chargé dans toute sa longueur de gros plis en forme de dents , dont les deux ou trois supérieurs sont souvent bifides. Les in- terstices des ondulations sont très-fortement peints d'un noir foncé. La columelle est arquée, aplatie à son extré- mité antérieure ; elle se termine en pointe à une petite échancrure subtriangulaire placée du côté du dos, et à peine visible. A son extrémité postérieure et externe, elle présente une large surface plane qui semble produite par une érosion artificielle. Le bord columellaire est épais, obtus dans le milieu, garni sur la tranche d'un tubercule pliciforme. La couleur extérieure de cette co- quille est un roux clair, uniforme; les cordons sont d'un brun terreux, et le haut de la spire d'un brun assez trans- parent. Long. 27 lig. Larg. i51ig. Habite la mer Rouge et la mer Pacifique, les côtes du Chili et de la Californie. Coquille assez rare dans les collections, et très-singulière par le tubercule pliciforme du tranchant et du milieu delà columelle. La rangée de dents dont le bord droit, fort épais, est hérissé à son 8o GENRE POURPRE. limbe interne , la fait différer essentiellement de tontes les antres espèces de ce groupe. 50. POURPRE CRAPAUD. Purpura bufo, Lam. (Collect. Mass. Lam.) Petiv. Gaz., t. 19, fig. 10. PI. XX , fig. 60, et pi. xxi, fig. 60a et 60b. P. testa ovato-abbreviatâ, ventricosâ, transversim striatâ, tuberculiferâ, rufo- nigricante ; ultimo anfractu tuberculis biseriatis aut quadriseriatis cincto ; spirâ brevissimâ, acutiusculâ ; aperturâ dilatatâ lacvissimâ, albo-lutescentc. Coquille ovale, épaisse, bombée, tuberculifère. Spire courte mucronée, pointue, formée d'un petit nombre de tours très-étroits, légèrement aplatis. Le dernier consti- tue à lui seul presque toute la coquille. Il est très-con- vexe, et présente au dehors, chez les individus adultes, deux rangs de gros tubercules ; ceux du premier rang sont très-élevés et pointus ; ceux du second, placé vers la base, sont ordinairement courts et arrondis. On remarque, sur la surface extérieure du dernier tour, chez certains indi- vidus, principalement dans le jeune âge, quatre côtes transverses espacées, dont les supérieures sont tubercu- leuses et les autres noduleuses; elles sont ornées de taches plus ou moins alongées, blanches, alternées par d'autres taches plus foncées. Les interstices des séries de tubercu- les ou des côtes sont ornés de stries hnes et de sillons peu profonds. Les sutures, chez les individus adultes, sont chargées d'une couche de matière plus blanche que le reste de la surface, et qui devient plus épaisse sur le der- nier tour ; elle se prolonge sur le bord gauche , où elle forme une large callosité. L'ouverture est large, oblon- GENRE POURPRE. 8l gue, d'une belle couleur de chair en dedans. Le bord droit est mince, tranchant, finement plissé dans toute sa longueur; un sinus assez profond à la partie supérieure sépare ce bord de celui de gauche, qui est épais et forte- ment appliqué sur la columelle; la couleur extérieure est d'un blanc jaunâtre ou grisâtre très-irrégulièrement mar- bré de taches plus ou moins larges, d'un brun foncé. Long. 2 pouc. Larg. 18 li D" Habite les mers de l'Inde, les côtes de Madagascar, celles de l'île Bourbon et des Hébrides. Cette coquille a la spire plus ou moins prolongée, et le nom- bre des séries transverses du dernier tour y varie de deux à quatre; quelquefois, la spire est presque complètement cachée par la matière blanchâtre qui couvre les sutures. Nous réu- nissons à cette espèce la Purpura Callosa de Lam., qui n'en est qu'un individu très-adulte. Shub. et Wagn., Chem. xn, t. 232, f. 4076-4077, ont fait représenter cette coquille sous le nom de Purpura Tumida. L'individu décrit par M. Valenciennes, dans le voyage de M. de Humboldt, sous le nom de Purpura centiquadrata, et figuré dans un mémoire de M. Duclos sur les Pourpres [Annales des Sciences Natur. , mai 1802, pi. 2, fig. 8), ne doit être regardé que comme une variété du jeune âge de la Purpura Bufo. ■ 51. POURPRE OUVERTE. Purpura aperta, de Blaixville. » (Collect. Mass.) #■ FI. XX , fig. 5 9 , et pi. XXII, fig. 64, variété. P. testa crassâ, oblongâ, echinatâ, ventricosâ , albidâ, transversim sulcatâ ; spirâ brevissimâ, acutâ; anfractibus supernè tuberculatis; ultimo quinqiiese- 82 GENRE POURPRE. rialim tuberculifero ; aperturftamplissimâ,oblongâ, albâ; labro dextro tenui, rubescente, tuberculis pliciformibus ; columellâ dilatatâ, depressâ, albâ. Coquille épaisse, solide, oblongue, échinée, ventrue, atténuée au sommet et à la base, présentant à peine de ce côté, en dehors, un indice de l'échancrure. La spire est extrêmement courte, surbaissée , pointue, formée de quatre à cinq tours qui sont couronnés d'un rang de tu- bercules obtus ; le dernier de ces tours est très-grand, sillonné en travers ; les sillons sont réguliers, peu saillants et hérissés de cinq séries décurrentes de tubercules épi- neux. Entre chacune de ces séries se voit ordinairement une cordelette peu élevée et légèrement noduleuse ; l'ou- verture est très-ample, oblongue, plus longue que large, d'un blanc mat ou quelquefois rosé ; on distingue une pe- tite gouttière intérieure à la jonction du bord droit, vers l'avant-dernier tour; ce bord est mince, pourvu de six à huit petits tubercules pliciformes , souvent interrompus , qui se voient encore au fond de la cavité : il est coloré de roussâtre, creusé, dans sa longueur (surtout chez les indi- vidus plus ventrus), de plusieurs gouttières plus ou moins profondes, qui correspondent, en nombre égal, à celles de la surface. La columelle est large et aplatie, légère- ment tranchante à la base; elle est blanche, rarement ta- chée de roussâtre. Toute la surface de cette coquille est uniformément de couleur blanchâtre; quelquefois cette teinte devient un peu plus jaunâtre. Long. 2 pouces. Larg. 18 lig. Habite l'Océan Pacifique. Cette espèce est remarquable par ses cinq séries de tubercules; GENRE POURPRE. 85 sa couleur uniforme la sépare aussi des autres coquilles du même groupe. Nous avons fait représenter une variété de cette Pourpre, qui est plus petite, toute blanche, patulée, et dont les tubercules sont plus petits et plus espacés. (Pi. 22, fig. 64.) 52. POURPRE PLANOSPIRE. Purpura planospira, Lam. (Collect. Mass. \jm.)Encyclop. t pi. 597, fig. 5 a-b. PI. XXI, fig. 6! . P. testa obovatâ, ventricosâ, apicc retusissima, crassâ, coslis suba cutis distantibus cinctA , rubricundâ ; spirâ plana; fauce sulcis anranliis lineatâ ; columellâ niedio profundè excavalâ ; labro dextro intùs sulcato. Coquille obronde, ovalaire, très-déprimée, à spire très-courte, aplatie, quelquefois même un peu enfoncée, ne comptant que trois ou quatre tours très-étroits, qui, sou- vent, sont à peine distincts ; le dernier présente au dehors cinq côtes transverses étroites, carénées et espacées. Ces carènes sont peu élevées , simples; et dans le jeune âge, surtout chez les individus en parfaite conservation, elles sont chargées de légers tubercules squammeux : ils sont très-visibles sur les premières de ces carènes, qui sont les plus saillantes. Les interstices des carènes sont striées; les stries sont fines, plus profondes. En dessous la coquille est fort singulière. L'ouverture est ovale- oblongue ; la columelle large, aplatie vers le bord, qui est libre et subtranchant, arqué dans sa longueur, pré- sentant à sa partie moyenne et supérieure une large exca- vation au milieu de laquelle se voit une petite côte étroite, d'un brun noir, descendant obliquement. La base de la columelle, et le bord droit dans toute sa longueur, sont ornés d'un grand nombre de plis ou de rides 84 GENRE POURPRE. obliques ou transverses, saillantes, d'un rouge orangé très-intense, qui tranche vivement sur le fond blanc de l'ouverture. Le bord droit est mince, évasé ; les stries du dedans se prolongent jusqu'au fond de la cavité, où elles deviennent également blanches. L'échancrure delà base est peu profonde, à peine recouverte par l'extrémité de la columelle. Le fond de la couleur de la partie extérieure de cette coquille est un rouge de brique assez clair, avec les sillons transverses bruns. Long. 2 2 lig. Larg. 18 lig. Habite les côtes du Pérou. Cette coquille, recherchée par les amateurs, est encore assez rare; elle est des plus remarquables par sa forme très-aplatie et sa spire tout-à-fait tronquée; ce qui, joint à la forme de l'ouver- ture , lui donne quelque ressemblance avec la Pourpre antique. 53. POURPRE MONODONTE. Purpura monodonta, Quoy bt Gaim. (Collect. Mass. Mes.) Voy. de t'Jstrol., pi. 37, fig. 9-1 1. PI. XVII, fig. 5oet5o". P. testa minimfl, ovato-globosâ, anticè acutâ, transversim tenuissimè striatâ, luteo-virescente ; columellâ acutâ, brevi ; aperturâ amplo-ovali, margine den- ticulatà ; columellâ plana, depressâ, albâ aut violaceâ. Coquille assez petite , ovale , subglobuleuse, un peu alongée dans le jeune âge, à spire très-courte, arrondie, et subitement pointue, formée de trois à quatre tours sé- parés par une suture légèrement enfoncée; des stries transverses, fines, nombreuses, serrées, peu saillantes, GLNRR POURPRE. 85 couvrent toute la surface de cette coquille, qui paraît âpre au toucher. Le dernier tour est beaucoup plus grand que tous les autres réunis. L'ouverture est fort grande, large, ce qui est produit parla dilatation du bord droit, qui est mince, tranchant, irrégulier et comme cassé dans sa longueur. Le développement de ce bord est souvent très-remarquable chez certains individus, où il paraît vouloir s'enrouler en spirale. La columelle est large, apla- tie et de couleur lie de vin. Le bord est mince sur le tran- chant, arqué vers la partie moyenne et supérieure, pré- sentant dans sa longueur une petite excavation. L'échan- crure delà base disparaît complètement chezles individus adultes. Cette coquille est généralement d'un blanc de lait au dehors, d'un beau blanc de porcelaine en dedans, teinté de violet rougeâtre. Long. 14 lig. Larg. 9 lig. Habite la mer des Indes, l'île de Tonga-Tabou. Cette espèce, singulière dans sa forme, a été établie par MM. Quoy et Gaimard, d'après un jeune individu dont nous don nons la figure (pi. 17, fig. 5o, 5o a ). Le prince d'Essling possède dans sa collection des individus de cette espèce qui sont beaucoup plus grands, et qu'on pourrait prendre pour le commencement de la coquille d'un jeune Magile. Ceux-ci n'ont presque point de stries transverses. ; 86 GBNRIi POURPRE. 54. POURPRE DE L'ASCENSION. Purpura ascensionis, Quov m Gaim. (Collect. Mus. et Kéraudrin.) Voy. de l'Aslrol., pi. 3j, fîg. 20-23. PI. XXII, fig. 63. P. testa ovato-abbrevialà, veiitricosâ,crassâ,transversini striatâ,nec tuber- culose, squalidè viridescente, striis rubescentibus ; spirâ brevissimâ, retusâ ; aperturâ splendido-albâ, posticè canaliculatà ; coluinellâ plana, punctis qua- ternis spadiceis inaequalibus notatà ; labru margine crenulato et striato. Coquille épaisse, solide, ovale, renflée ou semi-globu- leuse, à spire très-surbaissée, formée de quatre à cinq tours aplatis en dessus, subcarénés, sillonnés sur toute leur surface par des stries nombreuses transverses et lé- gèrement saillantes. L'ouverture est grande, ovalaire, pa- tulée, d'un blanc de faïence en dedans, échancrée en haut avec un sinus subcanaliculé, arrondi en arrière. Le bord droit est dilaté, mince, arrondi, crénelé, quelquefois ponctué de brun, et garni à la partie interne d'une rangée de tubercules. La columelle est légèrement arquée dans sa longueur, largement aplatie, marquée de quatre ta- ches inégales, violettes ou brunes. Le fond de la surface supérieure est verdâtre, avec des stries rougeâtres. Long. 20 lig. Larg. 16 lig. Habite les rivages de l'île de l'Ascension. C'est à M. Quoy que l'on doit la distinction de cette belle es- pèce, qui avait été confondue par quelques auteurs avec la Purpura GENRE POTJRPBE. 67 neritoldes. Elle en diffère sensiblement par le manque total de tu- bercules sur le dernier tour, et par le nombre des guttules de la co Jumelle, qui y sont toujours au nombre de quatre, L'animal a le pied large, quadrilatère, arrondi, jaunâtre en des- sous, brun-rouge très-foncé et velouté sur les Côtés. Les tentacules gros, pointus, ont les yeux placés près d'un renflement de leur extrémité; ils sont d'un beau brun, de même que la tête et l'ex- trémité du siphon, qui est petit, et fait peu de saillie. Le man- teau est rougeâtre , légèrement frangé. L'opercule est large , subquadrilatère, alongé, brun, presque noir au milieu, rouge aux extrémités. Les éléments cornés sont en lames presque droites. 55. POURPRE NÉRITOÏDE. Purpura ncritoides, Ljm. (Collect. Mass. Lam.) Lister, Conch., t. 990, fig. 5o. PI. XXII, fig. 62. P. lesta ovato-abbreviatâ, ventiicosft, crassâ, transversim striatâ, tubercu- kilo-nodosà, squalidè albâ ; ultimo anfractu nodisquadriseriatis cincto ; spirâ bievissiinâ, retusâ ; columéllà plana, uiedio bipunctalâ : punctis nigris inaj- qualibus. Coquille ovale, assez courte , subglobuleuse , à spire très-courte et obtuse, composée de quatre à cinq tours étroits et légèrement aplatis ; le dernier constitue à lui seul presque toute la coquille ; il est très-convexe, et pré- sente au dehors cinq rangs transverses de gros tubercules obtus ; le premier de ces rangs borde la suture des tours ; les autres sont distribués à distances à peu près égales; toute la surface extérieure de cette coquille est traversée par des stries nombreuses et peu profondes. L'ouverture est large, ovale-oblongue , toute blanche en dedans. Le bord droit est mince, légèrement crénelé, obtus du côté de sa jonction sur l'avant-dernier tour ; il est creusé dans 88 GENRE POURPRE. sa longueur, surtout chez les individus adultes, en plu- sieurs gouttières plus ou moins profondes, qui corres- pondent aux rangées de tubercules. Dans quelques autres individus, ce bord est garni de huit à dix tubercules pli- ciformes. La columelle est arquée dans sa longueur ; elle est large, très-aplatie, tranchante, et forme un plan in- cliné vers l'ouverture. Sur le milieu de cette columelle se voient deux taches rondes et inégales d'un brun presque noir; quelquefois, mais rarement, il ne s'en trouve qu'une seule. Cette coquille est d'un blanc terne, avec un épi- derme fauve ; quelquefois la surface se colore d'un rouge cerise. Long. 2 pouc. Larg. 1 8 lig. Habite les mers de Guinée. Cette espèce est bien caractérisée par sa forme, qui rappelle un peu celle d'une Nérite, et surtout par sa columelle, qui est très- plane, très-large, biponctuée de noir. M. Sowerby, dans son Gênera, cah. 42, pi. 7, a figuré celte même espèce sous le nom de Purpura fuscus. Espèces ovales, bombées, à sommet obliquement incliné vers le bord gauche, à ouverture très-ample ; le plus ordinairement deux dents à la base du bord droit. POURPRES CONCHOLEPAS. 56. POURPRE DU PEROU. Purpura Peruviana, de Blaihvillb. (Collect. Mass. Lam.) d'Argenvieee, Conch., pi. 2, fig. D. PI. XXIII, fig. 65, 65a, et 65»> variétés. P. testa ovato-inflatâ, scmispirali, sulcis longitudinalibus, fulvà ; verticc GENRE POURPRE. 89 versus labium obliqué inclinato ; aperturâ amplâ, longil udinali, obliqua, in- fime sinu parvulo instructâ ; dentibus duobus ad basim labri ; operculum oblongum, tenue, corneum. Coquille ovale, large, épaisse, solide, bombée, patel- liforme, à sommet incliné obliquement vers le bord gauche. Spire presque nulle, marginale, formée de deux à trois tours, dont le dernier est si grand, qu'il forme réellement toute la coquille. La convexité de ce tour est garniede côtes longitudinales, rugueuses ou squammif ères, qui, souvent, paraissent comme des écailles rangées en forme de tuiles ; ces côtes sont coupées transversalement par les stries d'accroissement dont les bords sont lamel- leux; elles sont aussi séparées par trois stries peu pro- fondes, qui semblent former autant de petites côtes entre elles. L'ouverture est aussi grande que la coquille, pro- fonde, ovale, creusée d'un fort sillon sur le côté gauche, qui sert à loger le siphon; les bords sont réunis; celui de droite est mince, festonné dans le jeune âge, et marqué de crénelures plus ou moins profondes, résultant de la terminaison de chaque sillon ; ce bord est terminé près de la base par deux fortes dents : celle de dessus est souvent échancrée. Le bord gauche est lisse, déprimé, épais, très-évasé, et dépassant souvent, en arrière, la spire. La coquille est, à l'extérieur, d'un fauve rougeâtre ou brun; la teinte des sillons est un peu plus claire ; dans l'intérieur, elle est d'un blanc bleuâtre ; la lèvre gauche a une légère teinte incarnat; le bord de la lèvre droite ainsi que l'échancrure sont souvent d'une couleur de suie très-foncée . Long. 4 pouc. Larg. 3 pouc. '/,. Habite la mer du Sud, les côtes du Pérou, et celles du Chili. f)0 GliNHE POUIlI'nE. Cette coquille singulière avait été d'abord placée par quelques auteurs dans les Patelles, quoiqu'elle en fût très-distincte par sa conformation, et surtout par l'opercule que porte l'animal. Bru- guières, étudiant mieux les caractères génériques de cette espèce, la plaça dans le genre Buccin, où les Pourpres étaient comprises. Lamarck, ensuite, ne pouvant établir de détermination précise sur l'animal, qu'il ne connaissait pas, forma des Concholepas un genre à part, qu'il rangea près des Licornes, à cause des deux dents qui se voient à la base du bord droit. Depuis cette époque, l'établissement de ce genre avait été adopté par tous les concbyologistes ; ce fut seulement dans ces dernières années que M. de Blainville, comparant avec soin les rapports de l'animal avec celui des Pourpres, en reconnut la similitude, et rangea les Concholepas dans ce dernier genre; mais il les réunit en un seul groupe, qu'il nomma Pourpres patelli formes. Nous par- tageons la sage opinion de ce savant à ce sujet ; cependant nous ne les classons pas dans le même ordre ; nous formons également un groupe de ces coquilles, que nous faisons précéder des Pourpres planospires, qui sont des coquilles ovales, ventrues, courtes, élar- gies, à spire très-courte ou plane, et à ouverture dilatée ; mais le groupe des Pourpres patulées doit suivre celui des Concholepas; ce sont des coquilles à forme ovale, à ouverture très-dilatée, évasée, à spire courte ; l'échancrure de la base y est peu prononcée et très-oblique. Plusieurs auteurs modernes ont cru devoir établir des subdivi- sions d'espèces avec les coquilles qui ont plus ou moins d'épais- seur ou dont la spire dépasse légèrement le bord gauche ; il y a aussi des individus sur lesquels les stries transverses qui existent sur la convexité de cette coquille, étant plus élevées, forment des espèces d'écaillés ou lamelles imbriquées. (Voir notre pi. 23, fig. 65 a, et 65 B.) Ces différences ont encore été regardées par quelques savants comme des caractères spécifiques; mais comme elles va- rient sur presque tous les individus, elles ne doivent faire consi- dérer ceux sur lesquels elles sont remarquables que comme de simples variétés. On ne connaît qu'une seule espèce du groupe Concholepas; elle est tellement commune sur les côtes du Chili, que les habitants en utilisent la coquille en en faisant de la chaux. GENRE POURPRE. <) 1 L'animal a ordinairement la tête assez courte, confondue avec le corps au-dessus de deux tentacules réunis à leur base et semi- cylindriques, portant les yeux sur un renflement de leur bord ex- terne et vers le milieu de leur longueur ; ces yeux paraissent comme un petit point noir. Les tentacules finissent en pointes coniques ; en dehors du tentacule droit est placé, chez les mâles, l'organe ex- citateur, qui est mince, arrondi et grêle à l'extrémité. La bouche s'ouvre à la base même des deux tentacules,, et consiste en un trou arrondi surmontant un petit tubercule. La trompe est de longueur et de grosseur médiocres, garnie daus l'intérieur de deux pièces minces et cartilagineuses. Au-dessous de la bouche est une dé- pression triangulaire du pied. Celui-ci est épais, charnu, échancré en devant, aplati dans le reste de son étendue, traversé longitudi- nalement par des rides et des verrues nombreuses sur les côtés. La cavité branchiale est grande et s'ouvre par une fente médiocre pratiquée au-dessus de la tête; elle ne contient que deux rangées de feuillets branchiaux; l'une est très-grande et placée au milieu du plafond de la cavité branchiale ; la seconde est très-petite et située du côté gauche, tout près du bord de la cavité. Le siphon est exsertile, assez court, échancré à son extrémité libre. Le pied du mollusque est coloré de jaune verdâtre, bordé d'une large bande brune, et marbré de taches violettes. L'opercule est mince, ovalaire-oblong, à lames appliquées et presque droites ; il est corné, très-petit relativement à l'ouverture de la coquille. Espèces ovales, à ouverture très-d'datèe , évasée, à spire courte; i'échancrurede la base peu prononcée et très-oblique. POURPRES PATILÉES. 57. POURPRE ANTIQUE. Purpura patuta, La m. (Collect. Mass. Lam.) Bonanhi Recr. 3, fig. 368. PI. XXIV, fig. 66, id.,66» et 66* variétés. P. testa ovatà, transversal! sulcatà, tuberculato-nodosâ ; rufo-nigricanlc ; 92 GENRE POURPRE. spirâ breviusculà; aperturâ patulâ ; columellà luteo-rufescente ; labro intùs albido, limbosulcato. Coquille ovalaire , oblongue , légèrement déprimée, à spire courte, pointue, composée de cinq à six tours con- vexes, à suture simple et peu apparente. Le dernier tour est beaucoup plus grand que tous les autres ; il est très- élargi, chargé à l'extérieur de stries nombreuses trans- verses, finissant souvent par se réunir, et ne plus former que de petites ceintures , surtout chez les individus adultes. Les jeunes se font remarquer par cinq ou six rangées transverses de tubercules coniques et pointus , qui finissent insensiblement par disparaître pour ne plus former que des nodosités. L'ouverture est très- ample , évasée, ovale -oblongue, d'un blanc bleuâtre ou grisâtre à l'intérieur ; des bandes plus foncées sont distinctes dans le fond, où s'aperçoit quelquefois aussi une large tache marron. Le bord droit est mince, tran- chant, marqué de brun noir, fortement plissé et denti- culé dans toute sa longueur. Les denticules, placées vers la base, sont plus prononcées, et presque toujours bi- fides. Le bord columellaire est large, aplati, arqué dans sa longueur, et présentant en dehors une surface plane, inclinée vers l'ouverture, terminée en dedans par un bord mince ; la partie externe de ce même bord est tranchante, denticulée vers la base ; l'échancrure est petite , et ne se laisse voir que très-faiblement au dehors. Cette colu- melle est d'un jaune orangé dans presque toute sa lon- gueur ; seulement, la partie supérieure et le bord externe sont couverts d'une large tache alongée , subquadrangu- laire, d'un brun plus ou moins foncé, et qui a la forme d'une érosion. Cette coquille a la surface externe d'un brun noir, très-irrégulièrement nuagéc de bandes d'un blanc jaunâtre ou grisâtre . f.IiNRK POURPRÉ. . 5p,8, fig. 2 a-b. PI. XXIX, fig. ;b, id. 7a jeune. P. testa ovato-acutà; subdecussatâ, scabriusculâ, rufo-testaceâ ; striis longi- tudinalibus tenuibus; sulcis transversis acutis, squamulososcabris; anfractibus convexis; suturis coarctatis; aperturâ albâ; labro denticulato. Coquille ovale, oblongue, subfusiforme, atténuée aux extrémités, à spire plus ou moins alongée, pointue, for- mée de cinq à six tours convexes, dont le dernier est beaucoup plus grand que tous les autres réunis. Ces tours sont quadrillés, mais assez grossièrement, surtout dans le jeune âge, par des côtes longitudinales et trans- verses, rapprochées, inégales, et chargées de très-petites écailles. Les côtes transverses sont les plus constantes; GENRE POURPRE. 101 elles persistent chez les individus adultes, sur lesquels les côtes longitudinales ont presque complètement dis- paru; entre ces côtes transverses se distinguent plu- sieurs petites stries fines et squammeuses, dont la mé- diane est ordinairement plus saillante. L'ouverture est ovale-oblongue, blanchâtre à l'intérieur. Le bord droit est mince, tranchant, finement plissé dans toute son étendue. La columelle est arquée dans sa longueur, ar- rondie, excepté à l'extrémité, où elle s'aplatit et devient tranchante. Le canal de la base est étroit, peu profond, oblique, légèrement relevé vers le dos. La couleur de cette coquille est peu variable; elle est rousse, quelque- fois brunâtre, avec quelques bandes nuageuses un peu plus claires. Long. 21 lig. Larg. 1 pouc. Habite les mers du cap de Bonne-Espérance. Cette coquille devient assez commune dans les collections; elle est bien distincte par l'entrecroisement de ses côtes, et par de petites squammes, qui la rendent âpre au toucher. M. de Blain- ville, dans son Mémoire sur tes Pourpres, a établi, avec des jeunes individus de celle-ci, deux espèces nouvelles : l'une qu'il a nommée Purpura clathrata, qui a les côtes sensiblement entrecroisées; l'autre], Purpura ovalis , dont l'entrecroisement est moins appa- rent. Néanmoins, c'est avec doute que ce savant a établi ces deux espèces. 64. POURPRE A TEINTURE. Purpura lapillus, Lam. (Collect. Mass. Lam.) Lister, Conclu, t. 965, fig. 18-19. PI. XXIX , fig. 77 , et pi. XXX-XXXI, fig. 77» à 77», variétés. • * P. testa ovato-acutâ, transversira striatâ, sublœfigatà, cinereo-Iutescente, JO'2 GENRE POURPRE. s;epius albn zonatâ ; anfiactilms convexis ; spirâ ( onic.i ; labro crasso, intii* dcntato. Coquille épaisse, solide, ovoïde, plus ou moins ru- gueuse, pointue aux deux extrémités, à spire conique, pointue, composée de sept tours convexes, bien distincts, inégalement striés , quelquefois cannelés sur tout le contour, avec les stries d'accroissement apparentes et s quammeuses. L'ouverture est assez grande au dehors, le plus ordinairement rétrécie en dedans, ce qui est occa- sioné par l'épaisseur du bord droit; celui-ci est tran- chant, garni intérieurement, et dans sa longueur, de pe- tites dents pliciformes. La columelle est arquée, légère- ment aplatie, présentant un bourrelet médiocre à la base, très-peu saillant à l'intérieur. La coloration de cette es- pèce varie indéfiniment; le plus grand nombre est d'un blanc jaunâtre ou grisâtre, quelquefois orné de bandes brunes ou jaunes. Chez d'autres individus, la coquille- est complètement brune ou d'un blanc mat. Long. 16 lig. Larg. îolig. Habite les mers du Nord, tontes les côtes de la Manche, de l'Océan, la Méditerranée et les mers du Sénégal. La coquille de cette espèce, qui est une des plus communes du genre, offre un grand nombre de variétés, non-seulement pour la grandeur et la couleur, mais encore par l'aspect de sa surface, qui est tantôt lisse ou peu rugueuse (ce qui se rencontre le plus géné- ralement), ou tantôt couverte de côtes traus verses assez bien mar- quées et hérissées d'écaillés imbriquées. La variété qui présente cette dernière forme a été établie par Lamarck, comme*espèce distincte; il l'a nommée Purpura imbri- cata. (Voir notre pi. 29, fig. 77k et 77 e , pi. 5o, fig. 77e), Pour GENRE POURPRE. 10d nous, nous avons pris pour type l'espèce où la coloration se montre le plus constante, et qui est la plus répandue dans nos mers. La Purpura rugosa de Lamarck n'est encore qu'une variété de notre type; elle est un peu plus grande, à spire plus élevée; les stries qui la traversent sont ordinairement plus apparentes. (Voir notre pi. 29, fig. 77 a .) D'autres variétés en très-grand nombre se font remarquer par leurs teintes diverses, la distribution ou la multiplicité élégante des bandes qui les entourent ; aussi, la détermination de ces espèces, d'après leur coloration, devient-elle très-incertaine, ou même évi- demment fausse. Plusieurs auteurs, partant de cette distinction, ou bien de la quantité des bandes, ont fait autant d'espèces de la plus grande partie de ces variétés : telles sont la Purpura bizonalis de Lamarck, la Purpura bucclnoides de Blainville, la plupart des espèces décrites dans l'ouvrage de Risso [Europe méridionale) .Nous avons fait représenter sur nos pi. 3o et 3i (fig. 77^ à 77s), une grande quantité de ces différentes variétés. Dans ces derniers temps, des individus de la Pourpre d, teinture ont été rapportés des mers du Nord; ils se font remarquer par leur couleur uniforme d'un brun foncé. (PI. 5o, fig. 77g, 77b, 77*.) L'animal de la Purpura lapîllus est complètement blanc, et a le pied petit. L'opercule est ovale, elliptique, arrondi aux deux ex- trémités. Ce petit animal est très-carnassier; c'est à lui que sont dus la plupart des petits trous bien ronds dont sont souvent percées certaines coquilles bivalves; il les fait avec sa trompe, afin de pé- nétrer dans l'intérieur du bivalve, et de le dévorer. D'après Réaumur et Templeman, les habitants des rivages de l'Ecosse se servaient delà liqueur que produit l'animal de la Pur- pura lapillus pour marquer le linge ; cependant, malgré le nom qu'elle porte-, il est certain que les anciens ne tiraient pas leurs belles teintures rouges de cette Pourpre, mais, comme nous l'a- vons déjà dit, d'une espèce de Murex. Les œufs de ce mollusque, d'après Stroëm, sont subpédiculés, ovales , souvent très-serrés à côté les uns des autres, s'attachant à la surface des corps submergés. C'est ordinairement vers la fin de mai, ou au commencement de juin, que les animaux s'accou- plent. Dans plusieurs pays, ces mollusques servent d'aliment. 104 GENRE POURPRE. 65. POURPRE NATTÉE. Purpura textitosa, L*m. (Collect. Mass., Lam.) Encyclop., pi. 3g8, fig. (\a-b. PI. XXVII, fig. 7a, id.,72» et 72b variétés. P. testa ovato-elongatâ, ventricosâ, rugïs ci assis elevatis,allernis minoribus succinct à, striis longitudinalibus tenuissimis decussatâ, squalidè albâ ; spirà mediocri : aperturâ patulâ ; labro intùs profonde sulcato. Coquille épaisse, ovale, alongée, ventrue dans le mi- lieu, à spire saillante, pointue, composée de six tours convexes, marqués à la superficie de sillons et de fortes et nombreuses stries transverses, rugueuses, saillantes, qui ont la même direction ; ces^tries sont coupées longi- tudinalement par d'autres stries, extrêmement fines , qui forment, avec les premières, un léger réseau treil- lissé ou pointillé. L'ouverture est grande, ovale, d'un beau blanc transparent dans le fond. Le bord droit est mince, tranchant, finement plissé dans sa longueur, strié à la partie interne, dont le limbe est quelquefois coloré d'une belle teinte d'un jaune clair et luisant, qui se continue, mais plus faible, sur la partie externe de la columelle; celle-ci est arquée, légèrement excavée , aplatie vers le milieu. La couleur extérieure de la co- quille est d'un blanc jaunâtre clair. Long. 3 pouc. Larg. 2 pouc. Habite les mers de la Nouvelle-Hollande et celles de la Nouvelle-Zélande. Cette espèce a véritablement les plus grands rapports avec cer~ GENRE rOURPRE. Iû5 taines variétés de la Purpura lapillus et de la Purpura succincla; cependant elle est toujours proportionnellement plus grande et plus ventrue que la première, et présente, à la partie interne du bord droit, des stries très-prononcées. Elle diffère delà seconde par les stries qui la recouvrent, et qui, plus nombreuses, ne forment pas les côtes qu'on remarque dans la Purpura succincta. La Pourpre nattée offre, en outre, plusieurs variétés; dans quelques-unes, les stries sont à peine apparentes : l'une d'elles surtout a deux ou trois rangées de tubercules mousses, et le peristone jaune, ce qui la rapproche sensiblement de la Purpura hœmastoma. L'animal de la Purpura text'Uosa, d'après les observations de M. Quoy, a les tentacules gros, courts, coniques, peu pointus, d'un brun foncé, violacé, portant les yeux près de leur extrémité. Le pied est grand, dilaté, largement ovalaire, d'un blanc jaunâtre en dessous, et brun violet sur les côtés, portant un assez large opercule ovalaire ou subquadrilatère, à lamelles appliquées les unes contre les autres, presque droites et subonguiculées. 66. POURPRE CORDELÉE. Purpura succincla, Lau. ( Collect. Mass., Lam.) Martyns, Conch., pi. 2, fig. 45. PI. XXVII , fig. 73, 73 a , et 73b jeune. P. tcs(â ovato-oblonga, crassiusculA, transversim striatà, rugis crassis ob- tusis elevatis costseformibuscinctâ, griscâ;spirâ anfractibus subiotrusis ; labre» intùs sulcato. Coquille épaisse, solide, ovale-oblongue, ventrue. Spire assez saillante, pointue, composée de cinq à six tours convexes: le dernier beaucoup plus grand que tous les autres réunis. Leur surface présente un grand nombre de côtes transverses, convexes, iinement striées en tra- vers, de même que les espaces qui existent entre elles. A la partie supérieure des tours on remarque, dans la plu- part des individus, une surface aplatie en forme de io6 rtimi P0URPKE. rampe, qui remonte jusqu'au sommet. Les côtes sont en nombre presque toujours égal : on en compte huit sur le dernier tour, et trois ou quatre sur l'avant-dernier. La côte terminale est cachée en partie par la suture, qui est linéaire. Dans le jeune âge, les tours supérieurs sont en- trecroisés par des stries longitudinales, et chez les indi- vidus adultes les côtes sont souvent chargées de rides très-prononcées, formées par les stries d'accroissement. L'ouverture est grande, ovalaire, d'un blanc jaunâtre en dedans; le bord droit est régulièrement plissé, festonné tout du long. La columelle présente une surface aplatie, très-inclinée en dedans ; le bord interne est arrondi dans presque toute sa longueur; il s'amincit vers la base, au- dessus d'une échancrure oblique, triangulaire et peu pro- fonde. La coloration extérieure de cette coquille est d'un blanc terne ou quelquefois d'un fauve pâle. Long. 2 pouc. '/ a . Larg. 18 lig. Habite les mers de la Nouvelle-Zélande. Cette coquille est extrêmement voisine de la Purpura textilosa. Cependant elle en diffère par la saillie bien prononcée des gros cercles qui l'enveloppent, et la disposition des tours, qui paraissent un peu enfoncés les uns dans les autres, ce qui est produit par la saillie des côtes supérieures. Nous observerons néanmoins que quelques individus de cette espèce passent à la Purpura textilosa par des nuances presque insensibles. GENRE POURPRI-:. IO7 67. POURPRE CABESTAN. Purpura Irorhlea, Iv*m. (Collect. Mass., Lam.) Lister, pi. 1059, ûg. 2. PI. XXVIII, fig. 7 5 id. ;5» 7 5l> variétét. P. testa ovatâ, cingulâ, cinereâ ; cingnlis élevât is, latis, convexiusculis, lae- vissimis, alh is, in ul timo atifractu ternis aut quaternis ; interstitiis profundis, decnssalim striatis ; spirâ exsertiusculâ ; labro intùs lccvigato. Coquille ovale, un peu alongée, ventrue, fortement cerclée. Spire légèrement saillante, pointue, composée de cinq à six tours convexes, aplatis à la partie supé- rieure, ce qui forme une espèce de rampe qui se continue jusqu'au sommet. Le dernier tour est le plus grand, bombé, garni, sur la partie convexe, de trois à quatre côtes larges et saillantes, diminuant graduellement vers la base ; il ne s'en trouve que deux ou trois sur les tours supérieurs. Ces côtes sont toujours séparées par des sil- lons de largeur égale; dans le creux qu'ils forment entre les côtes, se remarquent (chez les individus bien con- servés) des stries Iransverses, parallèles aux côtes, et d'autres stries longitudinales qui composent, avec les premières, un réseau très-iin. Ce réseau est bien appa- rent sur les premiers tours. La partie inférieure de la coquille, depuis la dernière côte jusqu'à l'échancrure de la base, est lisse ou très-légèrement garnie de stries obli- ques ou longitudinales, marques des accroissements suc- cessifs. L'ouverture est grande, ovale; le bord droit est mince, festonné par les côtes prolongées de la face exté- rieure. La columelle, faiblement arquée, est aplatie et amincie à la base. Cette coquille est ordinairement teinte 108 GENRE POURPRE. de fauve-clair, ou même blanchâtre à l'intérieur, les larges raies qu'yoccasionent les côtes de la surface vont quelquefois jusqu'au brun foncé. Elle est grise au dehors, avec les côtes d'un blanc mat. Dans quelques cas, mais rarement, les côtes sont de couleur fauve, et le fond plus blanc. Long. 2 2 Iig. Larg. 1 ô lig. Habite les mers Magellaniques et le cap de Bonne-Espé- rance. Cette coquille a été long-temps fort recherchée, à cause de sa forme singulière, qui l'a fait comparer à un cabestan chargé de quelques tours de corde, ce qui est produit par la disposition des côtes de la surface ; elle est comme étagée, et présente l'aspect d'une rampe spirale scalariforme ; elle compte un assez bon nom- bre de variétés, qui ne sont dues qu'au nombre de côtes transverses. Nous en avons fait représenter plusieurs sur notre planche 14. La première, jfo , est un individu qui n'a plus que deux cercles dé- currents ; un autre, 75c, n'en présente plus qu'un seul sur le mi- lieu du dernier tour. Nous réunissons à notre Pourpre la Purpura clavus f qui n'en est qu'un individu un peu plus alongé, assez petit, dont les côtes n'existent plus que sur les tours supérieurs, et sont remplacées, sur le dernier tour, par de légères stries trans- verses. Les jeunes individus ont les intervalles des côtes treillissées (fi* 751.) Il existe dans la collection de madame Dupont une variété fort remarquable : les côtes transverses du dernier tour y sont à peine indiquées, et d'une coloration plus foncée ; mais elle est en- tourée de quelques larges bandes d'un roussâtre clair, et ornée, dans sa longueur, de linéolcs plus ou moins prononcées. (Voir notre pi. 28, flg 75 a .) GfcNRE POIRPRE. IO9 i,s. POURPRE DE GRAT. Purpura Grayi, noms. (Collect. Mass.) Sowerby, Conchological Illustrations, cah. 79, fig. 1. PI. XXVIII, fîg. 74. P. testa ovato-oblongâ, ventricosâ, cingulâ, rubro-fulvescente; spirâ largâ, acutâ ; in ultimo anfractu quinis cingulis, transversis rugatis, interstitiis pro- fil n dis ; aperturâ magnâ, ovatâ, albidâ; labro dextro tenui, tongitndinaliter firabriato. Coquille ovale, oblongue, ventrue, largement cerclée, à spire assez large, pointue; on y compte cinq à six tours convexes; le dernier, très-grand, présente à la sur- face cinq larges côtes transverses, toutes hérissées d'une quantité infinie de rides longitudinales provenant des ac- croissements successifs, et qui font paraître ces côtes comme tuilées; on en voit aussi deux autres sur les avant-derniers tours. Le bord supérieur de ces tours est creusé en canal aplati, qui continue jusqu'au sommet. L'ouverture est grande, ovale, blanchâtre, terminée au bas par une petite échancrure, dont la position est obli- que relativement à l'axe de la coquille. Le bord droit est mince, festonné dans toute sa longueur par le prolonge- ment des côtes de la convexité du dernier tour ; on voit aussi à la partie interne quelques légères stries plici- formes, qui se continuent dans le fond de la cavité; ce bord est armé, près de la base, d'une petite dent qui naît du sillon de la dernière côte. La columelle est légèrement arquée, aplatie dans presque toute sa longueur. La cou- leur de cette coquille est, à l'extérieur, d'un fauve rou- geâtre : celle des sillons est un peu plus claire. 1 lO GENRE POURVUE. Long. 2 ponc. Larg. 16 lig. Habite l'Océan Pacifique. .. Cette espèce, encore assez rare dans les collections, pourrait servir d'intermédiaire entre la Purpura succincta et la Purpura tro- chlea, car elle ne diffère guère de la première que par les côtes, qui sont moins nombreuses et plus larges ; de la seconde, que par les sillons, qui sont moins creusés, et par les stries d'accroissement, très- apparentes sur notre Pourpre; les côtes sont aussi en plus grand nombre sur celle-ci. M. Gray a donné à cette coquille le nom de Monoceros grandis : mais la dent du bord droit, qu'il a prise pourca- ractère, n'est qu'un léger prolongement du dernier sillon, et n'est pas toujours très-visible. Nous croyons donc ne devoir envisager cette espèce que comme une véritable Pourpre de notre division des Lapilliennes, jusqu'à ce que de nouvelles observations lui assi- gnent invariablement la place qu'elle doit occuper. Espèces ovales ou ovales coniques. Ouverture médiocre, alongèe ; Véchancrure de la base presque droite. POURPRES DUCCÏNOIDES. 69. POURPRE HÉMASTOIWE. Purpura hœmastoma, Laju. (Collect. Mass., Lam.) Lister, Conch., t. 988, fig. 48. PI. XXXII, fig. 78 à 78'', et pi. XXXIII, fig. 79-79». P. testa ovato-conicâ, crassiusculâ, Iransversim striatâ ; nodulosâ, fulvo- rufescente ; ani'ractibus snpernè. obtuse angulatis, noduliferis ; ultimo tuber- culis biseriatis aut quinis cingulis transversis ; aperturâ luteo-purpurescente ; labro intùs sulcato. Coquille assez épaisse, ovale-oblongue, tuberculeuse, atténuée aux extrémités, à sommet aigu. Spire assez GENRE POURPRE. 1 1 1 longue, conique et pointue, formée de six tours peu con- vexes , le plus souvent carénés et tuberculeux vers le mi- lieu. Le dernier tour, beaucoup plus grand que tous les autres, offre ordinairement, vers le tiers supérieur, deux rangées de gros tubercules obtus, le plus souvent courts; ceux du rang supérieur sont les plus gros ; au-dessous de ces deux rangs de tubercules se voient deux ou trois côtes aplaties, transverses et peu saillantes, rarement nodu- leuses. Toute la surface extérieure de la coquille est cou- verte de stries fines, assez profondes et transverses. L'ou- verture est grande, ovale-alongée, d'un beau jaune orangé très-intense sur tout le pourtour. Le bord droit est mince, sillonné, tranchant, denticulé à la partie interne; dans les jeunes, les sillons sont très-prononcés et colorés de brun cendré. La columelle est légèrement arquée, aplatie vers la base seulement. La couleur de la partie extérieure de cette coquille est un fauve clair ou un cendré blan- châtre ; quelquefois de larges bandes blanches se déta- chent sur ce fond ; et les côtes sont ornées de linéoles noires. Long. 3 pouc. Larg. 2 pouc. Habite l'Océan Indien, les côtes du Sénégal, la Méditer- ranée, vers les côtes de Barbarie, de la Corse et de la Sicije. Cette coquille est commune, peu diversifiée dans sa forme et sa couleur : les variétés qu'elle présente ont été considérées par plu- sieurs savants comme des espèces distinctes. L'individu de notre figure 78, étant celui que l'on trouve le plus communément, doit être, par cette raison, considéré comme type; sa coquille parvient à un assez grand développement. La variété ?8 a est un peu plus petite, et a les deux rangées de tubercules du dernier tour plus fortement prononcées, traversées par de larges bandes blanchit- 1 1 2 GENRE POURPRE. très. La variété 78b a ce dernier tour chargé de quatre rangées de tubercules coniques et pointus ; les sillons et lesdenticules du bord droit sont très-apparents. La coquille de la variété de la pi. 55, fig. 79, est moins ventrue; les tubercules du dernier tour y sont moins marqués ; au contraire, les stries qui la recouvrent sont plus distinctes. L'ouverture est plus étroite, et les stries du bord droit sont interrompues dans le fond de la cavité. La coquille de la va- riété fig. 79 a , que Lamarck a donnée sous le nom de Purpura unifascialis, n'offre de remarquable qu'une ceinture d'un blanc mat, située vers le milieu de la convexité du dernier tour. Une autre variété, qu'on pêche dans l'Océan Pacifique, et que M. de Blain- ville a nommée Purpura biscrialis, est plus petite que les précé- dentes. Les stries de la partie interne du bord droit sonl interrom- pues, et forment des tubercules pliciformes. Plusieurs des diverses variétés de la Purpura hœmastomase trou- vent souvent réunies dans les mêmes parages ; on en rencontre dans presque toutes les mers. L'opinion de M. de Blainville serait que les variétés dont la co- quille atteint la taille la plus haute, et dont les tubercules, au nombre de deux rangs seulement, sont les plus saillants, vien- nent de l'Océan Indien ; que celles du Brésil, de la côte d'Afrique et de la Méditerranée, sont moins grandes, et enfin que les plus petites de toutes seraient celles du golfe de Gascogne • celles-ci ont les quatre rangées de tubercules plus évidentes mais moins grosses. Je pense que cette opinion est peu fondée; j'en ai vu une grande quantité de diverses tailles provenant des mêmes localités. M. Joannis a fait représenter dans un des cahiers du Magasin de Zoologie de M. Guérin , l'animal de la Purpura hœmastoma; ce mollusque a le corps marbré de brun-rouge sur un fond jau- nâtre; les bords du manteau sont d'un vert liquide. Adanson, qui a nommé cette Pourpre Sakem, dit qu'elle est tellement commune sur la côte du Sénégal, que les Nègres en mangent l'animal ; ils le font cuire sur des charbons; la chair en est blanche et assez tendre. GENRE POURPHE. 1 l3 70. POURPRE CONSUL. Purpura consul. (Collect. Mass., Lam.) Chem. conch., t. 160, fig. 1 5 1 6- 1 5 17- Pl. XVI, fig. 48. P. testa ovato-lurbinatâ, ventricosA, crassâ,por. fig> 6 a. b. PL XXXIII , fig. 80. P. testa ovatâ, ventricosâ , transversiin minutissimè striatà , albido-gri- seâ , lineis fuscorubescentibus distantibus cinctâ ; anfraclibus supernè angu- latis , ad angulum tuberculato-coronatis ; apertura: labiis aurantiis. Coquille ovale , peu épaisse , renflée vers le milieu , at- ténuée aux extrémités , à spire peu élevée , formée de 1 l6 GENRE POURPRE. cinq tours légèrement aplatis en dessus , couronnés sur le milieu de petits tubercules arrondis ; ceux du dernier tour sont plus gros et au nombre de dix. Toute la surface extérieure de la coquille est couverte de stries transver- ses très-fines , régulières et très-multipliées. La coloration est d'un blanc grisâtre , sur lequel se dessinent fort ré- gulièrement huit à neuf petits cordons étroits , espacés , d'un brun rouge. La suture est simple , linéaire, bordée d'une linéole également rouge. L'ouverture est grande, ovale-alongée , d'un blanc mat dans le fond , avec le limbe de couleur écorce d'orange. Le bord droit est mince , tranchant, sillonné, faiblement denticulé à la partie in- terne. La columelle légèrement arquée , aplatie et con- tournée à la base. Long. 1 8 lig. Larg. î pouc. Habite Cette coquille, que Lamarck avait établie dans le genre Buccin, sous le nom de Buccinum lineatum, doit naturellement, d'après sa forme et ses caractères, venir se placer près de la Purpura hœ- mastoma , avec laquelle elle a le plus grand rapport. Cependant elle s'en distingue par sa coloration, et surtout par les pe- tites bandes nettes et de couleur tranchée dont sa surface est peinte. 73. POURPRE ONDÉE. Purpura undata, Lam. (Collect. Mass., Lam. ) Nouv. Ann. du Mus., pi. 9, fig. 12, pi. XXXIV, fig. 81 à 81 e . P. testa ovato-acutâ, transversim tenuissimè striatâ, muricatâ , subflavo GENRE POURPRE. ] 1 J cl fusco nigiicante ; longitudinaliter undatimque pictâ; anfractibus superaè angulato-tuberculatis : tubcrculis brevibus acutis. Coquille ovale-alongée , subturriculée , tuberculeuse , sillonnée dans toute son étendue, atténuée aux extrémités, à spire un peu alongée , formée de cinq à six tours di- visés dans le milieu par un rang de tubercules coniques. Le dernier tour, assez grand, présente presque toujours, sur sa convexité quatre côtes transverses , hérissées d'é- pines épaisses et comprimées. Les deux dernières rangées de la base disparaissent souvent ; mais les deux supé- rieures restent toujours apparentes. Ces côtes sont inter- rompues dans leur décurrence , et forment par ce moyen des espèces de plis longitudinaux. L'ouverture est ovale- alongée , blanchâtre. Le bord droit est mince , denticulé, garni à la partie interne de quatre à cinq tubercules pliciformes. Il est taché ou bordé de brun chez les jeunes individus. La columelle est lisse , presque droite , et légè- rement contournée à la base. La couleur de cette coquille est ordinairement d'un jaune terne ; quelquefois elle est verdâtre , couverte de grandes taches brunes étendues et irrégulières, se rangeant le plus souvent par bandes lon- gitudinales sur toute la longueur des tours , des intersti- ces et des tubercules, qui sont de la même coloration que le fond de la coquille. Long. 2 pouc. Larg. 14 %• Habite la nier du Sud, et les côtes de Sainte-Hélène. Celte coquille offre beaucoup de variétés dans ses différents âges. Ses cotes transverses sont quelquefois peu marquées ou même n'existent pas ; d'autres fois elles sont élevées et noduleuses ; le 1 | 8 GEXnE POIKPRE. plus souvent, elles sont seulement indiquées par des rangées de tubercules pointus; plusieurs auteurs , trompés par ces variétés infinies, ont fait de ces différences d'âge des caractères d'espèces; la première de notre pi. xxxiv, f. 8iaet 8i b , est décrite par M. de Blainville sous le nom de Bicaranita. La seconde, figurée 8ic a été appelée par Lamarck Purpura ru&tica ; elle n'est qu'un très- jeune individu de la P. undata; cette dernière petite coquille , élé- gante et mignonne, a quatre ceintures noduleuses de tubercules d'une jolie teinte rosée. 1!\. POURPRE TURBINOIDE. Purpura ttirbinoides de Blaihvillk. (Collect. Mus.) Voy. de CAstrol. , pi. 39, fig. 4-6. PI. XXXV, fig. 82. P. testa ovatoacutft , turbinoidâ , transversim striatâ, longitudinaliter sub- l'.licatà, griseolà ; spirâ brevi, acutâ ; anfractibus supernè depressis, ad angu- lutn tuberculatis ; apertura ovato-oblongâ, caerulescente ; labro dextro tenui , intùs striato. Coquille assez petite, ovale, raccourcie, turbinoïde, atténuée aux extrémités , chargée de stries décurrentes subsquammeuses. Spire peu élevée , pointue au sommet, composée de quatre à cinq tours étages , légèrement apla- tis à la partie supérieure , couronnés sur l'angle par un rang de tubercules spiniformes plus ou moins saillants. La suture est onduleuse et linéaire. Le dernier tour est conoïde , un peu plus grand que la spire, plissé longitu- dinalement , hérissé de quatre rangées de tubercules , dont ceux de la carène supérieure sont toujours les plus longs. L'ouverture est assez grande , ovale-oblongue , teinte de bleuâtre. Le bord droit est mince , marqué à la partie interne de stries qui se prolongent et s'épanouis- sent sur le limbe , peint d'une jolie nuance de brun. La columelle est droite, colorée de violâtre, légèrement tor- GENRK POURPRE. 1 1 9 due et bordée à la base par un petit ombilic. La colora- tion extérieure est grise , quelquefois ponctuée de brun ou de blanchâtre. Long. i5 lig. Larg. 10 lig. Habite les rivages de Vanikoro , de Madagascar et de l'île Sainte-Hélène. Les nombreuses analogies de cette coquille avec notre groupe des P. armigères nous conduisent à la ranger dans cette division. Plusieurs individus ont été apportés en Europe par MM. Quoy et Gaimard, et ils ont pu en observer l'animal, qui a les tentacules longs, assez gros, obtus, portant les yeux au tiers antérieur de leur longueur. Ces yeux sont blancs à la pointe, noirs dans le reste de leur étendue , de même que le siphon et les côtés du pied. L'opercule est subquadrilatère et rougeâtre. Ces savants voyageurs avaient envisagé cette espèce comme une simple va- riété de la P. thiurella. 75. POURPRE RAPE- Purpura scoùina , Quov. (Collect. Màss. , Mes.) Voy. del'Jstrol., pi. 38, fig. i2-i5. PI. XXXV, fig. 85 et 83». P. testa ovato-oblongâ, transversim rugosâ , squalidè luteâ ; interstitiis la- mellosis imbricatis; aperturâ ovali minore, fuscescente; labro undulato, intùs tubcrculato , sulcato. Coquille assez petite , ovale-oblongue , pointue aux ex- trémités , à spire médiocre , conique et pointue, formée de cinq tours subétagés , convexes , anguleux dans le milieu. Le dernier, beaucoup plus grand que tous les au- tres, offre, sur la partie la plussaillante du dos, deux ou 20 GENRE POURPRE. trois carènes le plus souvent hérissées de pointes produi- tes parles accroissements successifs; ces carènes sont va- riables , fort saillantes chez quelques individus , et s' ef- façant insensiblement chez d'autres; toute la surface ex- térieure de cette coquille est d'un gris sale , couverte de stries longitudinales , squammëuses , imbriquées en sé- ries transverses. L'ouverture est ovale-oblongue , viola- cée dans le fond , étroite chez certains individus qui ont en même temps quatre à cinq tubercules pliciformes assez fortement prononcés à la partie interne du bord droit. Le limbe est peint de blanc. La columelle est légè- rement excavée, aplatie et colorée de brun dans toute sa longueur. Long. 14 lig. Larg. 9 lig. Habite la mer du Sud, les côtes de la Nouvelle-Zélande. Cette espèce, dont MM. Quoy et Gaimard ont rapporté un grand nombre d'individus, est très-remarquable par ses stries i'euillacées et imbriquées, qui lui donnent en effet quelque ressem- blance avec une râpe , soit à la vue, soit au toucher. Cette singu- larité est très-visible sur les individus très-frais. M. de Blainville a cru devoir changer le nom de cette Pourpre, en celui de Lacu- nosa, pensant qu'elle avait du rapport avec une autre coquille éta- blie sous cette désignation dans l'ouvrage de Bruguière ; mais il faut, au contraire, rapporter celle-ci à la P. succinea. Nous avons fait représenter, pi. 35, fig. 83 a , une coquille de cette espèce dont les aspérités des stries longitudinales sont à peine apparentes. L'ouverture est plus large, et les tubercules du bord droit n'existent pas. Ces différences appartiennent très-probable- ment au sexe. M. Quoy a établi cette coquille sous le nom deP. rugosa, Voyage de l'Astrolabe, pi. 38, fig. 19-21, et a donné en même temps la des- cription de l'animal. Il a le pied ovalaire, un peu élargi en avant ; GEMIE PJURPRli. 121 les tentacules gros, coniques, terminés en pointes aiguës, portant les yeux vers leurs extrémités; ils sont blanchâtres ainsi que le siphon, qui est court. Le pied est blanc-jaunâtre en dessous, avec une légère teinte brune sur le bord; ses côtés sont d'un vert clair, tachés de blanc jaunâtre. L'opercule est ovalaire et presque noir. 76. POURPRE SPIREE. Purpura spirata, de Blainvillb. (Collect. Mv*.)Nouv. Ann. du Mus., pi. 12, fig. 8. PI. XXXVIII, Cg. 90. P. testa ovato-elongdtâ , fnsiformi , utrinquè attenuatâ , tenuissiiiiè trans- versim striatâ, griseolâ, seriatim nigro maculatâ; spirâ subturriculatâ, acutâ, anfractibus ccmvexis; aperturâ elongatâ, subcanaliculatâ, intùs violaceâ ; labro dextro tenui , intùs denticulato. Coquille ovale - alongée , fusiforme, atténuée aux ex- trémités , à spire assez élevée , subturriculée , pointue , formée de cinq à six tours un peu carénés , striés dans leur décurrence. Les premiers sont garnis de petites écailles imbriquées produites par des stries longitudi- nales. L'ouverture est alongée, subcanaliculée , violâtre en dedans. Le bord droit est mince , légèrement arqué, avec cinq denticules à la partie interne. Sa columelle est droite, revêtue d'un bord gauche appliqué, excepté à la base, où il se détache et se renverse sur un petit ombilic. La coloration de cette coquille est un fond grisâtre, cou- vert de petites linéoles et de taches subquadrangulaires d'un brun noir et d'un rouge foncé , disposées régulière- ment en séries transverses; quatre rangs de taches un peu plus grandes , non moins régulières que les autres , se voient sur le dernier tour ; deux de ces rangs au milieu , et les deux autres sur la convexité du tour. 122 GENIE POURPRE. Long, i pouc. Larg. 6 lig. Habite les rivages des îles Sandwich. Cette jolie espèce est remarquable parmi les Pourpres, à cause des nombreuses petites taches qui la recouvrent ; elle est aussi d'une forme plus alongée. Elle a été figurée par M. Sowerby, dans ses Conchol ogival Illustrations , cahier 8 , fig. 5. 77. POURPRE DE JANELLE. Purpura JancllU. Nobis. (Collect. Janelle et Woldemar.) PI. XXXVIII, 6g. 89. I'. testa uicdiocri, ovatà, brevi , turbinoidà, transversim striatâ , tuber- culis albis coronatâ, fuscescenlè ; spirà brevi; apertura ovato-elongatâ, iatùs violaceâ ; labro dextro tenui , leviter sulcato. Coquille médiocre , ovale , raccourcie , turbinoïde , à spire courte, formée de cinq tours arrondis et serrés. La suture est linéaire , accompagnée à la base de chaque tour d'une rangée de petits tubercules obtus, blancs et très-rapprochés. Le dernier tour est élargi à la partie supérieure , et s'atténue insensiblement à l'extrémité in- férieure. Il est couronné de neuf à dix tubercules blan- châtres , arrondis et saillants ; des stries transverses , serrées, peu saillantes, couvrent toute la surface de cette coquille. L'ouverture est ovale-alongée , teintée de violet clair dans le fond. Le bord droit est mince, légèrement sillonné sur le limbe, qui est coloré d'un brun noir très- brillant , ainsi que le bord gauche qui recouvre la colu- melle. Celui-ci est épais, plissé dans sa longueur. Le fond GENRE l'OURPRE. 123 de la coquille est d'un brun-clair uniforme, sur lequel tranchent vivement les tubercules blancs. Long. i4%- Larg. 10 lig. Habite l'Océan Pacifique , le rivage de Payta. Cette espèce est encore rare. L'individu dont nous venons de faire la description appartient à la riche collection de M. Janelle, à qui, reconnaissant d'une obligeance dont nous avons eu toujours à nous louer, nous avons dédié cette espèce. 78. POURPRE CORNIGÈRE. Purpura corrigera, dk Blainville. (Collect. Mass.) , Nouv. Ann. du Mus., pi. 9, ûg. 10. PI. XXXIX, fig. 9a. P. testa ovato-elongatâ , crassà , transversim tenuissimè sulcatâ, Iongitudi- naliter nitido-f'uscà , albo-maculatâ; spirâ conicâ , acutâ, ultimu aniïactu subglobuloso ; aperturâ ovalâ , albidà ; labro dextro tenui denticulato. Coquille médiocre, ovale-alongée , épaisse , à spire longue, conique, aiguë, composée de cinq à six tours peu distincts, légèrement noduleux, garnis, dans leur décur- rence, de minces sillons transverses. Le dernier tour est subglobuleux, un peu aplati supérieurement. Les sillons circulaires sont réguliers et bien prononcés ; on y dis- tingue aussi quelques plis longitudinaux qui résultent des accroissements successifs, et dont les intervalles sont le plus souvent inégaux. Cette coquille est colorée d'un brun brillant , parsemé assez également de taches d'un beau blanc mat, ovoïdes ou arrondies, disposées en séries transverses; dans d'autres cas, elles se réunissent plu- 1 24 GENRE POURPRE. sieurs à la fois pour former des espèces de bandes lon- gitudinales. Ouverture médiocre , ovale, blanche dans le fond. Bord droit mince, tranchant , un peu denticulé, taché de brun noir , garni à sa partie interne de qua- tre tubercules pliciformes qui se prolongent jusqu'au fond de la cavité. Une petite corne ou pointe , qui doit sa naissance au prolongement du dernier sillon, se fait remarquer près de l'échancrure de la base de la coquille. La columelle est épaisse, presque droite, d'un blanc lustré. Long. 1 8 lig. Larg. 1 1 lig. Habite la mer pacifique , les côtes du Pérou. Cette espèce , encore assez rare dans les collections, est facile à distinguer à cause de sa jolie coloration, également nuancée de brun et de blanc; cependant il arrive quelquefois que les macula- tions blanches sont recouvertes d'une teinte uniformément fon- cée. M. Gray a établi cette pourpre sous le nom de Monoceros brevidentatum ; elle a été décrite et figurée sous le même nom par Sowerby, dans ses Conchological Illustrations , cah. 79, fig. 4~4' 79. POURPRE OCELLÉE. Purpura oceltata. Nobis. (Collect. Janelle.) PI. XXXVII, fig. 86. P. testa mediocri, ovatâ , subglobulosâ , transversim tcnuissimè striatâ , griseo-fuscâ ; spirà brevi , conicâ ; ulthno anfractu triseriatim tuberculis al- bidis coronato; aperturâ subrotnndatâ, intùs albidà; labro dexlro tcnui , denticulato. « Coquille assez petite , ovale , subglobulcusc , à spire G15KRK POURPBE. 120 courte, conique, composée d'un petit nombre de tours. Le dernier est beaucoup plus grand que tous les autres ensemble. Il présente à sa surface trois rangées de tuber- cules dont ceux de la base sont ordinairement à peine vi- sibles. Des stries transverses , fines et rapprochées cou- vrent toute la convexité des tours. L'ouverture est sub- arrondie, blanchâtre dans l'intérieur. Le bord droit est mince, tranchant, très-légèrement denticulé , bordé de brun noir, avec deux ou trois taches blanches correspon- dant aux séries de tubercules de la surface. On remarque aussi sur ce bord, et près de la base, une petite dent for- mée par le prolongement du dernier sillon. La colu- melle est blanche , peu excavée , aplatie dans sa lon- gueur. Toute cette coquille , à l'extérieur, est uniformé- ment d'un brun grisâtre , et les tubercules d'un blanc terne. Long. 1 pouc. Larg. 9 lig. Habite la mer Pacifique , les côtes du Chili. Cette petite espèce a quelques rapports avec la P. Cornigera ; cependant elle en diffère par la spire, qui est moins alongée, et par l'absence de tubercules à la partie interne du bord droit. Elle est aussi moins épaisse. 80. POURPRE MELON. Purpura mclones. Duclos. (Collect. Mass. ) Ann. des Sciences natur., tom. 26 , pi. 1 , fig. 2. PI. XXXIX, fig. 9 3 et 9 3a. P. testa ovatâ , brevi, crassà, transversim teiuiissimè striatâ ; albâ-fusco 1«6 GENRE POURPRE. maculatà ; spirâ brevi, acut.1 ; ultimo anfractu semiglobuloso ; aperturâ ovato, lucido-flavâ , violacescente ; labro dextro tenui , intùs tuberculato. Coquille ovale , courte , solide , épaisse , à spire courte, pointue, formée de cinq tours peu distincts; le dernier beaucoup plus grand que tous les autres réunis. Il est semi-globuleux, orné sur toute la convexité d'un très- grand nombre de stries aplaties décurrentes et très-ser- rées , qui sont à peine visibles sur les tours supérieurs. L'ouverture est ovale, un peu évasée, teintée d'un jaune transparent légèrement nuancé de violet. Le bord droit est mince , tranchant, garni à la partie interne de onze à douze tubercules pliciformes qui se prolongent jusque dans le fond de la cavité; le limbe est finement denti- culé, taché de brun noir dans presque toute sa longueur. La columelle est excavée , aplatie, un peu contournée à la base ; elle est quelquefois colorée d'un beau violet. La couleur générale de cette coquille , dans un état frais , est un gris verdâtre avec des sillons plus clairs. Usée par le frottement, elle est blanche, marquée de larges taches brunes et étendues , d'un brun noir. Long. 20 lig. Larg. 1 4 lig. Habite la mer du Sud , les côtes du Pérou. Cette jolie espèce a été établie par M. Duclos, d'après un in- dividu fruste. Nous l'avons fait représenter dans toute sa fraî- cheur, pi. 39, fig. 93 a . Il est assez rare de la posséder en cet état. Par cette raison, nous avons cru devoir présenter, comme type, celle qu'on trouve plus généralement dans les collections. Elle a été nommée par M. de Blainville Purpura crassa. (Nouvelles An- nales du Muséum , pi. 13, fi g. 4)- GENRE rOURPRE. 12y 81. POURPRE A COLLET. Purpura limbosa , La*. (Collect. Mass.. Lam.) PI. XXXX, fig. 95. P. teslâ ovatn-oblongâ , transversim lenuissimè striatâ , fulvo-rubente ; an- fractuum margine superiore compresso limboso; labro tcnui, acutu. Coquille ovale, raccourcie, ventrue, à spire courte , conique , composée de cinq tours aplatis , carénés à la partie supérieure. La carène est simple, arrondie, et pro- duit une rampe étroite en spirale qui remonte jusqu'au sommet. La suture est simple , légèrement enfoncée , bordée d'un bourrelet assez large et convexe qui est placé à la partie supérieure des tours. Le dernier est renflé vers le milieu , couvert de très fines stries avec des cor- delettes espacées et transverses. L'ouverture est ovale , subarrondie , d'un fauve cendré et chatoyant dans le fond. Le bord droit est mince , peu arqué dans sa lon- gueur , pourvu , immédiatement au-dessous du bour- relet de la suture , d'une inflexion bien prononcée. Le limbe est blanchâtre, légèrement strié. La columelle est d'un beau blanc lustré; elle est arquée et contournée à la base. La coloration de cette coquille est un fauve plus ou moins clair , ou un brun foncé , quand elle est recou- verte d'un épiderme. Long. îô lig. Larg. 10 lig. Habite la mer du Sud. Cette coquille est facile à reconnaître par sa couleur d'un fauve 128 GENRE POURPRE. uniforme , par ses tours de spire aplatis, et surtout par le bour- relet qui borde la suture. Cependant, malgré toutes ces différen- ces, elle pourrait bien n'être qu'une variété de sexe ou de lo- calité de la suivante; peut-être sera-t-elle, plus tard, envisagée sous ce point de vue. 82. POURPRE CALEBASSE. Purpura lagenaria , Lam. (Collect. Mass., Lam.), Ann. des Se. nal., pi. 2, fig. 11-12. PI. XXXX , fig. 9 4 à 9 4b. P. testa ovatA , transversim tenuissimè striatâ , fulvà , fasciis albis cinctA , Haeolis longitudinahbus undatis spadiceis oroatA ; aniractibus supernè angu- latis , infià suturas compresso-planis ; labro tenui , iutùs laevi , fulvo-rubente. Coquille ovale , ventrue , assez courte , à spire coni- que , formée de cinq tours fort courts, un peu convexes. Toute leur surface est couverte de stries transverses très- fines. La suture est simple, assez profonde. Le dernier tour est renflé vers le milieu , aplati supérieurement, et atténué à l'extrémité inférieure; outre les stries qui le garnissent, on y remarque encore sept à huit cordelettes décurrentes qui , quelquefois , se réunissent et forment de larges ceintures. L'ouverture est oblongue , lisse , fauve , un peu rétrécie à la partie supérieure , for- mant une espèce de petit canal à sa réunion avec le bord gauche; celui-ci est mince, finement plissé sur le tran- chant. La columelle est blanche, légèrement arquée et contournée à la base. La coloration de cette coquille est un fond blanc ou un peu roussâtre, sur lequel se dessinent des flammules d'un joli brun plus ou moins rouge , avec des linéoles ou petites taches quadrangulaires placées en séries sur les cordelettes, qui sont blanches. GfcNRK I'OUUUU-.. Long. 1 8 lig. Larg. 1 o lig. Habite la mer du Sud. Les ceintures blanches et la disposition des taches de celte co- quille lui donnent un joli aspect. M. Duclos l'a étahlie sous le nom de P. Cucurbita (Ann. des Sciences naturelles, mai 1802, pi. 2 , fig. 12). Il se trouve dans la collection Masséjia deux varié- tés de celte même espèce,, où l'aplatissement du dernier tour n'existe pas. La première (fig. 74k) ne laisse voir que des taches en séries transverses; sur l'autre, au contraire (74 a )> sont tracées de larges taches flammulées et éparses, d'un noir profond. Celte pourpre est figurée dans le catalogue de Wood, pi. 23, fig. 102, sous le nom de Buccinum versicolor. 83. POURPRE DE WOLDEMAR. Purpura Woldemarù. Nofis. (Gollect. Mass.) PI, XXXIX, fig. 91. P. testû ovato-oblongâ . fuscâ ; sjiiift brevi, aeula , tuberculatâ , ullimo anfractu transversim striato; aperturâ ovatâ , albâ; labro dextro lenui, lxvi, tenuissimè dcnticulato. Coquille ovale-oblongue , à spire peu alongée , pointue , formée de cinq à six tours un peu déprimés en dessus, et très-légèrement couronnés près de la suture, qui est linéaire , de tubercules à peine apparents. Le dernier tour est assez grand relativement aux autres , obscuré- ment noduleux à la partie supérieure, qui est lisse , et présentant des stries transverses rapprochées sur le reste de son étendue. L'ouverture est assez large , ovalaire, blancheen dedans. Le bord droit, dans toute sa longueur 9 l5o GF.NRK POUBPRE. et à la partie interne , est lisse, mince , faiblement évasé, finement denticulé sur le tranchant. La columelle est presque droite, s'aplatissant un peu vers la base. La couleur extérieure de cette coquille est un brun-noir uni- forme, qui s' éclaircit quelquefois jusqu'au grisâtre. Long. 20 lig. Larg. i pouc. Habite Nous ne connaissons pas la localité de cette coquille ; nous l'avons dédiée à M. "Woldemar, amateur distingué, que nous som- mes heureux de remercier ici d'une obligeance qui ne s'est jamais démentie. , 84. POURPRE CATARACTE. Purpura calaracta, La m. (Collect. Mass., Lam.) Chemn., Conch., pi. i 5a , fig. i455 PI. XXXVI et XXXVII, Gg. 85 à 85*. P. testa ovato-acutâ, scabriuscula, raro tuberculosâ, griseà , strigis longi- tudinalibus undatis rufo-fuscis pictâ ; striis transversis prnminulis, sirias lon- gitudinales impressas decussantibus; anfractibns supernè subangtdalis ; labro intus striato. Coquille ovale , oblongue , pointue aux extrémités , à spire assez longue, conique et pointue, formée de six à sept tours légèrement convexes et souvent anguleux au milieu. Le dernier tour, plus grand que tous les autres, offre chez certains individus , sur la partie la plus con- vexe, deux carènes inégales, chargées de tubercules poin- tus; ces carènes sont plus ou moins apparentes, selon les individus; très-visibles chez les uns, ne s'apercevant plus chez d'autres. Toute la surface extérieure des tours est couverte de stries fines et transv.erses peu profondes. (iliMUi POURPRE. 1 3 1 La couleur de cette pourpre , variée de macula tions rousses et blanches plus ou moins foncées et disposées ir- régulièrement , n'est pas également la même sur toutes les coquilles de la même espèce : chez quelques-unes elle est fauve avec des taches brunes en zigzag formant des flammules longitudinales ; chez d'autres elle est d'une teinte presque uniforme d'un gris d'ardoise. L'ouverture est ovale , alongée, d'un blanc mêlé de jaune safran à l'in- térieur. Le bord droit est mince , tranchant , plissé et denticulé à la partie interne , le plus souvent bordé de brun sur le limbe. La columelle, qui est d'un jaune légè- rement orangé , est arrondie dans presque toute son éten- due, et ne s'aplatit sensiblement qu'à la base, où elle laisse à découvert une échancrure assez large et pro- fonde. Long. 22 iig. Larg. j pouc. Habite la mer du Sud, les côtes de la Nouvelle-Zélande, celles de la Chine et de la Guyanne. Cette coquille, commune dans les collections, est assez varia- ble dans sa coloration ; celle que nous avons prise pour type , comme la plus constante , est la vraie P. Cataracta de Lamarck. Une des variétés les pluspetites (pi. 57,fig- 85 d ), dont quelques au- teurs ont cru devoir faire une espèce, et que Lamarck a nommée la P. Cruentata, n'est distincte de celle que nous venons de décrire que par les stries transverses qui y sont moins fortes; elle est, à la vérité, plus petite, mais le plus ou moins de grandeur résulte bien certaine- ment de l'âgedesindividus. Une autre variété, non moins constante, qui vientdes côtes du Chili, est toujours uniformément d'un grisar- doiséplusou moins foncé (pi. 36, fig. 85 b ). Une troisième, d'un brun noirâtre, et plus petite que la précédente, est entourée sur le milieu de la convexité du dernier tour, d'une bande étroite d'un blanc \ l52 GENRE POURPRE. mat, avec quelques linéoles espacées de même couleur. Nous l'a- vons fait figurer dans notre pi. xxxvn , fig. 85 c - La variété 85 a est plus rare. C'est de celle-ci que Lamarck a fait la P. bicostalis. Elle se fait remarquer par deux rangées de tu- bercules qui surmontent son dernier tour. Moins foncée que tou- tes les autres et d'un fond roussâtre , elle a des flammules longi- tudinales bien disposées et brunes. La petite coquille 85 e a aussi les deux rangées de tubercules , mais elle est complètement blanche. 85. POURPRE STRIÉE. Purpura striaia, Qui y. (Collect. du Mus.) Voy. de L'Astrol., pi. 37, fig. 12-14. PI. XXXVIII, fig. 88. P. testa ovato-elongatâ, bucciniformi, tuberculato-plicatâ, longitrorsùm et transversim striatâ, fuscescente ; aperturâ elongatâ, subpatulatâ , rubente- violacea ; labro dextio tenui, intùs sulcato. Coquille épaisse, ovale, alongée, bucciniforme, à spire élevée, conique , pointue , formée de quatre à cinq tours à peine convexes, un peu déprimés en dessus, garnis dans leur milieu d'un rang de tubercules obtus qui cor- respondent à chacun des plis qu'on voit se prolonger longitudinalement. Toute la surface des tours est cou- verte de stries fines, entrecoupées par d'autres stries plus fortes et plus convexes , au nombre de huit à neuf sur le dernier tour. L'ouverture est assez grande , alongée , subpatulée , teinte de rouge-clair. Le bord droit est tran- chant , évasé , strié , ayant à la partie interne neuf tu- bercules pliciformes qui se prolongent jusque dans le fond de la cavité. La columelle est presque droite , vio- lacée , arrondie, aplatie à la base; elle a vers le milieu un ou deux plis obsolètes. Le fond de la coloration de l'ex- GENRE POURPRE. 1 33 térieur est un joli brun plus ou moins clair sur lequel se dessinent les cordelettes transverses quelquefois inter- rompues de blanchâtre. Long. 22 lig. Larg. 1 pouc. Habite le Havre Dorey, à la Nouvelle-Guinée. C'est à M. Quoy que l'on doit la connaissance de cette belle espèce, qui a beaucoup de rapport, par sa forme, avec les Buc- cins ; elle s'en éloigne cependant par sa columelle aplatie et la conformation de son opercule. 86. POURPRE GUIRLANDE. Purpura serlum , Lam. (Collect. Mass. , Lam.) Lister, Comch., t. 986, fig. 45. PI. XL 1,6g. 96396,,. P. teslà ovato-oblongâ , transVersim striato granulosâ , striis longitudinali- bus impressis decussatâ , maculis latis albîset rufis inaequalibus variegatâ; anfractibus convexis , supernè depressis; columellâ fui va. Coquille ovale , oblongue , bucciniforme , ventrue au milieu , atténuée aux deux extrémités. Spire conique , pointue , formée de cinq tours légèrement convexes , dont l'inférieur fait un peu plus des trois quarts de la coquille. Toute là surface est chargée de stries trans- verses élevées et granuleuses, marquée à des intervalles inégaux par des sillons perpendiculaires qui indiquent les accroissements successifs de la coquille. Elle est brune ou de couleur fauve en dehors, entourée, sur la convexité du dernier tour, par une large bande qui est produite 1 54 GENRE POURPRI-. par des taches blanches ovoïdes, se confondant souvent les unes avec les autres vers leur milieu, et ordinaire- ment plus grandes que celles qu'on voit éparses sur le reste de la coquille. Les jeunes individus ont le fond de la coloration plus foncé. L'ouverture est d'un blanc terne ou légèrement roussâtre dans l'intérieur. Elle est ovale- alongée , rétrécie en haut , et terminée par une gouttière étroite qui doit sa naissance à une ride épaisse du bord droit. Celui-ci est mince, très-linement strié sur le limbe, qui est bordé de petites linéoles régulières de couleur fauve. La columelle est lisse, légèrement arquée au mi- lieu et de couleur livide. Long. 27 lig. Larg. 14 lig. Habite les mers de l'Inde, la Nouvelle-Guinée, le rivage du port Dorey et les Séchelles. Cette coquille est une des plus jolies du genre, et n'est pas rare dans les collections. Le nom de Guirlande lui a été donné à cause des bandes qui l'ornent agréablement , et qui sont formées par des taches déchiquetées. Nous avons fait représenter pi. xli, fig. 96a et 96b deux varié- tés de cette espèce. La première a été établie par Bruguière sous le nom de Francotinus. Elle paraît lisse à la vue sim- ple, mais en l'observant avec la loupe on reconnaît distincte- ment les traces des stries transverses saillantes qui ont disparu , soit par des circonstances de localité , soit par le frottement. Dans la 9(5 b ces stries sont plus visibles; la superficie des ta- ches blanches qui la garnissent est unie. Ce sont ces lâches qui , se voyant également sur la première de ces variétés , lui ont fait donner par Bruguière le nom de Francolinus. M. Quoy a observé l'animal de cette pourpre. 11 a , dit cet au- teur, les tentacules petits et les yeux placés vers le milieu de leur GENRE POIRPRK. 1 35 longueur. Ces tentacules sont blancs à la pointe, noirs, piquetés de blanc vers la base, de même que sur le dessus de la tête et les côtés du pied. Le cou est d'un brun clair, le manteau jaune, bordé de noir et de blanc. Le pied est grand, ovo-quadrilatère, jaune en dessous. L'opercule est arqué d'un côté, droit de l'autre, subon- guiculé , brun au milieu, orangé sur les bords. 87. POURPRE FRANCGLIN. Purpura francolinus, Nobis. (Collect. Mass. ) PI. XLH , fig. 97. P. testa ovato-objongâ, b ucci ni forai i , tcnnissimè striatâ, fulvescenie , al- bidis maculatis et lineolis transversim , fuscis l'neis longitudinaliter distinctâ; spirâ brevi, eonicâ ; aperturâ ovalo-elongaiâ, intiis a!bà ; labro dextro crasso, fuscesceate, denticulato. Coquille ovale, oblongue, bucciniforme, à spire courte, conique , composée de cinq tours peu bombés ; leur su- perficie est traversée par des stries très-nombreuses, fines et rapprochées. Le bout de la spire est obtus, légè- rement plissé. Le dernier tour est très-grand relativement aux autres: les stries longitudinales d'accroissement y sont placées d'une manière inégale. L'ouverture est ovale, alongée, blanche dans le fond, terminée à la partie su- périeure par une ride de la columelle et par un léger tu- bercule au bord droit; celui-ci est épais, arqué, tran- chant; le limbe est d'un jaune transparent, strié et bordé de brun dans toute sa longueur. La columelle est lisse , presque droite , blanchâtre dans les deux tiers, et colo- rée d'une belle teinte marron à la base. La surface exté- rieure de celte coquille est un fauve plus ou moins clair, varié de taches et surtout de linéoles transverses : des ]36 gesre pourpre. lignes longitudinales brunes et tranchées la sillonnent et s'effacent insensiblement sur les tours supérieurs. •• ■ Loûg. 2 pouc. Larg. 1 pouc. Habite les mers de l'Inde- C'est avec hésitation que je classe cette coquille comme espèce distincte de la précédente , car elle lui ressemble exactement par la forme; seulement celle dont il est ici question est plus épaisse et plus cylindrique; ce qui la dislingue plus particulièrement de l'autre, ce sont les lignes longitudinales dont elle est recouverte; les maculations blanches y sont aussi moins apparentes et remplacées par un grand nombre de petits points ou linéoles de même cou- leur. 88. POURPRE TRUSTÉE. Purpura maculosa, de Blairv. (Collect. Mass., Lam.) Lister, Conclu, t. 964, fig- 49 e - PI. XLII , «g. 98 à 98b. P. testa ovalo-acutâ, crassiiisculà, Iransversim tenuissimè striât à, macnlis irregnlaribus albis rufis aut nigris undiquè pictû ; ultiino anfractu spirâ ma- jore ; aperturâ angustatâ ; labro intùs dentato,' striato. Coquille assez petite, ovale, aiguë aux deux extrémités, un peu fusiforme , composée de six tours légèrement con- vexes , finement sillonnés dans le sens de leur décurrence. Ces sillons sont traversés par des stries longitudinales extrêmement lines et délicates. La suture est simple et linéaire. L'ouverture est blanche , nuancée de violet; elle est ovale , alongée , assez étroite, terminée en haut par une petite ride transverse sur la lèvre gauche. Le bord droit est mince , tranchant , finement denticulé ", garni à la partie interne et dans toute sa longueur de guttules pliciformes qui se prolongent jusque dans le GENRE POURPRE. 107 fond de la cavité. La columelle est lisse , légèrement excavée^ quelquefois subplissée à la base, qui est toujours blanche. La coloration de cette coquille est agréablement variée ; le fond est ordinairement brun ou verdâtre ; les stries transverses sont accompagnées de linéoles noires entrecoupées elles-mêmes , assez souvent , de longues ta- ches blanches formant ainsi une espèce de réseau, ou des flammules longitudinales. Le plus ordinairement une ceinture blanche traverse la convexité du dernier tour. Long. 1 pouc. Larg. 7 lig. Habite la Méditerranée, vers les côtes de Provence dans la rade de Toulon, où elle est très-commune, et les rivages de la Corse et de la Sicile. Cette coquille, une des plus communes que nous possédions sur nos côtes, est très-variable dans sa coloration. Lamarck avait cru devoir la placer parmi les Buccins, mais le caractère de sa colu- melle aplatie vers la base doit naturellement la réunir aux Pour- pres. Ce savant avait cependant observé le même caractère i-ur une variété de cette espèce qu'il plaça dans le genre où nous ramenons celle-ci. Il la nomma P. Fasciolaris {V. notre pi. XLII, fig. 98a). Elle ne diffère de notre type que par les stries, qui y sont un peu plus saillantes. Shub et JVag ont décrit et figuré dans le supplé- ment à Chemnitz, p. 148, pi 253, fig. 4o93-4094> l ft P- Maculosa sous le nom de P. V ariegata. Espèces dont le bord droit est prés de l'échancrare armé d'une corne conique aiguë plus ou moins longue et recourbée. POURPRES LICORNES. 89. LICORNE TUILEE. Monoceros imbricatum , La m. (Collect. Mass., Lam.) Pallas, Spicil. zool., t'asc. 10, t. 3, fig. 5-4- 1 58 eefritB pourphi:. Pl.XUH.flg. 99-99=. P. testa ovatà , vcntricosâ , scabriuscnlà , cinereft nul g: iseo-rufà ; coatis transversis confertis imbricato-sqiiamosis ; anfractibus convexis ; spirâ brevi; labro dextro crenulato. Coquille ovale, ventrue, renflée dans le milieu, à spire assez courte , formée de quatre à cinq tours dont le der- nier est très-grand. Ces tours sont couverts de côtes transverses hérissées d'écaillés presque les unes sur les autres et qui disparaissent rarement, même chez les in- dividus adultes. Ces côtes sont alternativement moins élevées les unes que les autres ; les sillons qui les sépa- rent sont couverts de légères stries longitudinales et la- melleuses. L'ouverture est grande , blanche , presque ovale; le bord droit est mince-, brunâtre sur le limbe, qui est dentelé ou légèrement plissé; ce bord est armé, près de la base, d'une dent un peu courbée, plus ou moins grande , pointue , dont l'extrémité inférieure est large et se continue en dedans par une côte saillante. Le bord gauche est lisse, aplati, surtout vers la base, où il couvre en partie un enfoncement ombilical qui est circonscrit par un bourrelet aboutissant à l'échancrure de la base de la coquille. Cette échancrure est petite et oblique. La coloration générale est une teinte uniforme plus ou moins fauve ou brune selon les individus. Long. 3 pouc. Larg. 2 pouc. Habite les terres Magellaniques , vers les côtes du détroit de Magellan. Ce groupe oflrc des coquilles qui ont tous les caractères des GKNRK POtnPRli. 1 Sfl véritables Pourpres; elles n'en diffèrent que par cette espèce de corne aiguë, un peu recourbée en dedans, produite par une saillie qui se trouve à la base intérieure du bord droit. Ce caractère a peu d'importance, et nous le retrouvons sur des coquilles d'un autre genre que celui des Pourpres. Cependant quelques auteurs y ont attaché assez de valeur pour en faire un caractère générique : par exemple, le Monoceroscingulatumde Lam. est une vraie Turbinelle à columelle arrondie et plissée. Chez certains Murex et Fuseaux nous remarquons que la corne est produite par la continuation d'un sillon qui se trouve à la base de la convexité du dernier tour. On ne connaît pas encore le mode de formation de cette partie chez les Pourpres; M. de Jilainville semble présumer qu'elle pourrait bien être produite par l'organe de la génération, dont le passage est vers cet endroit. 90. LICORNE STRIÉE. Monocergs striatum , L*m. (Collect. Mass., Lam.) Encyclop., pi. 3p,6, fig. 5 a. b. PI. XLII1 , fig. 100, et PI. XLIV, fig. io3 v»«. P. testa ovatà, ventricosâ , transversini iindulato slriaUÏ, subdecussatà , rufo-castanea ; anfraclibus convexis , uftimo anleriàs obtuse angulato ; spirâ brevi , apice albâ ; aperturà laevi. Coquille ovale, oblongue, ventrue, convexe en dessus, légèrement aplatie du côté de l'ouverture. La spire est très-courte, formée de quatre tours peu convexes et ar- rondis, à suture simple , linéaire ; le dernier formant à lui seul presque toute la coquille. La surface extérieure des tours est entièrement couverte d'un grand nombre de vStries transverses peu saillantes, légèrement ondu- leuses , quelquefois coupées par des stries longitudina- les d'accroissement d'une très-grande finesse. Deux ou trois stries un peu plus saillantes que les autres ren- l4o GENRK POURPRE. dent assez souvent les premiers tours un peu anguleux à leur partie supérieure. L'ouverture est ovalaire, blan- che. Le bord droit est mince, lisse, tranchant, bordé de brun dans toute sa longueur. La columelle est large , aplatie , recouverte en entier par un bord gauche qui ne se relève jamais à la base. La coloration de cette co- quille est un brun uniforme, s'éclaircissant quelquefois. Long. 18 lig. Larg. i3 lig. Habite l'Océan Indien. Cette coquille est moins commune que la précédente. Elle lui ressemble néanmoins sous plus d'un aspect : la grandeur de l'ou- verture, la dent cylindrique et pointue du bas de la lèvre droite, la forme générale, semblent identiques dans ces deux Pourpres ; mais celle-ci est un peu moins grande que l'autre , et les stries qui recouvrent la convexité de ses tours sont quelquefois à peine visibles {V . notre pi. xliv, fig. io3). 91. LICORNE GLABRE. Monoceros glabratum, Lam. (Collect. Mass., Lam. ) Encyclop., pi. 3g6, fig. 5 a. b. PI. XL1V, Bg. îoi. M. testa ovatâ, laevi , rufo-castaneâ ; anfiactibus convexis, ultimo basi unisulcato ; spirâ exsertiusculâ ; labro tenui , intùs Ixvigato , fulvo-ruFcs- cente. Coquille ovale, oblongue , atténuée aux deux extrémi- tés, à spire saillante, pointue, composée de cinq tours dont le dernier est plus grand que tous les autres. Ces tours sont lisses ; le dernier seulement présente de lé< GENRE POXJKPKK. l4l gères indications de stries d'accroissement; vers la base se fait voir un sillon transverse qui correspond à la po- sition de la dent située sur le bord droit. L'ouverture est ovale, sub-semi-lunaire, longitudinale, colorée en de- dans d'un blanc jaunâtre ou fauve. Le bord droit est simple, tranchant, généralement peu épais, bordé de marron clair, et garni à la base d'une dent acérée de grandeur médiocre. La columelle est presque droite , aplatie , légèrement renversée à la base (où elle est un peu saillante) par le bord gauche , qui la recouvre. La couleur de cette coquille , au dehors , est uniformément d'un fauve assez foncé. Long. 3o lig. Larg. 1 3 lig. Habite les mers du Pérou. Cette espèce a bien quelque analogie avec la précédente, niais plusieurs différences l'en distinguent ; elle est d'une forme plus alongée , les tours en sont lisses et la spire y est beaucoup plus élevée que dans le Monoceros striatutn. 92. LICORNE LUGUBRE. Monoceros lugubris, Sowkbby. (Collect. Mass., Mrs.) Sowerby, the Gênera, cah. 5, fig. 3. PI. XL1"V, fig. 102. M. testa ovatO'Oblongâ , ventricosâ, cinereâ , maculis aut lineolis nigris longitudinalibus undatls ornata ; striis transversim tenuissimè striatâ ; ullimu cingulis elevatis, latis , convexiusculis, nodosis; anfraclibus supernè angula- tis; labro dextro, intùscinerescente, denticulato. Coquille ovale, oblongue , ventrue , cerclée, atténuée 1 4^ GF.NRK POURPRE. aux deux extrémités : à spire légèrement saillante, poin- tue , formée de quatre à cinq tours étroits , sub-carénés à leur partie supérieure. On y remarque une surface aplatie en forme de rampe remontant jusqu'au sommet. Le dernier tour est très-grand , convexe , et présente au dehors cinq côtes transverses saillantes, le plus souvent noduleuses et diminuant graduellement vers la base. Toute la surface extérieure de cette coquille est traver- sée par des stries nombreuses et peu profondes. L'ouver- ture est large , ovale , oblongue, d'un gris cendré plus ou moins foncé dans le fond. Le bord droit est sinueux , mince , tranchant, garni à la partie interne de quatre à six tubercules pliciformes interrompus dans leur trajet et qui reparaissent jusque dans le fond de la cavité; vers la base de ce même bord s'avance une dent assez longue et très-pointue. Le limbe est souvent d'un jaune obscur, mat et luisant. La columelle est arquée , légèrement exca- vée , aplatie dans presque toute son étendue. La colo- ration de cette espèce varie peu; elle est grisâtre, avec des macula lions et des bandes longitudinales noires. Long. lig. Larg. lig. Habile In mer du Sud , sur les côtes du Pérou cl de la Ca- lifornie. Celte espèce, très-recherchée des amateurs, est tout-à-fait re- marquable par la coloration de son ouverture, et surtout par la disposition des rangées de tubercules qui garnissent le fond de la cavité; quoiqu'elle ne soit connue que depuis quelques années, elle a déjà reçu de plusieurs auteurs anglais des noms différents. M. Sowerby l'avait d'abord établie sous le nom de Monoceros cy- malum (Catal. de Tankcrville , n" 1888). H. Wood , dans son 6RHM POl'RPRK lift Catalogue (pi. suppl. 4» &%• 11-12)» l'a figurée et appelée Buc- cinum denticulatum , et Baccinum armatum. 93. LICORNE LEVRE EPAISSE. Monoccros crassilabrum, Lam. (Colleet. Mass., Lam. ) Eucydop., pi. 5g6, (ig. 2 ai. 1j. PI. XLV et XLVi, fig. io4 à u4<-. P. teslâ ovato-oblongâ , crassâ, lajvigatâ, cinerco-rubente ; anfraclibus con- vexis; spirâ exsertiusculâ ; labro crasso, subdtiplicato, intùs denlato ; dente basis brevi , obtusato. Coquille ovale , oblongue, quelquefois très-ventrue, fort épaisse, formée de cinq tours dont le dernier est beaucoup plus grand que tous les autres; ces tours sont peu convexes et se joignent par une suture simple et su- perficielle. Leur surface n'offre que de nombreuses rides produites par les accroissements successifs de la coquille. Dans le jeune âge, ces tours sont le plus souvent cou- verts de stries transverses plus ou moins serrées qui , chez le plus grand nombre , disparaissent par la suite : on y voit aussi quelquefois des stries très-fines , écail- leuses et longitudinales. L'ouverture est blanche , le plus souvent d'une belle couleur marron dans le fond; elle est très-petite relativement à la grandeur delà coquille, ce qui se rencontre dans les cas les plus ordinaires ; elle doit cette conformation à l'épaississement que prend le bord droit dans les individus adultes; ce bord est aplati en avant en forme de biseau , un peu incliné et terminé u l'intérieur par un angle aigu qui le limite d'une manière très-nette; souvent aussi il est plissé dans toute sa lon- gueur ; à sa base se trouve une dent assez courte et très- • .» * ]44 GENRE POURPRE. pointue. La columelle est large , légèrement excavée et aplatie. Cette coquille est très-variable dans sa colora- tion , mais le plus fréquemment d'un blanc cendré ou bleuâtre à l'intérieur , avec des bandes rousses ou mar- ron qui forment des ceintures sur le dernier tour. Long. 5 pouc. Larg. 2 pouc. * Habite la mer du Sud , les côtes du Pérou , du Chili et de Valparaiso. Il en est de cette espèce comme de la Purpura lapillus; elle va- rie considérablement sous le rapport de la couleur, quelquefois même dans sa forme ; on la voit passer d'un brun très-foncé à un blanc presque pur; souvent toute sa surface est couverte de stries écailleuses très-fines, surtout dans le jeune âge. M. Sowerby, dans ses Conchyological Illustrations, a établi des espèces distinc- tes avec ces diverses variétés : un examen plus approfondi nous a conduit, au contraire, à les rapporter toutes au même type, par les caractères indélébiles propres à l'espèce, et qui leur sont com- muns à toutes. Les coquilles de cette Pourpre que nous considé- rons comme types, sont lisses et d'un cendré bleuâtre plus ou moins foncé. Une variété plus petite et de couleur olive a été nommée par M. Sowerby Monoceros globulus (cab. 82, fig. 8). L'une des variétés que cet auteur a décrites encore comme autant d'espèces est remarquable par les stries nombreuses qui la re- couvrent, et par la forme de la spire, qui est plus alongée et plus pointue ; il l'a nommée Monoceros acuminatum (fig. 10). Une au- tre (cab. 83 , fig. 6 ) est d'une forme plus globuleuse, chargée, comme la précédente , de nombreuses stries écailleuses et trans- verses; quelquefois il arrive que ces stries, se développant davan- tage, finissent par former des carènes. Enfin, une troisième, à laquelle M. Sowerby a donné le nom de Monoceros ciirinum y est ordinairement lisse et d'une jolie couleur citron plus ou moins vive [V. notre pi. xlvi, fig. to/j c ). i CKNMi POURPUK. 11 arrive encore que, sur certains individus, les stries espacées et transverses garnissent la convexité des tours (pi. 104, fig. G). La figure io'j, pi. 45 et 4G, se rapproche sensiblement de notr type; elle est chargée sur tous les tours de spire de stries étroite .s légèrement squammeuscs. Sur le second individu (même pi., fig. io4 a ) ces stries ont complètement disparu, et sont remplacées sur le dernier tour par des ceintures étroites , indiquées par une teinte plus foncée que celle du fond de la coloration. L'individu de notre pi. 46, f. 4G e a été appelé, par M. de Blainville, Purpura Novœ-Hollandiœ; mais il appartient indubitablement à l'espèce que nous décrivons. La coquille en est petite, d'une couleur olivâtre très-foncée à l'extérieur. Ce savant indique qu'elle a été rapportée des côtes de la Nouvelle-Hollande par MM. Q.uoy et Gaimard, DIVISION DES POURPRES EN DIX GROUP I PREMIER GROUPE. POURPRES RICINULES. Espèces ovales , spire courte, ouverture grimaçante , bord droit dilaté ou loué. P. |.l. Ug. «, 1, 1. 10, 1, 3-3». la, 1, a. i5, 2, 4 à 4 b . i5, 3, 5-5». 16, 5, 6-6». 18, 3, 7. 19, 4, 8-8 a . 30, 4, 9 à 9 1 '' 22, 5, io-io a . 24, 5, nàub. 3 5, 7, 16. 26, 7, 17. 28, 9, î4- 29, 9, 25. Pourpre muriqnée. P. arachnoïde. P. lèvre-blanche. P. hérisson. P. gauffrée. P. digitée. P. lobée. P. niiltiqiir. P. mûre. P. tuberculée. P. à bord blanr. P. cancellée. P. anaxarès. P. biconique. P. turbinelle. Purpura hor rida. Lam. P. arachnoïdes. Lam. P. albo-tabris. De Blainv. P. hystri r. Lam. P. ctalhrata. Lam. P. digitata. Lam. P. lobata. De Blainv. P. mutica. Lam. P. morus. Lam. P. tubtrr.iitata. De Blainv. P. marginalba. Dp Blainv. P. cancetlata. IN obis. /'. anaxarès. Duclos. /'. biconica. De Blainv. P. ttirbinelta. \obis. 10 i ** * *M • * i4C CI-NRli POURPRi:. DEUXIÈME GROUPE. Espèces maies, oblongues ; spire pointue; ouverture sub-ulon- gèe, peu élargie, légèrement grimaçante. POURPRES SEMI RICINULES. P. pi. fi s . 3o, 6, la - ia a , et 7, 14. Pourpre corbulée. 3a, 8, ao. P. enchaînée. 33, 6, i3ài3b, et 7, i5. P. muricinée. 35, 8, 21. P. fraise, ôj, 8, 18. P. tritoniforme. 38, 9, aa. P. mosaïque. 3g, 10, a6. P. amande. 40, 8, 19. P. bucciniforme. 4a, 9, a3. P. damassée. 43, 10, 28. P. nassoïde. 44, 10, ag. P. bouche-jaune. 45, îo, 37. P. élancée. Purpura jîscetta. Lam. P. concatenata. DcBlainv. P. murieina. De Blainv. P. fragutn. De Blainv. P. Iritoni forints. De Blainv. P. musiva. Nobis. P. umygdala. Nobis. P. bucciniformis. Nobis. P. avcolata. Nobis. P. nassoïdes. Quoy et Gaim. P. ochrostoma. De Blainv. P. étala. De Blainv. TROISIÈME GROUPE. Espèces ovales, sublurbinèes , épaisses, carénées; spire coni- que , pointue ; ouverture assez large ; bord droit , denti- culè ou strié , sinueux , quelquefois lobé. p. P i. «g. 46, ii, 3o. 48, 11, 3i. 49, 11, 3a. POURPRES ARMIGERES. Pourpre armigère. P. pie. P. bitubcrculaire. Purpura armigera. Lam. P. pica. De Blainv. P. bitubercufaris. Lam. ♦ GliNRK POURPRli. l/, 7 P. pi. f.g. 5l, 13, 34. 5a, 12, 33 a , et i3, 36-36». 54, i3, 37. 56, i5, 4i-4i». 57, 14, 39-39». 59, i5, 4o. 60, l5, /|2. 61, 17, 5i. 6j, 14, 38. P. intermédiaire. P. marron-d'Inde. P. deltoïde. P. thiarelle. P. impériale. P. kiosquiforme. P. angulifère. P. à côtes. P. carinifére. P. inlermedia. Nobis. P. hippocastanum. Lani. P. delloïdca. Lam. V. thiarclla. Lam. P. imperlatis. DeBlainv. P. hiosquiformis. Duclos. P. angulifera. Duclos. P. coslata. De Blainv. P. carinifera. Lam. QUATRIÈME GROUPE. Espèces ovales , assez courtes , ventrues ; spire peu alongèe; ouverture large ; bord droit légèrement évasé et sillonné. POURPRES PTRULIFORMES. p. pi. «g. 66, 16, 46. 68, 16, 47- 69, 18, 5a. 70, 18, 53-53". 7 3, 18, 54. 74, 19, 55. 75, 19, 56-56'. 77 '. '9> 5 7- Pourpre bezoar. P. bourgeonnée. P. échinulée. P. hérissée. P. couronnée. P. pagode. P. escalier. P. raccourcie. P. bouche-violette. Purpura bezoar. De Blainv. P. mancinella. Lam. P. echinulata. Lam. P. echinata. De Blainv. P. coronata. Lam. P. sacellum. Lam. P. scalari forints. Lam. P. abbreviata. De Blainv. P. violacea. Nobis. '& i48 niiNMï POVRMtE. CINQUIÈME GROUPE. Espèces ovales, ventrues , élargies; spire très-courte ou plane, à ouverture dilatée. POURPRES PLANOSPIRES. P. pi. 6g. 78, 20, 58. 80, ao, Go, et ai 60a, 60),. P. calleuse. 81, 20, 59, et 22 64. P. ouverte. 85, 21, 61. P. planospire. 84, 17, 5o-5o«. P. monodotitc. 86, 22, 63. P. de l'ascension 87, aa, 6a. P. néritoïde. Pourpre columellairc. Purpura columetlaris. Lam. /'. bufo. Lam. P. «perla. De Blainv. P. planosp'tra. Lam. P. tnonodonta. Quoy et Gaim. P. ascensionis, Quoy et Gaim, P. neritotdes. Lam. SIXIEME GROUPE. Espèces ovales , bombées ; sommet obliquement incliné vers le bord gauche; ouverture très ample; le plus ordinairement deux dents à la base du bord droit. POURPRES CONCHOLEPAS. p. pi. r,g. 88> 2h y 65 à 65l>. Pourpre du Pérou. Purpura peruviana. De Blainv. <;i:inre POVftPEB. '49 SEPTIÈME GROUPE. Espèces ovales; ouverture très-dilatèe , évasée; spire courte; ïécltancrure de la base peu prononcée et très-oblique. POURPRES PATULÉES. r. pi. «g. 91, 24, 66 à 66 h . Pourpre antique. 95, >5, 67. P. persique. 9$, ?.5, 68. P. tachetée. 96, a5, 69. P. seau. 98, 26, 70. P. chocolat 99, 26, 71. P. de Callao. Purpura patuta. Lam. P. persica. Lam. P. Rudolphi. Lam. /'. Iiauslum. Quoy et Gaim. P. chocolatum. Duclos. /'. callavensis. De Blainv. HUITIEME GROUPE. Espèces ovales , épaisses , striées ; le plus souvent cerclées dans la décurrence des tours de spire , ouverture subar- rondie. POURPRES LABILLIENNES. ioo, 29, 76-76*. Pnurpre ccailïcusc. 101,29-31,77-77'. I*. à teinture . jo4, 27, 72 a 72 b . P. nattée. io5, 27, 7573». P. cordeléc. 107, 28, 75 à 75 e . P. cabestan. 1(19, 28, 74. T. de Gray. P. Purpura squamosa. Lam. P. tapillus. Lam. P. textilosa. Lam. P. succincla. Lam. P. Irochlea. Lam. P. Gravi. Nobis. iôo GENRE POl!I\PRE. NEUVIÈME GROUPE. m Espèces ovales ou ovales-coniques ; ouverture médiocre , alongée ; Cèchancrure de la base presque droite. POURPRES BUCCINOIDES. P i. fig- 110, 3s, 78 à 7 8>\ 33, 79 à 79'- Pourpre hémastouie. Purpura hœmastoma. Lam 11 3, 16, 48. P. consul. P. consul, Lam. ..4, 3 7 , 87. P. bisérialc. P. biserialis. De Blainv. 1 15, 33, 80. P. rayée. P. lineata, Nobis. 116, 34, 81 à 8i<. P. ondée. P. undata. Lam. n8, 35, 82. P. turbinoïde. P. turbinoîdes. De Blainv. «>9> 35, 83-83». P. râpe. P. scobina. Quoy. isi, 38, 90. P. spirée. P. spirata. De Blainv. ISS, 38, 89. P. de Janelle. P. Janellu. Nobis. 123, 3g> 9 2 - P. cornigère. P. cornigera. De Blainv. 124, 3 7 , 86. P. ocellée. P. ocellata. Nobis. 125, H 9 3. P. melon. /'. meloncs. Duclos. 127, 4o, 9 5. P. à collet. P. limbosa. Lam. 128, 4o, 94 à 94 1 '. P. calebasse. P. tagenaria. Lam. 129» ^9» 9«. P. deWoldcmar. P. Woldemarii. Nobis. i3o, 36- S785à85 f . P. cataracte. P. cataracla. Lam. 102, 58, 88. P. striée. P. striuta. Quoy. 1 53, 4i, 1963961,. P. guirlande. P. serlum. Lam. i35, 4», 97- P. francolin. P. franco tinu s. Nobis. 1 36, 4», 98 à 9 8b. P. truitéc. P. maculosa. De Blainv. GENRE POURPRE. 1Ô1 DIXIÈME GROUPE. Espèces dont le bord droit est près de Cèchancrure de La base, armé d'une corne conique aiguë, plus ou moins recourbée. POURPRES LICORNES. p. P i. «g. 13^, 43, 99-99*. Licorne tuilée. 139, 43, 100. 44) ioj. L. striée. i/»o, 44» >oi. L. glabre. i4n 44) 10a > L. lugubre. i43, 45-46 , 104 à io4 e . L. lèvre-épaisse. Monoceros imbricatum. L a m . M. striât um. Lam. M. glabratum. Lam. M. lugubris. Sowerby. M, crassilabrum. Lam. • 1 .Si-" • *- *El . • * »*' POUIPHKS IlIOMLES PJ. t » i. P. . Miiriquée /-P. horruia J '2 J\ lèvre blanche.//! JUt-ùirtr./ .").!'. arachnoïde. /J'. niw/i/wûf&r/ 3.. a !'• arachnoïde jimiiu* .//'.,»vr.vW/;/«-..- t /////«»/- Publié par J.B Baillièce et fils, Pans. THE LMARY OF THE j:::v:^::y sf ifcuiwl POURPRES IUC1NI ILES PI. 4* ±. P. llôrisson. i: ii^xti-i.v / 4 a ?• Hérisson j 1 "' P ihisirujuni.T 4 l>. P. Hérisson plus j".' - tt.JÇxri» Jiw'wm ' Publié par J.B. Baillière et fils, Pari», THF UBHARY OFFHE POURPBÏS .RICOULKS JM. S- 1 5. P. giraffi-ée .//>. ,/„,/„■„/„/ S a. P. çaufFrée j n . e /» ,■&,„«,„« J,„.wrj (i . P. Wgitée . /P. <,„,■,«,„/ G a . P. Dicvhèo j ".<> ^./i*/ 7. P. Lobée. / v>. /„/,„,* / THE LIBMRY OFTHE :.::v:?.2îtï sf ïïxxtm POURPRES &EM-RICIHUUL9 PI. 4. &* • 8 . P. Hutiqiie . iJP.nnUva/ 8 a. P. mutique J n . e / P. mmtie» j»,,;,,,- j g.P, Mûre. /j>. m .,ru* / i c) a. P. marc y i ? /j> mfliiur jn/iiw;/ q b. P. mûre var le blanche . ft n,<>,„,,- ;,,.,// rf« THE UBRARY OF FBE P011UPRES SKMI-niCmiLES ri. 5. io.P. Uilici-ouli'o. Tmlt «riTiwi M a. P. Uilu-rruloo v'fà oeinturos. Kéétnatm ciiu,„ijiir, il. P. l>ord Unir Tm ■ji'-fri' il a. P. bord Ulanr jeune . i:m.ir,,,n a (t>aj'nnior/ il l>. I'. l>ord blanc var 1 .'" (T.m*fl*M* wi» Public par J. B, Baillicrc et fils, Paris. THE UBRARY OF THE 1HHKPHKS SEMI-RICINITLES. IM.6. i3' ,3 12. J'. oorluiléo. fIJUeeJU ta l>. P. corbulée var^/^/fim* 12 a. P. corbulée \ V' P.JUedU,mr4etm* •./ i7>. P. milricillOO / /'. miirici'n.i l3 a. j'. muricinée i"**/-/'- iiuiii U. 1'. arurïcmre très jetm«. Publié par J. B.Baillière et F.ls, Paris. THE UWIRY QF THE l'Ol KPHF.S SKMI-mCIM I.KS. l'I *ê l 7 jtf 14 . I'. oorluiliV \.ii' u ' i' j<:., ■<■//., ,:„■,;■/„.,■ j.">. P. niurit'iiii'i' var. r 1 (>.!'. oancellêe. /■ emettmu 17. P. iwaxArès. £ «m Public par J Ë Bcvilliëre et fil«,Rari« THE IWARY ..... ; .- L«.-lr>|0 l'Ol HI'RKS SEMI-WCmULES PI. .8, jS iS l8. P. ti'itiint'oj-nie. f£, trtttadfirmir/ 19. P. bueci ni Forme . /P. buccmj/Armù-/ 20. P. enchaînée. /T. ty 21. P. fraise . /J > . i /nryran / / Publié par J. B. Baillière et fils, Paris. the ymm ■GF THE P01 KIMU.S SEMI-B1C1NULES ]'].o 23 a3 a3 *k *lt 22 . J .. mosaïque . /J>. mturtoaj •il±- P. T>ieitutn-riut . //'. Hippocaj-tanum vmrùem* J .")(> a. P. Marron- d'Inde rarv e. //; llipporastanum van'etas / 37. 1'. Deltoïde . (P. BeÙvûk* / /'. /i„,„. h,// /■„,.,// ,■/ tHr.., -il the imm OF THE POTJKPRRS AlOlKiKRKS PJ . j 4 38 33 38. P. oariniioi'o. /'. mrùn/èr,t / 08 a. I\ carmifere iouno./Tî MtUftMM 3a. 1'. impériale, f Tmmm m£t / 5o a 1*. impériale jeune. Bm^trMit/îmAr Publié par J. B. Baillière et fil», Paris THE UBRARY OF THE l'Ol RPRKS AIOIIBKKKS. PL 40. I'. Uiosquiiornio . /'.A-f'i>.iyn//îir/mlr/ 4 I a. I'. tlliai'ollo ji-lllio. / /'■ Ihinretla junior / 41 P. llliarclle. / 'ï. (hiarella / 42 . ]'. an^-uliicPC . ' /'. onjn/i/t'-m/ Publié par J. B. Ba.llière et fils, Paris. THE \ m WX ; ...- '■ .. l'Ol RIMÎI.S l'YIU 1.II01O1I.S PI. 16 J}.G . Y boyrp'eonnee /'■ nutncinef/n 4" P. oollillllliv. /!> i-ehmul.ilti/. ll\ P. CODStll. /' ( on.int I /'. î'nuu'iii! J'u'.ili <'t /'>//:: the imuxt OF THE L'2ÏV£ESIÏ]f C? initia IHU'RI'RKS l'YRri.IKORMKS PI. L l K9 te So 5o 5o i<). Y. Bezoar //'. /ir.,-,,,1/-/ 5o.P. moaodontc / />. mom>,{,>„/„ .>(> a. P. iiiDiiodonu- jeune i/',,;,,,,»,/.,,,/.,^,,,,,.,,-; 5i.P. à cotes >/'.<■<>.,■/,«<,/ V THE LIBHARY OFTHE POlttPRKS l»YIU I.IFOHMKS PI. 18. 5 3 P. bèri»é*.//!«rf*-*y 53 P couronnée fP. cor*,,.** 53 a. P. eouiH>nnée jeune /^ww^yW,-/ 5+- P- Pao-ooV . ( P.J.<*Um» r. Ain ifi* /v«.'V « /;„■.-..,/ THE UMAHY CF THE ^'Viciait ff ir^ti^^tS 1\ l'YIU LIFOR.MKS I»]. j« 55. P. escalier. (F. Jatt u ë/Snm./ 56. P. raccourcie / '/'• mJ&reàraék / j(i a.l'. raccourcie d» florin fi? wlnw'w* mm! 5-. !'• l'ouclic violette .(P. ,/w,-r.ri'/,'>rmi.r Publié par J. B. Baillière et fils THE LIB3ÀRY OF THE P. P LA NO SIM Kl'. S. N. ao. / . i ' :»8. P. oolmnollaire p. ,;,/,„„,.//„,,;,/ ;,<, p ouvorlc . /Jt „ fn . rlti f (>o. P. oalIcMi.se. //'. <■„//„.,■„/ Publié jar J. B. Bailliére et fils, Pans THE UBRARY OF THE ÏKîYiailîï 6? IWK3» POrm'KKS PI.WOSIMHKS. 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I*. eorniOHM'O JP. comment-/ <)"> a. id avec son epidenxw TKE U8SMW OMHE I'. IU CCINOIDES. IM.40. y+ 9* 9Ï" ** 6 S& <)4. P. Calebasse ./P.Utfenaria/ t)4 a et i)4 b. var f* de la même. tke imm I». IH'CCINOIDKS IM. 4 . q(>. I*. mnrlottde //'..»/■/"»,/ tjGaetgGb. ver . àe la même Publié par J. B. Baillière et El», Pans. THE I1WAM OF ÎKE UHiVEF^iîY If W&H* P. 151 ( ( LNOIDK^ PL 4^ .9 7 S? 9» !>8 i)^ . P. ii-niu'olin . //'//' «//<■<.- ///<«.<■/ . j)8 I' traitée / /'. rmu tt&>m.j ()î) l£\ahvç /ru. t/ftt/trulivn/ 103 . L. LllO'ubrC . /ni (uffabre/ lo3< L. Striée **n*** > /m if~nVihi~i »^"V Publié car J B.Baillière et fils, Pétris. >r -:.:: <--• " M "°^ I»0( KI'KKS M< OKi\ES PI. 45. m 4 io4 zp/b iob 104' -*». --ht ■ 104 L. lèvre épaisse . /Sw- cr**nU5rutnJ 10.4. a. la même variété- Publié par J, B. Bai 1 1 1ère et fils, Paris THE UBMRt OF THE UNIVEBSITY 8 f ,hHP * RI * POURPRES LICORNES PI. 46. lo/f io4' J.06 zo4 c w^ zt?4 J.O& 10 If. io4 baio4 e. variétés de la L. lèvre épaisse, /m. cra*rila$rum,/. ♦* ■ > 1 ^■RfcJK&fe. A J / TjZ >■ > / iu &-JP v^. Jfc r^^Xv! ém^jFtL kj^-^l^/ **È^\J4* *- >>^ jÈym JL-l ^ ™ -Tf' "^p ^r$HtaJF^£ \ &&* A >K. ^ WFvV#i vJ^ r >v> A^[i J^AA \ Éf^ /bApf fktëj '**$>• L "-i tf'wmr^*^ JS^K ^"O ^Sïv f y i ^\ P^W^*" • • y *^ ^S- ,- v ^îM JP^fc- _ ^j^r ■ iJt " ;C '^IÉ N^. « Jt*4* ^^ÇjplpB^S \-A>6s^W